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Réflexions sur la répudiation de la dette

Merry-Joseph Blondel, 1781–1853, « Solon, Législateur d’Athènes »

2,624 words

English original here

Dans l’ancienne Athènes, les débiteurs qui étaient incapables de payer leurs créditeurs perdaient leur terre et étaient réduits à l’état de serfs qui devaient donner à leur propriétaire terrien un sixième de leur production, à perpétuité. Si la dette excédait le total des biens du débiteur, lui et sa famille étaient réduits à l’esclavage. Un débiteur pouvait aussi devenir esclave en échangeant sa liberté personnelle contre ses dettes.

Au VIe siècle avant J.C., la servitude et l’esclavage étaient devenus si répandus à Athènes que les petits propriétaires terriens et les miliciens qui étaient l’épine dorsale de la société athénienne étaient en train de disparaître. La richesse et le pouvoir étaient en train de passer aux mains d’un petit nombre de familles, par la magie noire de l’usure. Athènes risquait ainsi de perdre la liberté garantie par sa nombreuse classe moyenne, propriétaire de terres, qui était de plus en plus incapable de résister au pouvoir de l’élite ploutocratique montante.

Ainsi, pour préserver le gouvernement républicain, le législateur Solon (v. 638-558 av. J.C.) institua la Seisachtheia, de seiein, se défaire, et achthos, fardeau, c’est-à-dire se défaire du fardeau de la dette. La répudiation de la dette par Solon annulait toutes les dettes impayées, émancipait tous les esclaves et les serfs, et restituait tous les biens saisis par les créditeurs. Solon instituait aussi une limite légale à la taille de la propriété, pour empêcher la concentration de terres entre les mains de quelques familles riches.

Des forces similaires étaient à l’œuvre dans la République romaine. Les débiteurs en défaut de paiement pouvaient perdre leurs biens, leur liberté, et même leur vie, en faveur des usuriers. Cela conduisit à la concentration de pouvoir et de propriétés dans les mains d’un petit nombre et au déclin des petits fermiers et des légionnaires qui étaient le fondement et la force de la République. Rome, malheureusement, manqua d’un homme d’Etat de la stature de Solon. Il n’y eut pas de répudiation totale de la dette, mais quelques mesures palliatives furent prises. Par exemple, l’une des dispositions de la Lex Licinia Sextia en 376 av. J.C. fut la distribution de terres conquises pour établir de petites fermes. La Lex Poetelia Paprina en 326 av. J.C. abolit l’esclavage dû à la dette (nexum).

Mais, comme Brooks Adams l’a résumé si magistralement, la marche sans entrave de l’usure – avec la déflation et le travail servile bon marché – fut l’une des principales causes de la destruction de la liberté romaine (voir Brooks Adams, « The Romans » et mon propre essai « Brooks Adams on the Romans »).

La répudiation de la dette est aussi décrite dans le livre du Lévitique, où elle est instituée selon un cycle de 50 ans. Dans le Lévitique 25 :10, il est ordonné : « Consacrez [à Dieu] la cinquantième année et proclamez la liberté dans tout le pays et pour tous les habitants : ce sera un Jubilée pour vous – et vous rendrez chaque homme à son clan, vous rendrez chaque homme à sa famille ». Cela doit signifier l’abolition de l’esclavage dû à la dette et de la servitude par contrat.

Le Jubilée est aussi lié à la réforme agraire. Dans le Lévitique 25 :23, nous lisons : « La terre ne doit pas être vendue de façon permanente, car la terre m’appartient. Vous êtes seulement des étrangers, mes fermiers locataires ». Dans le Lévitique 27 :21, nous lisons : « Quand le champ revient dans l’année du Jubilée il doit être consacré au Seigneur, comme un champ mis à part ; et il sera possédé par les prêtres ».

Le but du Jubilée semble être la prévention de la concentration de terres (la principale forme de richesse dans les sociétés pastorales et agricoles) entre les mains d’un petit nombre de familles par le biais de l’usure, ce qui entraîne la perte de la terre et de la liberté pour les débiteurs qui ne peuvent pas payer.

Vraisemblablement, après le Jubilée, quand la terre revient à Dieu (sous l’administration des prêtres), elle est à nouveau partagée entre de petits fermiers, incluant des esclaves nouvellement affranchis et des gens libérés de leur dette. L’idée que tous les hommes sont des fermiers locataires de Dieu signifie qu’aucun homme ne devrait être fermier locataire d’un autre homme, ce qui est une forte affirmation de l’idée d’une société de petits fermiers indépendants (il est amusant que les anciens Juifs aient pris position contre l’usure et l’esclavage de la dette, et en faveur d’un populisme agrarien, étant donné le profil économique qu’ils assumèrent plus tard comme prêteurs d’argent, commerçants, et professionnels urbains. Apparemment les Juifs étaient devenus un peuple en très forte majorité urbain et non-agraire à la fin de l’antiquité).

La supposition commune de la Seisachtheia de Solon et du Jubilée biblique est que la liberté est une haute valeur politique. La liberté, de plus, est le mieux assurée par une société dans laquelle autant d’hommes que possible sont libres et capables de subvenir à leurs besoins sur leur propre terre. La liberté requiert que la propriété privée soit largement répartie. Avec le temps, cependant, la dette et la saisie conduisent à la concentration de richesse et de pouvoir entre les mains d’un petit nombre, conduisant à la perte de la liberté. Ainsi la préservation de la liberté requiert une répudiation complète de la dette.

Le sort des débiteurs est devenu plus facile avec les siècles. L’esclavage dû à la dette et le servage n’existent plus. Les prisons pour débiteurs furent abolies aux Etats-Unis à partir de 1833 et au Royaume-Uni en 1869. Les lois sur la faillite permettent aux gens d’échapper à des fardeaux croissants de dette.

La prémisse morale des lois sur la faillite est que les individus ne devraient pas avoir leur vie et leurs perspectives ruinées par des erreurs financières. La société dans son ensemble se porte mieux si un homme peut se débarrasser de ses dettes et se concentrer sur l’avenir : poursuivre des études, fonder une famille, créer une entreprise, etc.

Mais s’il est juste que les individus puissent se débarrasser de leurs dettes, alors il est certainement juste de se débarrasser des dettes qui nous sont imposées par les autres, y compris par des gens qui sont morts depuis longtemps, c’est-à-dire les dettes publiques. La vie va de l’avant. La vie ascendante ne devrait pas être enchainée au poids mort et aux erreurs accumulées et aux dettes du passé.

La dette ne conduit peut-être plus à l’esclavage ou à la prison. Mais la dette corrode encore la liberté de manières plus subtiles. Ceux qui travaillent à leur compte ont plus de liberté de pensée et d’action que les employés, qui sont obligés de se conformer aux opinions et aux goûts de leurs employeurs. Pour les mêmes raisons, les propriétaires sont plus libres que les locataires. Et la dette et la saisie sont les principaux facteurs de transformation des indépendants en employés et des propriétaires en locataires. Ainsi si nous souhaitons rétablir une société avec une grande classe moyenne de fermiers et d’entrepreneurs indépendants, nous devons revisiter l’idée de la répudiation de la dette.

La dette nationale de l’Amérique dépasse maintenant les 15 trillons de dollars. La dette approche maintenant les 50.000 dollars par citoyen américain, les 135.000 dollars par contribuable. Si nous n’avons pas un changement radical, elle ne fera que grandir. Et en plus de payer ces dettes, les contribuables devront aussi financer le passif de la Sécurité Sociale, des Soins médicaux, et des prescriptions médicales, pour un montant de plus de 120 trillons de dollars. Cela signifie que chaque bébé blanc naissant aujourd’hui est affligé d’une dette fédérale et d’un passif de 1,2 million de dollars (à condition qu’il devienne un producteur et non un parasite). Et cela n’inclut pas les dettes des Etats et des gouvernements locaux.

Mais posez-vous la question : lorsqu’une Mexicaine enceinte se faufile à travers la frontière pour poser son « bébé ancre », amène-t-elle un autre contribuable à l’Amérique pour assumer 1,2 million de dollars de dettes et de passif accumulés par des politiciens gringos ? Ou est-elle ici pour ajouter aux fardeaux qui doivent être supportés par les enfants blancs ?

Rappelez-vous de cela quand les yeux des apologistes de l’immigration deviennent humides en décrivant les efforts des gens travailleurs de la planète entière qui souhaitent seulement « contribuer » à la grande expérience américaine. Sont-ils ici pour contribuer pour plus de 1,2 million de dollars chacun ? Evidemment non. Ils viennent pour prendre, pas pour contribuer. Ils viennent pour ajouter à nos fardeaux, pas pour les partager. En fin de compte, ils viennent ici pour nous remplacer, nous et notre postérité. Et lorsqu’ils seront la majorité, ils n’iront pas travailler pour nourrir et soigner les vieux Blancs. Ils tireront la chasse d’eau et prendront soin des leurs.

En plus de la dette publique, les Américains ont aussi des trillons de dollars de dettes personnelles, principalement sous la forme de cartes de crédit, d’emprunts immobiliers, et de prêts étudiants, certains avec des taux d’intérêts ruineux.

Personne ne pense sérieusement que toutes ces dettes seront remboursées. La question n’est pas de savoir si elles seront répudiées, mais comment. La méthode la plus probable sera la dévaluation (inflation) du dollar. Un de ces jours, vous pourriez avoir le choix de payer 100.000 dollars pour rembourser votre prêt d’étudiant ou pour vous payer une tasse de café. Et puisque nous pourrons toujours nous payer une tasse de café, peut-être que l’hyperinflation ne serait pas une perspective si effrayante, sauf qu’elle crée le chaos économique et social.

Au-delà de cela, l’inflation est profondément injuste. Quand la monnaie est dévaluée, elle n’est pas dévaluée d’un seul coup. Au contraire, de vastes quantités d’argent sont remises à des initiés politiquement connectés. Lorsqu’ils dépensent cet argent, il a le pouvoir d’achat de la monnaie non-dévaluée des jours d’antan. Mais avec chaque transaction ultérieure, à mesure que la valeur de l’argent est décotée, son pouvoir d’achat baisse. Donc le premier qui a 100 dollars à dépenser peut se payer un bon dîner pour deux, mais le dernier qui les dépense ne peut pas se payer un tacos. Cela ne peut conduire qu’à plus de concentration de richesse dans les mains des parasites.

D’un point de vue nationaliste blanc, la chose la plus importante est d’accomplir la répudiation de dette avec un minimum d’interférence dans l’économie réelle, en particulier les fonctions biologiques centrales de l’économie : la préservation et la reproduction de notre race. Nous ne pouvons pas avoir des silos remplis à craquer et des estomacs vides. Nous ne pouvons pas avoir des créditeurs saisissant des biens réels pour des dettes simplement théoriques.

Mais avant de traiter les questions pratiques, nous devons traiter la question morale de la justesse de la répudiation de la dette.

Deux remarques de clarification : d’abord, je ne prône pas la répudiation totale de la dette entre individus ou entre entreprises. Parfois de telles dettes doivent être répudiées, mais cela peut être accompli avec les lois existantes sur la faillite.

Ensuite, je ne prône pas la répudiation totale de la Sécurité Sociale, des soins médicaux, et d’autres programmes sociaux. Je crois que ce genre de programmes devrait exister sous une forme quelconque. Les programmes existants devraient simplement être améliorés, pas abolis.

Ce que je souhaite spécifiquement établir, c’est la moralité de la répudiation des dettes gouvernementales et de toutes les dettes privées dues aux banques.

En fin de compte, seules les fins justifient les moyens, et dans ce cas, la répudiation de la dette est justifiée comme moyen de restaurer et de préserver une société avec de la propriété privée largement répartie et solidement détenue, ce qui est le fondement d’une classe moyenne nombreuse et puissante. Aristote dit qu’une telle société équipe le mieux la majorité pour résister à la tyrannie des élites, bien qu’Aristote n’aurait pas pu imaginer le summum de la tyrannie : une élite si vicieuse qu’elle travaillerait à la destruction et au remplacement de son propre peuple.

Mais la répudiation de la dette n’aiderait pas seulement à préserver notre peuple. Elle porterait simultanément un coup à nos ennemis, qui sont profondément engagés dans le secteur financier de l’économie.

Traitons d’abord des dettes gouvernementales. Le principe moral derrière la dette publique est que les gouvernements, agissant pour le bien commun du peuple, peuvent créer des obligations collectives, comme des lois, des traités, ou des dettes. Bien qu’on puisse se demander si certaines politiques gouvernementales sont vraiment en faveur du bien commun, j’accepte le principe sous-jacent qu’il y a des biens collectifs qui peuvent justifier des obligations collectives.

Ma question est : pourquoi donc les gouvernements ont-ils besoin de s’endetter ? Pourquoi donc les gouvernements doivent-ils emprunter de l’argent alors qu’ils peuvent (a) l’imprimer, ou (b) le lever par les impôts ?

Dans le passé, la monnaie consistait en de rares petits morceaux de métal brillant. Si le gouvernement avait besoin de plus de ces morceaux qu’il ne pouvait en lever par les impôts, il devait se tourner vers les gens qui possédaient de grandes quantités de pièces de monnaie et les leur emprunter avec intérêt.

Mais dans le monde d’aujourd’hui, où les gouvernements peuvent simplement imprimer l’argent, pourquoi y a-t-il besoin de l’emprunter aux banques ? En particulier quand les banques elles-mêmes fabriquent simplement l’argent qu’elles prêtent.

Ainsi mon argument est simplement que la dette publique est mauvaise parce qu’elle n’est pas nécessaire. Il est donc frauduleux de justifier la dette publique par la défense du bien commun. La dette publique est en réalité un moyen de soumettre la société dans son ensemble – spécifiquement les contribuables – à des intérêts privés (les banques) et même à des peuples étrangers (minorités dominant le marché, gouvernements étrangers).

Mais un peuple libre devrait servir ses propres intérêts – et, je dirais, les plus hauts intérêts de la vie – et non des intérêts étrangers ou des intérêts privés. De telles dettes devraient donc être répudiées.

Quant aux gouvernements étrangers détenant des bons du trésor US, nous devrions leur proposer la compensation suivante. Ils peuvent conserver toutes les usines que les entreprises américaines ont construites là-bas, et ils peuvent les utiliser pour la production intérieure. Parce que la répudiation de la dette devrait aller de pair avec la restauration du nationalisme économique, incluant des droits de douane sur les produits manufacturés importés. Donc les entreprises qui souhaitent vendre des produits aux Etats-Unis devraient les fabriquer sur place.

Quant à la répudiation des dettes dues aux banques : c’est nécessaire, parce que les dettes existantes ne pourront jamais être remboursées, et c’est moral pour les raisons déjà exposées plus haut. Au-delà de cela, il est moralement absurde de soutenir que les banques, qui créent de l’argent à partir de rien, ont le droit de demander le remboursement de leur principal, plus les intérêts. En fin de compte, cependant, l’argumentation en faveur de la répudiation de la dette bancaire repose sur l’existence d’un système financier alternatif viable, dont j’ai exposé quelques éléments dans mon essai « De l’argent pour rien ».

La répudiation des dettes gouvernementale et individuelles devrait être un impératif politique pour les Nationalistes Blancs. Quand des Républiques Blanches naîtront, nous répudierons bien sûr les dettes des Etats prédécesseurs. Mais même à l’intérieur du système actuel, la nécessité de la répudiation de la dette devrait être soulignée par les Nationalistes Blancs, car elle se révélerait être un point politique très populaire. La répudiation de la dette serait aussi utile pour faire sortir les Nationalistes Blancs des impasses du conservatisme républicain et de l’orthodoxie économique du « marché libre ». Bien sûr le but principal du Nationalisme Blanc est d’assurer l’existence de notre peuple et un avenir pour les enfants blancs. Mais si cela n’attire pas l’attention des gens, alors promettre d’annuler leurs dettes de carte de crédit, de prêts étudiants, et de prêts immobiliers le fera certainement.

 

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