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Batman Begins

Batman_begins1,359 mots

English original here

Après avoir été bluffé par l’Inception de Christopher Nolan, j’ai décidé de donner à son Batman Begins (2005) une nouvelle chance. La première fois que j’ai vu ce film, je ne l’ai pas aimé. Pas un seul instant. J’ai dû être distrait, car cette fois je l’ai apprécié. Nolan rompt avec le style kitsch des premiers films de Batman, se concentrant sur l’évolution et les motivations du personnage, ce qui fait de Batman Begins et sa suite The Dark Knight, des films à la fois sombres psychologiquement et intellectuellement et émotionnellement obligatoires.

Les acteurs de Nolan sont superbes. Bien que j’ai été déçu d’apprendre que David Boreanaz – le look parfait, selon moi – avait été choisi pour le rôle de Batman jusqu’à ce que le rôle soit donné à Christian Bale, il est difficile de trouver des défauts au Batman de Bale. Il est peut être trop mignon. Mais il a l’intelligence, la complexité émotionnelle, et le physique héroïque nécessaire pour amener Batman à la vie. (Adam West, Michael Keaton, et George Clooney étaient des blagues, mais Val Kilmer fut un choix intriguant.)

Batman Begins a aussi pour vedette Michael Caine, Gary Oldman, Liam Neeson, Cillian Murphy, Ken Watanabe, Rutger Hauer, et Morgan Freeman dans le rôle de l’un de ces brillants inventeurs noirs et mentors pour les Blancs désorientés si communs dans la science fiction. Dans The Dark Knight, Bale, Caine, Oldman, Murphy, et Freeman reviennent, et l’immortel Heath Ledger est le Joker.

Batman Begins se compose en trois parties. Dans la première partie, nous alternons entre Bruce Wayne en Chine et les flashbacks du cours des événements qui l’ont amené ici. Je méprise le cliché qui passe pour de la psychologie dans la culture populaire d’aujourd’hui, à savoir qu’un psychisme déformé peut être issu d’un traumatisme primal. Donc, j’ai été ennuyé d’apprendre que le jeune Bruce Wayne est devenu obsédé par les chauve-souris, quand il est tombé dans un puits et a été assailli par elles, et qu’il est devenu un combattant contre le crime, parce que ses riches parents ont été abattus devant lui par un agresseur. Hanté par ses traumatismes, le milliardaire Bruce Wayne finit par décrocher de Princeton pour s’immerger de lui-même dans la pègre, pour finalement se retrouver dans une prison chinoise brutale.

Wayne est relâché par le mystérieux Mr. Ducat – joué par l’imposant et charismatique Liam Neeson – qui supervise sa formation dans une mystérieuse forteresse himalayenne dirigée par “La Ligue des Ombres,” un ordre ancien d’ascètes guerrier dirigé par Ra’s al Ghul (Ken Watanabe). La Ligue suit l’enseignement Traditionnel que l’histoire bouge en cercles, commençant par un Âge d’Or et déclinant dans un Âge Obscur, qui ensuite s’effondre et donne place à un nouvel Âge d’Or. La mission de la Ligue des Ombres est d’apparaître quand une civilisation a atteint le point le plus bas de la décadence et est sur le point de tomber – et de donner alors l’impulsion. (Inutile de dire, qu’ils n’ont pas de site Internet ou de page Facebook. Ou qu’on ne peut pas les joindre pour leur envoyer un chèque.)

L’entraînement de la Ligue est à la fois physique et spirituel. L’essentiel du chemin spirituel est de se confronter et de surmonter ses peurs les plus profondes en utilisant un hallucinogène issu d’une fleur himalayenne. Dans une scène puissante et poétique de triomphe, Bruce Wayne se tient sans peur au milieu d’une énorme nuée de chauve-souris. La première fois que je l’ai vu, j’ai manqué la signification de cette transformation, qui est une critique implicite de la psychologie du “traumatisme,” puisque qu’on montre que les traumatismes sont au final extrêmement superficiels comparés à la force héroïque de se tenir face à la tempête. C’est, de plus, parfaitement cohérent avec la conviction que la nature est au final plus puissante que l’éducation.

Bruce Wayne accepte l’entraînement de la Ligue, mais à la fin rejette sa mission. Il pense que la décadence peut être inversée. Il croit au progrès. Lui et Ducat se battent. Ra’s al Ghul est tué. La forteresse explose. Wayne s’échappe, en sauvant la vie de Ducat. Il appelle ensuite son jet privé et retourne à Gotham City.

Dans l’acte deux, Bruce Wayne devient Batman. De façon intéressante, Batman est plus proche de l’idée de Nietzsche du “Surhomme” que ne l’est le personnage de Superman. Superman n’est pas vraiment un homme pour commencer. Il nous ressemble c’est tout. Ses pouvoirs sont juste “donnés.” Mais un surhomme Nietzschéen est un homme qui fait de lui plus qu’un simple homme. Bruce Wayne conquiert la nature, à la fois sa propre nature et le monde autour de lui. En tant qu’homme, il a fait de lui-même plus qu’un homme.

Mais moralement parlant, Batman n’est pas un Übermensch (Surhomme Nietzschéen), puisqu’il reste asservi à la notion sentimentale que chaque vie humaine a une valeur intrinsèque. Il ne voit pas que cette moralité nie la valeur de son propre achèvement. Un Batman ne peut être toléré que si il sert ses inférieurs. Les droits de l’homme universels – l’égalité – la dignité intrinsèque – l’inviolabilité de chaque spermatozoïde : ces idées permettent la subordination et finalement la destruction de tout ce qui est en dessous – ou au dessus – de l’humanité. Elles sont plus qu’une peine de mort pour la nature, comme Pennti Linkola l’affirme. Elles sont la peine de mort de l’excellence humaine, la haute culture, tout ce qui dans l’homme mène à l’homme du dessus.

Bien sûr, l’éthique humaniste de Batman a des limites, particulièrement quand il fait un tours dans sa Batmobile, en détruisant et écrasant les voitures de police, en dynamitant les murs, en déchirant les toits. Est ce que Bruce Wayne a l’intention de rembourser les bons citoyens de Gotham, ou y a t’il une moralité plus élevée en marche ici après tout ?

Dans l’acte deux, Batman commence à nettoyer Gotham City et découvre et fait échouer une complexe machination. Dans l’acte trois, nous apprenons qui est derrière tout çà : La Ligue des Ombres. Nous apprenons que le personnage de Liam Neeson, Ducat est le vrai Ra’s al Ghul, et que lui et la Ligue sont venus dans une Gotham City chancelante au bord du chaos – pour l’envoyer par dessus bord. Bien sûr, Batman sauve les choses, et il permet à Gotham de clopiner, de glisser encore plus profondément dans la décadence puisque son peuple lève ses yeux vers les mirages brillants de l’espoir et du progrès éternel qui séduisent et ensorcellent également leur champion.

Batman Begins est un film sombre et sérieux, animé par un humour léger. Il est éblouissant à l’oeil. Le scénario a été coécrit par Christopher Nolan et le réalisateur-écrivain juif David Goyer. Il y a quelques touches de politiquement correct, telles que Morgan Freeman (bien que je pense qu’il est impossible de ne pas aimer Morgan Freeman) et le petit fait qu’un des ancêtres de Wayne ait été abolitionniste, mais rien qui ne craigne vraiment.

Batman Begins touche à beaucoup des thèmes que j’ai discerné dans mes critiques des deux films de Guillermo del Toto Hellboy et Hellboy II. Là encore, les méchants semblent adhérer à la vision traditionaliste cyclique de l’histoire ; ils adhéraient au fait que la trajectoire de l’histoire est le déclin ; ils croient que nous vivons dans un Âge Sombre et qu’un Âge d’Or adviendra seulement quand l’Âge Sombre sera détruit ; et ils souhaitent prêter leur concours à la roue du temps. Que ce qui tombe, doit être annihilé.

Les héros, par contraste, croient au progrès. Ainsi, ils pensent qu’un monde meilleur peut être atteint en construisant sur le monde actuel.

C’est une opposition plutôt élégante et absolument radicale, qui peut être exploitée pour créer un conflit à enjeux spectaculaires. Quel combat peut être plus éblouissant que les gens qui veulent détruire le monde contre les gens qui veulent le sauver ?

Cela soulève la question évidente : Qui à Hollywood a lu René Guénon et Julius Evola – ou, dans le cas de Hellboy, Savitri Devi et Miguel Serrano? Pour que quelqu’un à l’intérieur de la bête comprenne clairement qu’un Traditionalisme armé est la révolte ultime contre le monde moderne.

 

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