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La réalité du Mal

Arno Breker sculptures in 1945

Arno Breker sculptures in 1945

1,950 words

English original here

Je suppose que je suis un enfant de 45 ans. Quand vous êtes petit, vous pensez que tous les adultes sont bons et ont vos intérêts à cœur. Cette innocence est l’une des choses qui rendent les enfants adorables.

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles nous sommes si horrifiés par les cas de maltraitance, de négligence et de molestation des enfants. La pensée que cette innocence puisse être brisée si violemment nous est odieuse. La plupart des enfants, bien sûr, perdent leur innocence de manière moins dramatique : ils finissent par comprendre lentement que tout le monde n’est pas bon. Certaines personnes ont des défauts, et certaines sont complètement mauvaises.

Mon problème est que j’ai trouvé difficile d’accepter à quel point les gens ont des défauts, et spécialement d’accepter la réalité du mal humain. Ce n’est pas que je sois inconscient des défauts humains et de la méchanceté humaine. C’est comme si j’acceptais seulement ces choses dans l’abstrait. Lorsque je suis confronté dans ma vie quotidienne à des exemples réels de vice et de mal, je suis toujours pris par surprise. Je traverse souvent une période d’interrogation (qui devient de plus en plus brève avec l’âge), me demandant si j’ai interprété correctement le comportement de l’autre personne – et souvent je me demande même si je n’ai pas moi-même commis quelque chose de mal qui aurait pu provoquer ce comportement (je suis toujours mon propre et pire critique).

Je ne pense pas que la racine de ce problème soit la simple insécurité ou un simple manque de foi dans mon propre jugement. En fait, cela a plutôt un rapport avec une incapacité de ma part à me mettre à la place du malfaiteur et à parvenir à comprendre comment il a pu faire ce qu’il a fait. Pour concrétiser un peu cela, parfois dans mon travail je rencontre d’autres individus qui sont clairement et lourdement bornés, malhonnêtes et vindicatifs. Quand je suis confronté à leurs actes, d’abord je suis toujours en état d’incrédulité, et souvent, comme je l’ai dit, je m’interroge sur mes propres perceptions. La raison de cela est que je ne peux pas comprendre que quelqu’un puisse se comporter d’une telle manière, et puisse malgré tout se regarder dans le miroir.

Comme tout le monde, il y a des moments où je suis tenté d’agir d’une manière étroite, malveillante et malhonnête. Mais je suis fier d’être quelqu’un de très conscient de moi-même. Je suis généralement – pas toujours, mais généralement – conscient de mes propres motivations. Et j’ai une vision aigüe du genre de personne que je veux être, et comment je veux être vu (par moi-même, principalement, et par les autres). Par exemple, quand je vois quelqu’un avoir un mauvais comportement à cause d’une jalousie évidente, je me demande comment il peut s’autoriser lui-même à se comporter d’une telle manière – alors que ses actions permettent de voir si clairement dans la profondeur de son âme. Cela ne le gêne-t-il pas que la personne envers laquelle il se comporte mal reconnaîtra que cela vient de la jalousie, et le tiendra en mépris ? N’a-t-il pas une vision de lui-même, un idéal, qui est incompatible avec un comportement aussi mesquin ?

Une question encore plus troublante se pose aussi à moi maintenant, de plus en plus souvent : peut-être sont-ils simplement inconscients de leurs propres motivations ? Mais voici la question la plus troublante de toutes : pourraient-ils être entièrement conscients de leurs motivations, et simplement s’en ficher ? Si vous cherchez une définition du mal, cher lecteur, la voici. Le mal consiste à faire consciemment ce qu’on sait être fautif ; l’effort conscient et délibéré pour faire du mal ou faire du tort, simplement parce qu’on sait que c’est nuisible et malfaisant.

Le mal est pire que le « fautif », comme chacun le comprend intuitivement. Un philosophe a un jour expliqué la distinction de la manière suivante. Si quelqu’un cambriole ma maison et vole ma télévision, mon ordinateur, ma montre, et ma collection de souvenirs du Troisième Reich, ça n’est pas bien. Si quelqu’un entre dans ma maison et vole tout ce qui précède, et en plus tue mon chat, pisse dans mon réfrigérateur et écrit des insultes sur les murs, c’est mal. Les voleurs sont malhonnêtes, mais généralement ils ne font pas ce qu’ils font pour faire du mal à quelqu’un ; ils veulent simplement ce qui nous appartient sans avoir à travailler. Ils sont malhonnêtes, mais pas pervers. Le second exemple que je donnerai est celui où l’auteur est mauvais : il fait du mal justement parce qu’il sait que c’est mal, et parce qu’il veut causer du tort. C’est de la perversion.

Le premier roman qui m’a vraiment plu fut The Fountainhead d’Ayn Rand. Le principal méchant de ce roman est Ellsworth Toohey, un critique d’architecture qui cherche à détruire la carrière du héros de Rand, Howard Roark. Toohey est décrit comme consciemment mauvais : il a envie de détruire Roark à cause de la grandeur de Roark ; parce que lui, Toohey, sait qu’il ne pourrait jamais créer lui-même quelque chose de beau ou d’important. Dans l’une des scènes les plus mémorables du roman, Toohey fait un long discours où il dit très clairement qu’il est parfaitement conscient d’être motivé par la jalousie, et qu’il s’en fiche. Quand j’ai lu pour la première fois The Fountainhead à l’âge tendre de vingt ans, j’ai pensé que Toohey était un personnage improbable. Maintenant je n’en suis plus aussi sûr.

Toohey est bien sûr une incarnation de la « morale des esclaves » de Nietzsche (Rand était fortement influencée par Nietzsche – beaucoup plus que ses fidèles ne le pensent – et à un moment elle envisagea même d’introduire chaque section du roman par une citation de Nietzsche). Motivés par le ressentiment, les « types d’esclave » effectuent une transvaluation des valeurs, dénigrant tout ce qui est grand, noble et beau, et célébrant ce qui est faible, défectueux et laid. Nietzsche voyait le christianisme et la gauche moderne comme des expressions de la morale des esclaves. En d’autres mots, ce sont des expressions de la jalousie et du ressentiment. Rand avait une jolie manière de définir la jalousie, digne de Nietzsche : « la haine du bien parce que c’est le bien ».

Et c’est en fait pour cela que reconnaître la réalité du mal est si important pour notre cause. J’ai découvert que la question la plus épineuse pour les militants de droite est de comprendre pourquoi tant de gens de notre propre peuple semblent obstinés à détruire notre peuple et notre culture. Je me souviens d’une conversation que j’ai eue il y a des années avec l’un des plus éminents militants de droite dans le pays, et il exprimait sans cesse son incompréhension devant la haine-de-soi suicidaire des Blancs. Il est tentant de penser que de tels individus sont « fourvoyés ». Et bien sûr, certains le sont : ceux qui sont allés à l’université et à qui on a fait ingurgiter du politiquement correct, et qui ne connaissent rien d’autre.

Mais que dire des professeurs qui leur ont enseigné cela ? Que dire des bonimenteurs raciaux du SPLC [*] ? Que dire des gens qui interdisent les conférences d’American Renaissance ? Que dire des autorités judiciaires allemandes qui emprisonnent des individus pour des violations du politiquement correct ? (sans parler des autorités du Canada, d’Angleterre, de France, d’Autriche, etc.). Que dire de Tony Blair et de ses valets, qui ont supprimé les restrictions à l’immigration avec l’intention délibérée de détruire les derniers vestiges de la culture britannique traditionnelle ? Que dire des politiciens américains qui ne font rien pour stopper l’immigration illégale, alors que les gens de leur propre peuple ne peuvent pas trouver de travail ? Que dire des politiciens américains qui ont accepté d’envoyer des Américains à l’étranger combattre et mourir pour Israël, plutôt que de renoncer à leurs postes lucratifs et importants ? Que dire des comités d’admission des universités qui font de la discrimination active contre les Blancs ? Que dire des présidents d’université américains qui ferment les départements d’Etudes germaniques pour les remplacer par des départements d’études « Latino » ?

Notre mission – sauver notre peuple et notre culture – dépend en fait du fait de garder clairement à l’esprit que le mal, « complet, nu, satisfait » (pour emprunter une autre phrase de Rand), est la meilleure explication de la plupart de ces phénomènes. Entretenir l’idée que les responsables pourraient être simplement « fourvoyés » est une erreur dangereuse. Avant tout, nous devons finir par reconnaître – comme moi, qui ai eu quelque difficulté à le reconnaître dans ma vie – que le mal est une réalité. Avec l’âge, et en réfléchissant de plus en plus sur la triste situation qui est la nôtre, il m’apparaît toujours plus clairement que nos ennemis sont, pour la plupart, mauvais et pas simplement fourvoyés.

Ensuite, en matière de « stratégie politique », il vaut mieux supposer le pire concernant nos adversaires. Faire autrement est beaucoup trop risqué. Il y a ici simplement trop d’enjeu pour accorder à nos ennemis « le bénéfice du doute », pour nous tordre les mains en nous interrogeant sur leurs motivations, et pour être charitables. Je pense qu’il y a une grande tentation d’être trop charitables avec nos ennemis et le système qu’ils représentent, simplement parce que la possibilité qu’ils sont, eux et leur système, irréparablement et irrémédiablement mauvais est une pensée si terrible que beaucoup d’entre nous reculent devant elle. Mais nous ne devons pas reculer devant cela. Et quand nous gagnerons réellement – et nous gagnerons – nous devrons résister à la tentation d’être magnanimes (l’une des inclinations les plus nobles de notre peuple, mais une inclination potentiellement dangereuse). Quand notre temps viendra nous devrons pleinement garder à l’esprit que notre victoire est une victoire sur le mal, et nous ne devrons ni pardonner ni oublier.

Ne vous y trompez pas, nous ne combattons pas pour un monde où les gens auront le « droit » d’enseigner et de propager les doctrines erronées qui sont actuellement en train de nous détruire. Ces doctrines doivent être complètement expulsées de tout discours public et de sévères punitions doivent être appliquées à ceux qui les soutiendraient encore. Les organisations qui ont été constituées pour répandre ces idéologies anti-blanches, anti-occidentales et anti-masculines doivent être détruites. Les organisations qui ont été détournées pour propager ces idées (les écoles, les églises, etc.) doivent être complètement remaniées et les principaux propagateurs expulsés. En bref, nous devons prendre une page, ou deux, ou deux cent, du manuel communiste et appliquer impitoyablement : purge, purge, purge.

Rien de cela ne sera possible si nous adoptons l’attitude « Oh, Aaron est peut-être un communiste mais en tous cas c’est un brave type », ou « Andrea est peut-être une féministe mais elle m’a envoyé une si jolie carte quand mon chien est mort ». Nous devons tous nous éveiller au fait que nous menons la bataille la plus grande, la plus dure et la plus importante que nous ayons jamais menée, et que si nous perdons nous perdrons tout. Nous ne réussirons pas si nous ne gardons pas pleinement à l’esprit que notre bataille est réellement une bataille du bien contre le mal. C’est une bataille pour sauver la beauté, la noblesse et la grandeur contre les forces de la jalousie et du ressentiment, des forces porteuses de crocs, aux yeux de fouine, et haïssant la vie. C’est aussi simple que cela.

Parfois les êtres humains ne sont pas compliqués du tout. Parfois ils sont simplement mauvais. Et les individus sains et les peuples sains doivent être pleinement et constamment conscients de ce fait.

[*] SPLC : SouthernPovertyLawCenter, organisation antiraciste américaine (NDT).

 

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