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Comprendre la crise grecque, Partie 1

parthenon6,689 words

English original here

Cette article essaiera d’expliquer à ceux peu familier de la situation actuelle en Grèce les causes profondes du drame grec actuel.

Malgré l’idée largement répandue que le problème de la Grèce est principalement d’ordre financier, cette vision ne pourrait pas être plus éloignée de la vérité. Ce à quoi cet ancien pays fait face actuellement, est son effondrement total en tant qu’État-Nation. La crise économique mise en avant est une réalité dans une large mesure fictive, et elle est utilisée par le gouvernement actuel et par des forces étrangères en tant qu’excuse et en tant qu’outil afin de faire advenir la saignée économique de la classe moyenne grecque et la désintégration finale de l’État.

Ma principale thèse est que peu après la fin de la Guerre Froide, un plan a été conçu et mis en place pour le démantèlement effectif de la Grèce et l’éradication de l’identité nationale des Grecs qui mèneraient mathématiquement à leur disparition en tant que groupement de population homogène. Le lecteur ne devrait pas être abasourdi par de telles affirmations : l’article lui présentera toutes les preuves nécessaires pour soutenir cette thèse. La première partie de l’article se concentrera sur un cours intensif nécessaire de l’histoire politique de la Grèce, de la fin de la Seconde Guerre Mondiale à l’élection du gouvernement grec actuel.

I.

En 1944, l’armée allemande partit de Grèce afin de défendre sa mère patrie de l’avancée de l’Armée Rouge. Dans un tourbillon d’événements, le Parti Communiste Grec (KKE) poussa le pays dans une guerre civile sanglante et catastrophique, où ses groupes armées ont combattu l’armée nationale de Grèce. La lutte communiste pour le pouvoir était bien sûr vouée à l’échec dès le début, puisque Staline s’était déjà mis d’accord avec Churchill lors de l’Accord de Moscou, que la Grèce resterait sans la moindre équivoque dans le camp occidental. Néanmoins, les communistes de Grèce ont cherché l’alliance d’autres pays communistes tels que la Bulgarie, l’Albanie, et la Yougoslavie, tous souhaitant les soutenir sous des conditions spécifiques, c’est à dire, des gains de territoires sur la Grèce si les communistes venaient à l’emporter. Le KKE, ayant un besoin désespéré d’aide, accepta et son gouvernement provisoire autoproclamé signa la cession d’importantes portions du territoire grec à rétrocéder à la Yougoslavie après la victoire des guérillas communistes. Pour résumer succinctement une histoire longue et douloureuse, les insurgés communistes ont été battus, et la Grèce émergea affaiblie mais libre du joug du Soviétisme.

La défaite des communistes fut un coup majeur porté à la gauche grecque. Leurs crimes terribles, qui allaient des exécutions de masse de civils non-communistes au rapt de milliers d’enfants envoyés dans le bloc soviétique pour y être endoctrinés, mena le pays à un régime de droite étrange où quiconque refusant de glorifier la famille royale était suspecté d’être un sympathisant communiste. La droite était dominante, mais il devenait évident qu’une vision de la politique aussi manichéenne sèmerait les germes de sa destruction future. Les masses de gens qui appartenaient au centre, et qui n’avaient jamais été affiliés au Parti Communiste illégal et aux autres groupes de gauche, étaient désignés par la propagande du régime comme des gauchistes, des crypto-communistes ou comme penchant dangereusement vers la gauche. Par un processus extraordinaire, que je présume il est difficile pour le lecteur de comprendre (et par l’auteur également) les centristes ont accepté lentement mais sûrement leur étiquette de gauchistes, que le régime de droite leur avait imposé. Dans le même temps, le Parti Communiste illégal financé par l’URSS et ayant organisé un vaste réseau clandestin répandit sa propagande et contribua à l’instabilité politique du pays en fomentant des grèves, des affrontements avec la police, et des émeutes. L’erreur précitée par la droite de désigner quiconque n’étant pas assez de droite comme un gauchiste, a bien sûr été exploitée par les communistes. Pour résumer, la droite et la gauche ont travaillé simultanément à déplacer le centre vers la gauche. Ainsi, les centristes patriotes qui s’étaient battus contre les communistes quelques années plus tôt, ont commencé à s’identifier de plus en plus à la gauche et sont devenus de plus en plus réceptifs à la propagande gauchiste. Dans le même temps, les combats ont continué en Grèce, le gouvernement élu du parti populaire centriste (Enosis Kentrou) fut renversé quand un groupe de ses membres députés décida de quitter le parti et le gouvernement. L’instabilité continua jusqu’à ce qu’un groupe d’officiers de l’armée ne décide d’imposer un régime militaire, autoritaire le 21 avril 1967.

II. 

Le régime militaire dura 7 ans et se termina abruptement quand la Turquie envahit Chypre en 1974. Ce qui amena à la tragédie de Chypre et pourquoi, dans le même temps, les forces armées supérieurement armées de la Grèce ont décidé de ne pas intervenir est une question extrêmement controversée. L’invasion eut lieu après des tensions à l’intérieur du cercle des officiers de l’armée qui ont installé le régime. Le leader indiscutable Georgios Papadopoulos a été détrôné et remplacé par une figure plus effacée du régime, le Général de Brigade Dimitrios Ioannidis, Ioannidis était fortement nationaliste, bien qu’il n’ait jamais eu une bonne compréhension de la politique. Un point intéressant à propos de Ioannidis est que sa sœur était mariée à un Juif-Grec célèbre nommé Zak (Jack) Alazrakis, qui avait de très bonnes relations avec le Secrétaire d’État des USA de l’époque, Henry Kissinger. Selon ce qui a été affirmé pendant des années par la majorité des officiers de l’armée qui ont imposé le régime militaire, Kissinger par le biais d’Alazrakis promit à Ioannidis que si il renversait Papadopoulos et plus tard l’Archevêque Makarios (président de Chypre d’alors), il aurait le soutien des USA concernant la question de Chypre et resterait au pouvoir pendant des décennies. Le crédule Ioannidis réagit rapidement ; il se débarrassa de Papadopoulos et essaya de disposer de Makarios, mais Kissinger avait déjà promis à la Turquie un morceau de Chypre et abandonna Ioannidis.

L’invasion de Chypre eut des conséquences cataclysmiques dans la politique grecque. Le régime militaire tomba, et la démocratie et le parlementarisme furent restaurés. Konstantinos Karamanlis (l’ancien), fraîchement retourné en Grèce, ignora cyniquement la question de Chypre et en signant une trêve avec les Turcs, il leur offrit un répit crucial pour se réorganiser et se préparer pour une deuxième attaque contre l’île qui mena finalement à l’occupation turque de 38% de Chypre. K. Karamanlis (l’ancien) ne pouvait pas moins se préoccuper des Grecs-Chypriotes, les questions intérieures de l’État grec étaient sa préoccupation immédiate. Il punit durement les officiers impliqués dans le coup d’état ainsi que leurs collaborateurs. Dans un processus similaire à la dénazification de 1945 en Allemagne, les personnels de police ou militaires qui ont été sympathisants du régime militaire ont été lentement remplacés par des personnels plus démocrates. Un grand nombre de ceux-ci pouvaient être incompétents ou inexpérimentés, mais cela n’importait pas pour le nouveau gouvernement ; l’objectif était l’éradication totale de quiconque capable d’imposer une nouvelle Junte.

La décision la plus significative de K. Karamanlis (l’ancien) fut d’autoriser dans le plus grand secret la diffusion ininterrompue de la propagande de gauche, dont la thèse principale était que la droite (et ses patrons supposés, c’est à dire les USA et le Royaume Uni) était responsables de la Junte militaire de 1967-1974, la tragédie de Chypre, et quasiment de tout aspect négatif de la vie sociale et politique en Grèce depuis la création de l’État moderne grec en 1829. La droite a été diabolisée, et la diabolisation existe toujours en Grèce. De plus, la gauche se lança dans un effort gigantesque pour prendre le contrôle des universités ; et elle réussit dans cette tâche, puisque K. Karamanlis (l’ancien), bien qu’étant le chef traditionnel de la droite, n’a offert en conscience aucune résistance. Politiquement, la Grèce penchait jour après jour de plus en plus vers la gauche. Le Parti Communiste, qui était maintenant légalisé, était une force politique établie, capable d’influencer une audience beaucoup plus grande que le nombre de ses électeurs.

Pendant la même période, une figure hautement charismatique, après être retourné de son “exil” en Suède, faisait ses premières tentatives pour contrôler le centre affaibli. Il s’appelait Andreas Papandreou, l’enfant de l’ancien dirigeant de la Grèce, Georgios Papandreou et de sa femme juive, Sofia Minejko. A. Papandreou réussit non seulement à unir le centre à son parti, le PASOK (Panellinio Sosialistiko Kinima [= le Mouvement Socialiste Panhellénique]), mais commença à gagner également un large soutien de la gauche. Sans abandonner son profil patriotique, il adopta tous les slogans de gauche, même les plus extrêmes. Les communistes étaient perplexes ; ils ne savaient pas comment réagir. Pendant des années ils s’étaient battus contre la droite mais maintenant ils avaient un ennemi nouveau, beaucoup plus vicieux. Un ennemi qui promettait la justice sociale et la prospérité mais sans l’imposition d’une dictature communiste. La droite dans l’autoflagellation était une cible facile pour la gauche, mais A. Papandreou ne l’était pas. L’étoile montante brillante de la politique grecque était aussi assez intelligente pour ne pas s’aliéner les politiciens centristes traditionnels. Il ne leur offrit pas de postes dans son nouveau parti mais apaisa leurs peurs concernant sa forte rhétorique de gauche. Il leur expliqua clairement que la gauche dominerait politiquement tôt ou tard en Grèce et que finalement personne ne pourrait imaginer quels seraient les résultats – de l’alignement de la Grèce au bloc soviétique à une sanglante guerre civile et au chaos total. Il était la seule force politique crédible et capable dans la politique grecque  d’empêcher çà, affirmait-il avec confiance. Les Grecs étaient dégoûtés par les actions de l’OTAN et des USA concernant l’invasion de Chypre et étaient ainsi des cibles faciles pour la propagande des communistes. A. Papandreou expliquait aussi que c’est seulement en adoptant la rhétorique de la gauche que l’on pourrait gagner le soutien des masses et que l’on pourrait faire tourner le vent. Les vieux politiciens centristes furent impressionnés par la finesse et l’intelligence d’ A. Papandreou et la plupart d’entre eux l’ont soutenu de tout cœur.

À ce moment du récit, j’aimerais relever que malgré la rhétorique anti-Américaine, anti-OTAN, et anti-Communauté Économique Européenne d’A. Papandreou, il avait passé des décennies aux USA, détenu un passeport américain, et avait enseigné l’économie dans beaucoup d’universités américaines. De plus, il avait servi dans l’US Navy pendant la Guerre de Corée. Il est très intéressant aussi, que les USA n’aient jamais pris aucunes mesures pour empêcher l’ascension au pouvoir d’ A. Papandreou en Grèce. En fait, un des dirigeants de la junte encore en vie aujourd’hui (le Général Stylianos Pattakos)  n’a pas cessé de déclarer que les diplomates américains ont montré un grand intérêt au bien être d’ A. Papandreou et ont fait pression pour qu’il puisse partir de Grèce.

Finalement, A. Papandreou gagna les élections de 1981, balayant tout sur son passage en gagnant 48% des votes. Malgré les espoirs de ses soutiens plus à gauche, la Grèce resta dans l’OTAN, elle n’abandonna jamais la Communauté Économique Européenne et bien sûr ne brisa jamais ses liens avec les USA. Cependant, A. Papandreou était honnête en sa transformation sociale promise. Il réorganisa complètement la société et l’économie grecque dans une forme qui dans une large mesure tient toujours aujourd’hui. Il nationalisa des douzaines d’industries clé et imposa un modèle économique centré sur l’État. Ses soutiens furent récompensés par un bon salaire et un poste quelque part dans le secteur public en rapide expansion. La plupart d’entre eux étaient les électeurs traditionnels du centre, mais pas tous. Un grand nombre d’entre eux étaient un mélange de gens qui pour différentes raisons (les opinions politiques ou la simple incompétence) n’avaient jamais pu vivre dans le confort ou obtenir un emploi stable. Néanmoins avec l’aide du PASOK, ils passèrent du status de classe populaire à la classe moyenne facilement. Leur emploi par l’État eut comme résultat un changement radical dans leurs vies. Ils achetèrent des voitures, construisirent des maisons pour leurs familles, et purent se permettre de s’offrir des vacances prolongées. Le socialisme du PASOK était en réalité la revanche du centriste ou du gauchiste oppressé mais, par dessus tout, la revanche de la personne incompétente. La méritocratie a été abolie ; ce qui importait sous le régime d’ A. Papandreou était seulement si on était un détenteur de la carte de membre de son parti ou non. Cependant,  A. Papandreou eut à gérer un problème clé de la société grecque, qu’il reconnaissait comme un facteur crucial pour son règne se voulant être pérenne. Une grande partie de la bourgeoisie soutenait toujours la droite et n’avait jamais pardonné sa rhétorique de gauche.

Pendant le milieu des années 1970, après le renversement du régime militaire, une organisation terroriste appelée “le 17 Novembre” apparut. Ses premières cibles furent les officiels du régime militaire impliqués dans les tortures et les persécutions des militants anti-régime. Très vite malgré cela, le groupe fit culminer ses actions en tuant des industriels, des hommes d’affaires et des patrons de presse. Aux côtés du “17 Novembre”, on retrouve quelques autres groupes terroristes formant la matrice particulière du terrorisme grec d’extrême gauche. Malgré leurs différences réelles ou supposées, ces groupes ont durement frappé la bourgeoisie de droite. Ce que A. Papandreou n’avait pas pu faire avec les nationalisations, a été accompli par les bombes et les balles des terroristes. La vieille classe supérieure de droite n’était plus désormais une force dans la vie économique et politique du pays. Bien sûr, aucune preuve solide n’a été trouvée que le PASOK était lié au terrorisme d’extrême gauche en Grèce, et peut-être que de telles affirmations présentées par les journaux de droite de l’époque, étaient pour la plupart exagérées. Néanmoins, le PASOK avait maintenant le pouvoir et l’opportunité de créer une nouvelle classe supérieure acquise à sa cause et ses idées, et A. Papandreou agit en conséquence. De nouveaux hommes d’affaires apparurent qui, aidés par l’État, firent croître leurs entreprises et avalèrent les débris de l’ancienne élite économique. De nouveaux seigneurs des média furent crées et qui ont fanatiquement soutenu le régime d’A. Papandreou. Cette structure de pouvoir formée dans les années 1980 et 1990 existe encore en Grèce et est grandement responsable de l’extraordinaire soutien dont le PASOK jouit dans les médias et parmi les riches et les puissants. En résumé, ce qu’A. Papandreou fit, était ce que les sultans ottomans avaient fait pendant des siècles. Dès qu’ils prenaient le pouvoir, ils éliminaient l’ancienne élite et en créaient une nouvelle, redevable envers eux. De cette manière personne ne serait capable de défier leur autorité.

Le règne absolu d’A. Papandreou continua tout le long des années 1980. Les gens (surtout ses soutiens étaient heureux, puisqu’il utilisait toute l’argent que la Communauté Économique Européenne offrait à la Grèce non pour le développement économique, mais pour payer les salaires et les retraites. Pour que le lecteur comprenne l’orgie de dépense publique, il doit envisager la question des pensions pour les actes de “résistance nationale”  pendant l’occupation allemande de la Grèce. Plus de 200.000 personnes furent reconnus comme combattants de la résistance et perçurent une pension de l’État. Il est important de noter que dans le même temps que 200.000 résistants se battaient soi-disant contre les Allemands, l’armée allemande n’a eu en Grèce simplement que 30,000 hommes, et la plupart d’entre eux étaient des non-combattants. Comment diable avec un ratio de 1 contre 7, les Allemands sont-ils restés 4 ans en Grèce avec un minimum de pertes est au delà de la compréhension ! Mais dans les années 1980, personne ne semblait se soucier de choses aussi triviales que les mathématiques et l’histoire. Dans le même temps, les membres de haut niveau du PASOK s’amusèrent avec l’argent public. En moins de 8 ans, des gens qui n’avaient précédemment aucuns comptes en banque se trouvèrent avec d’énormes sommes d’argent dans des banques suisses. Des douzaines de scandales politiques furent exposés, et les médias aux ordres ne purent éviter d’en faire mention. Un grand nombre de gens perdirent leurs illusions avec le PASOK, et la droite, bien que sévèrement affaiblie, apparut comme la seule force politique compétente pour remettre un peu d’ordre dans la situation chaotique que les scandales et la dépense publique avaient créée.

Après une période grotesque d’instabilité politique, suivie par une brève période d’un gouvernement d’union entre la droite et la gauche, le parti de droite de la Nea Dimokratia (ND) prit le pouvoir. Le ND n’était bien sûr plus la droite du passé. Puisque l’élite du parti évitait le mot “droite” comme la peste. Son dirigeant de l’époque,  Konstantinos Mitsotakis essaya de présenter le ND aux électeurs pas comme un parti de droite, mais comme un parti de technocrates prêts à sauver la Grèce de 8 ans de gouvernance irresponsable et catastrophique du PASOK. Il amorça aussi des démarches actives pour s’assurer que les idées de droite traditionnelles (c’est à dire le patriotisme, le respect de la religion et de la famille) soient devenues défavorables parmi les militants du parti et surtout parmi ses jeunes membres.

On ne se souvient pas de l’administration K. Mitsotakis pour beaucoup de choses — mises à part sa reconnaissance formelle de l’État d’Israël et certaines tentatives ratées d’envoyer Mr A. Papandreou et les principales personnalités du PASOK en prison pour les scandales économiques du précédent gouvernement. Ses politiques économiques ont été désastreuses, tandis que la manière dont il géra les intérêts nationaux de la Grèce et les multiples crises des Balkans déçut même ses soutiens les plus dévoués. Au final, il perdit sa majorité parlementaire quand un groupe de membres de son parti au parlement décida de l’abandonner. Aux élections suivantes, K. Mitsotakis perdit, et le PASOK revint au pouvoir. Mais, le troisième mandat d’A. Papandreou fut bref et marqué par sa santé en rapide détérioration. Un membre impopulaire de son parti appelé Konstantinos Simitis lui succéda, et devint le nouveau dirigeant du PASOK et le Premier Ministre de la Grèce.

Voici une histoire intéressante à propos de K. Simitis, qui intéressera sans doute le lecteur. Quand pendant la période du régime militaire il essaya de s’enfuir du pays, il utilisa un faux passeport avec pour nom juif Aaron Ventura. Encore plus intriguant est le fait que K. Simitis ait publiquement admis que le nom originel de son grand-père était le nom sonnant très Juif Avouri, qui a été plus tard changé en Simitis (Simitis = Sémite en Grec).

Malgré son affiliation avec les socialistes, ses idées sur l’économie s’avéraient être néo-libérales ; de plus, il était un supporter déclaré et ferme de la mondialisation et de l’abattage des frontières et des États-Nations. Bien que son apparence étrange et son ricanement caractéristique l’ait rendu impopulaire, il avait une sérieuse aura académique autour de lui. Il ressemblait au type d’individu que vous pouvez détester, et à qui vous ne souhaiteriez pas que votre fille se marie, mais à qui vous pourriez aisément faire confiance pour réaliser votre business plan ; et en effet les Grecs lui firent confiance deux fois.

III.

La Grèce que K. Simitis prit en main en 1996 était un pays totalement différent de celui qu’il rendit après huit ans de gouvernement. Mais ce n’était pas le genre de Grèce qu’il avait promis à ses électeurs. Le pays manquait de modernisation, expliquait Simitis. Pendant des décennies la Grèce avait été à la traîne des autres pays européens en terme de développement, affirmait-il continuellement ; et que les Grecs étaient piégés dans une mythologie auto-absorbante en se focalisant sur leur passé, leur unicité, tandis qu’ils avaient basé leur culture étatique sur un mélange d’Hellénisme et de Christianisme orthodoxe, que Simitis et son milieu trouvaient ridicules. Dans le même temps, selon cette théorie, le nationalisme et de faibles taux de PIB étaient interconnectés, et le premier fait était responsable du second. En d’autres termes, ce n’était pas la destruction du secteur privé, que le PASOK avait mis en pratique les années précédentes, qui était responsable du retard de la Grèce, mais le nationalisme grec et les idées que les Grecs avaient d’eux-même en tant que nation solide (avec plus de 4000 ans d’histoire). Mr Simitis et ses collègues n’ont pas dû expliquer cette équation excessivement étrange, car elle a immédiatement été acceptée et promue par les médias. Quiconque osait défier cette théorie était stigmatisé comme archaïque, au bord de la folie, et comme un nationaliste extrême. Ainsi, les dissidents furent graduellement mais continuellement réduits au silence ; ce n’était pas très compliqué après tout, puisque à partir de 1996 les barons des médias qui avaient soutenu l’idéologie patriotique et populiste du PASOK sous Mr A.Papandreou, accordèrent leur violon afin de concorder avec la nouvelle ligne du parti.

Sous  K. Simitis, la Grèce est devenue un immense laboratoire d’ingénierie sociale. Quiconque ayant vécu cette période se rappelle qu’il y avait un gouffre énorme entre ce que l’immense majorité des médias et du gouvernement affirmaient et ce que les gens pensaient et croyaient. Les opinions sur l’identité grecque qui avant 1996 étaient considérés comme traîtres, scientifiquement infondées, et à la marge, sont devenues subitement populaires à la Télévision et dans les journaux. La croyance centrale de l’identité grecque moderne, c’est à dire que les Grecs modernes sont les descendants des anciens Grecs, était attaquée sans relâche. L’opposition était bien sûr réduite au silence. Dans le même temps, le rôle précédemment vénéré de l’Église Orthodoxe dans l’Histoire grecque a été manipulé en surreprésentant ses aspects négatifs et en ignorant ses contributions positives à la nation grecque.

Dans les universités, les professeurs avec des idées traditionnelles et patriotiques ont été écartés afin de faire de la place à ceux souhaitant promouvoir les idées adoptées par le gouvernement. Les livres d’école ont aussi été changés afin de faire disparaître toutes opinions dissidentes sur les ennemis traditionnels de la nation grecque, tels que les Turcs. Cela mena à la disparition de la majorité des crimes commis contre les Grecs dans la période de la domination ottomane de la Grèce (1453-1821)des livres d’école. En d’autres mots, les opinions d’une frange minimale de la société grecque est devenue les opinions dominantes des médias, les universités, et la vaste majorité des politiciens. De telles opinions n’étaient bien sûres pas populaires parmi la population ; cependant la propagande fonctionne très bien, et le bombardement continuel des masses par certaines idées et croyances peut facilement changer leurs avis.

Les valeurs morales traditionnelles étaient aussi sous surveillance. Au milieu et à la fin des années 1990, la Grèce expérimenta l’ascension de la Télévision poubelle. Tout d’un coup, après minuit, la télévision grecque fut submergée d’émissions qui faisaient la promotion de la pan-sexualité, le fétichisme, la bisexualité, et prônaient une attitude bienveillante envers les homosexuels et l’homosexualité. Les journalistes ont découvert la communauté travestie et n’ont eu de cesse que de partager au public son anxiété et ses problèmes. Le créneau télévisuel de l’après-midi qui est principalement dirigé vers une audience féminine était rempli d’émissions sur les vies privés des célébrités et avec une attention particulière sur leur performance sexuelle et leur vie chatoyante. Dans le même temps commençaient à paraître de nombreux magazines jeunesses et ils devinrent très populaires parmi les jeunes Grecs. Ces magazines étaient les équivalents imprimés des émissions de Télévision poubelle, mais ils étaient beaucoup plus influents parmi la jeunesse, car ils imposaient activement un nouvel ensemble de valeurs radicalement différentes de celles que la société grecque conservatrice avait. Pour un homme, selon ces magazines, le succès dans la vie signifiait avoir beaucoup d’argent et être capable de sortir et de coucher avec autant de femmes que possible. De même, pour une femme le succès signifiait être sexy et attirer et se marier avec un homme riche. Pour la poursuite de tels buts de vies, on décrivait la moralité comme un obstacle ridicule conçu pour brider les individus “intelligents” et “capables”. Cela va sans dire que toute forme de dépravation sexuelle était considérée comme absolument normale. L’expérimentation était le mot clé pour les jeunes lecteurs de ces magazines et les hommes et les femmes ayant du succès devaient essayer tout, surtout ces “fruits défendus” que la société traditionnelle méprisait.

IV.

Une question qui doit être élucidée est pourquoi n’y a-il pas eu d’opposition sérieuse à cet assaut de grande ampleur sur les valeurs de la société grecque. Forcément si les socialistes défendaient de telles idées, alors la droite conservatrice s’opposerait frontalement à elles, puisqu’elles allaient à l’encontre de tout ce que la droite symbolisait. Comme mentionné au dessus, le parti qui représentait la droite en Grèce, appelé Nea Dimokratia (ND) avait subi une réorientation idéologique massive depuis 1974. Les derniers restes des éléments conservateurs et de droite authentiques ont été expulsés dans le plus grand secret ou forcés à partir. À partir du début du XXIème siècle, le ND était un parti néo-libéral qui a complètement intégré la propagande de la gauche concernant les questions telles que l’État-Nation, le rôle de la religion dans la société, etc. De même, l’intelligentsia grecque est restée indifférente à la distorsion de la moralité et à l’attaque des valeurs morales, comme elle était restée silencieuse pendant les années 1980, quand A. Papandreou transformait la société grecque afin qu’elle concorde aux besoins de son parti. Ainsi, ce qu’il restait pour stopper la déferlante de la libéralisation sociale était un parti désorganisé qui bien sûr n’avait aucun accès aux médias. Une fois encore, comme l’histoire nous l’enseigne, un petit groupe de gens avec un but commun et avec les moyens d’affecter les masses peut facilement gagner contre toute opposition désorganisée peu importe combien imposante est celle-ci.

Simultanément, le gouvernement Simitis allait de fiasco en fiasco en politique étrangère, endommageant gravement son intégrité ainsi que la fierté nationale des Grecs. Les réformes structurelles de l’économie grecque attendues de longues dates, intensément défendues par les médias, ne sont jamais venues.

K. Simitis privatisa quelques industries nationales mais a en pratique fait très peu pour dynamiser le secteur privé. Ce qu’il s’est par contre passé pendant son mandat, fut la popularisation de l’achat d’actions. La Bourse d’Athènes, dont l’immense majorité des Grecs ignorait même l’existence avant la fin des années 1990, est devenue un élément de la vie du Grec moyen. Les médias et le gouvernement argumentaient en faveur de l’achat d’action comme un moyen pour la famille d’augmenter son revenu, et ils promettaient que les cours continueraient de monter. Ces voix saines s’élevant contre l’achat d’action par des gens qui étaient totalement ignorants du marché ont efficacement été poussées à la marge et ridiculisées. Tout le monde prit sa part de la fièvre de la bourse. Les gens vendaient leurs terres à la campagne afin d’acheter des actions. De vieilles dames sortaient leurs économies des coffres et se ruaient vers les premiers courtiers en action avec l’espoir de doubler leur épargne en quelques mois. À cette époque, les journaux, les émissions TV et radio dédiés à la Bourse se comptaient par douzaine. Le message y émanant était simple et clair : sortez vos économies des banques et des coffres, vendez vos terres inutilisables en campagne, et achetez des actions, c’est de l’argent facile : La fièvre de la Bourse dura seulement quelques années – et ensuite le krack économique de 1999 arriva. Le résultat était bien sûr prévisible : des milliards ont changé de mains ; les riches sont devenus immensément plus riches, et les classes les plus populaires ont perdu toutes leurs économies. Dans le même temps, la dette du pays augmentait sans cesse et les immigrants illégaux inondaient la Grèce par centaines de milliers. La dernière “oeuvre” de K. Simitis fut de manipuler les statistiques de l’économie grecque et d’en présenter de fausses à l’Union Européenne afin de faire entrer la Grèce dans l’Euro-zone. Cette décision même a été décrite comme le Waterloo de l’économie grecque par beaucoup d’analystes et récemment comme une erreur de proportions gigantesques par Angela Merkel et d’autres chefs d’États. K. Simitis quitta le pouvoir avec un taux de popularité catastrophique. L’actuel Premier Ministre de la Grèce lui succéda à la tête du PASOK. Les élections suivirent et en mars 2004, le PASOK perdit, et le ND prit le pouvoir.

V.

Avec un programme prometteur de profondes réformes structurelles et le serment de refonder l’État, Konstantinos A. Karamanlis, un neveu de K.A Karamanlis (l’ancien) conquit plus de 45% de l’électorat. Les changements cataclysmiques que K. A. Karamanlis défendaient avaient un soutien plus large que son électorat traditionnel. Les études qui furent conduites pendant les premiers mois de son administration montraient clairement de bons taux de popularité et un fort soutien populaire pour des mesures dures mais nécessaires afin d’améliorer l’économie de l’État. Cependant K. A. Karamanlis avait oublié dans ses plans trois facteurs majeurs : la domination totale de la gauche dans les médias, les syndicats tous puissants, et la culture politique globale en Grèce qui après plus de trois décennies de propagande de gauche était lourdement influencée par le marxisme.

Comme mentionné plus tôt dans cet article, la droite en Grèce s’auto-flagellait afin d’être lavée des agissements du régime de droite post-Seconde Guerre Mondiale et du régime militaire de 1967-1974. Le parti du ND ajusta sa stratégie basée sur le fait qu’il y avait un à priori négatif concernant la droite parmi la plupart des Grecs. Au lieu d’essayer de changer cet à priori, il pensait qu’il pourrait prendre le pouvoir en adoptant un profil aussi de gauche et libéral que possible. Il n’a jamais pris une position ferme contre le comportement illégal et irresponsable des syndicats, ni n’a même essayé de créer des médias alternatifs afin de propager son message. L’expulsion de ses rangs des individus conservateurs et traditionalistes fut suivi par l’ascension dans le parti d’anciens gauchistes, libéraux, et autres qui étaient détestés par la base électorale patriote du parti. Le ND attendait simplement que les électeurs en aient assez des socialistes. Mais de telles stratégies ne marchent jamais sur le long terme ; ainsi quand le ND prit le pouvoir il ne put mettre en application aucunes de ses réformes. Puisqu’elle pouvait avoir le soutien de la majorité parlementaire mais pas le soutien des médias et des minorités professionnellement organisées qui contrôlaient les syndicats. Toutes tentatives de changer le status quo dans le secteur public et la structure extrêmement inefficace du système éducatif rencontrait finalement des contestations et des manifestations violentes. Pas de la majorité bien sûr, mais des même manifestants professionnels de la gauche qui se sentaient menacés par les réformes annoncées. Les médias adoptèrent une position extrêmement critique envers le gouvernement de K. A. Karamanlis depuis ses débuts. À partir de 2004, la plupart des journaux de droite ont été soit détournés de leur sens par les journalistes de gauche ou dans une période prolongée de déclin avec des ventes de moins en moins fortes. Dans la bataille entre le gouvernement et les syndicats, la grande majorité des réseaux de télévision ont préféré s’aligner sur ces derniers. En butte avec l’opposition organisée et craignant que les luttes continues et que l’agitation civile agitée par l’extrême gauche et les syndicats mènerait à sa chute, K.A Karamanlis a reculé. Tous les plans de réformes structurelles ont été contrecarrés et abandonnés. Le parti ND trahit ses électeurs et quiconque espérant un vrai changement. De l’autre côté, la gauche et les syndicats avaient gagné une victoire facile et planifiaient leur contre attaque. Les grèves et les manifestations continuaient inlassablement. Avec K.A Karamanlis, la gauche avait trouvé un ennemi qui pourrait unifier ses éléments fragmentés : socialistes, syndicalistes, anarchistes, et communistes avaient soudainement une cause commune, renverser le gouvernement. Dans le même temps, les premiers scandales de mauvaises gestions économiques par les membres du ND commencèrent à apparaître et au final, les médias avaient de vrais munitions à tirer sur le ND.

Comme le soutien pour le parti du ND diminuait, K.A Karamanlis concentra ses efforts sur la politique étrangère. On doit l’admettre, il fit une avancée excellente et surprenante pour se rapprocher de la Russie et chercha à établir une forte coopération sur les questions d’énergie et de défense. Les Russes accueillirent l’offre à bras ouverts. Après tout, depuis le XIXème siècle, la Russie a essayé d’obtenir l’accès à la Méditerranée Orientale ; la Grande Bretagne fit tout ce qu’elle put pour l’en empêcher. Cet antagonisme géopolitique était ce qui finalement sauva la Grèce des griffes communistes pendant les années 1940. Churchill, qui craignait la domination complète des Balkans par le successeur de la Russie tsariste, l’URSS, fit pression sur Staline pour obtenir le célèbre accord du pourcentage d’octobre 1944, qui maintenait la Grèce dans le bloc occidental. Après 1945 bien sûr, la Grande Bretagne déclina vers un rang de puissance secondaire, mais elle fut remplacée par les USA. Les Américains étaient inquiétés par la soudaine approche entre la Grèce et la Russie. Le lecteur devrait être conscient que la Grèce dépense des milliards d’euros en armes afin de contrer la menace turque imminente, et la grande majorité des armes provient des compagnies américaines. Une relation plus étroite entre la Grèce et la Russie, mis à part les troubles géopolitiques qu’elle occasionnerait aux USA, pourrait aussi signifier que la Grèce préfère acheter des armes russes au lieu de celles fabriquées aux USA. De plus, cela signifiait que la Grèce ne serait pas aussi aisément contrôlable par les USA et l’Union Européenne, puisqu’elle aurait le soutien de son nouvel allié stratégique, la Russie. Le signe le plus important de cette coopération très prometteuse fut la signature de l’accord du pipeline Burgaz-Alexandropole entre la Grèce, la Bulgarie, et la Russie. L’accord aurait eu de multiples bénéfices pour la Grèce. Puisque le pipeline aurait sécurisé la Thrace Occidentale de futur intrusion turque ; cela aurait mis la Grèce au rang d’acteur majeur de la politique d’énergie mondiale et aurait certainement crée de nouveaux emplois, surtout dans une région (la Thrace Orientale) où le chômage a toujours été élevé. Comme on s’y attendait l’accord a rendu furieux les USA ; et Condoleeza Rice, la Secrétaire d’État américaine d’alors, exigea la fin de l’accord et se fit abondamment entendre que sa mise en application nuirait considérablement aux relations traditionnellement bonnes entre les USA et la Grèce.

Malgré l’opposition américaine, l’accord du pipeline fut signé en mars 2007, et un été très chaud était en prévision pour le pays et le gouvernement de K.A Karamanlis. Fin août, quelques jours après que le gouvernement ait déclaré sa volonté de mener le pays aux élections en septembre, d’énormes feux de forêts éclatèrent en Attique, au Péloponnèse, et dans les îles d’Evia. D’accord, les feux de forêts ne sont pas quelques choses de nouveaux en période d’été ; cette fois, cependant, quelque chose était radicalement différent. La plupart des feux semblaient être des éléments d’un plan organisé ciblant la production agricole et l’infrastructure du pays. Des douzaines de mécanismes incendiaires improvisés ont été découverts, et les stations de pompiers dans tout le pays ont été inondées de faux appels pour des feux dans des endroits isolés comme si quelqu’un voulait désorganiser les forces de sapeurs pompiers. Volontairement ou involontairement, le même rôle de désorientation a été joué par les médias, qui ont délibérément manipulé les faits pour augmenter leur audience. Un exemple caractéristique est la diffusion d’informations comme quoi le site archéologique de l’ancienne Olympie avait brûlé à cause de l’échec supposé du système de lutte contre le feu, et l’incompétence gouvernementale bien sûr. Quand les feux se sont finalement éteints, des centaines de milliers d’acres avaient été brûlés. Tout le monde a compris que le pays avait été frappé par une de ses plus grosses catastrophes de son histoire. Le Péloponnèse avait souffert le plus, et selon l’opinion de cet auteur pour une bonne raison. Traditionnellement, de grandes parties du Péloponnèse avaient été un bastion pour la droite ; c’est la partie de la Grèce où la Guerre d’Indépendance grecque de 1821-1829 a débuté et que l’État moderne grec est né. Les Péloponnésiens tendent à être conservateurs, patriotes, et ils exploitent la terre. Quiconque impliqué dans les cercles patriotes et nationalistes de Grèce peut facilement noter le nombre très disproportionné de Péloponnésiens. De plus, l’auteur croit que dans la désintégration à venir de l’État grec, si il devait y avoir un endroit où la nation grecque pourrait survivre, cela sera au Péloponnèse, largement à cause de la situation géographique de la région, la morphologie de la terre et la culture et la nature des Péloponnésiens.

Dans les élections qui suivirent, K.A Karamanlis gagna par une petite marge. Pendant les deux années suivantes il ne fit rien de plus que de regarder avec indifférence alors que son pays, son parti, et la crédibilité de son gouvernement tombait en chute libre. En décembre 2008, un policier tête brûlé tira et tua un jeune anarchiste à Athènes. Des émeutes éclatèrent, et le gouvernement ordonna à la police de garder une position défensive et passive. En d’autres mots, rester là et regarder pendant que les anarchistes et les gauchistes suivis par des immigrants illégaux détruisaient tout ce qui était à portée. La gauche, malgré ses affirmations prétentieuses de condamner la violence, glorifia les émeutes, parlant d’une “révolte” contre le gouvernement et le système capitaliste. Bien sûr, rien n’était plus éloigné de la vérité. La soi-disante “révolte” n’était ni contre le gouvernement ni le capitalisme. Les cibles des émeutiers n’étaient pas les magasins ultra-sécurisés possédés par les multinationales, mais les entreprises de petits entrepreneurs qui furent ruinés par le manque de volonté du gouvernement de les protéger. La destruction généralisée qui suivit par le pillage dans lequel les immigrants illégaux ont participé activement. La “révolte” a été un coup dévastateur pour la classe moyenne grecque. La plupart des entrepreneurs et des petits propriétaires de magasin d’Athènes et d’autres grandes villes ont été financièrement détruits ; et en conséquence ceux employés par ceux-ci ont perdu également leur emploi. La gauche, prenant avantage de la réticence du gouvernement à empêcher les émeutes, réussit en quelques jours à écarter les petites entreprises traditionnelles qui pendant des décennies ont été à la base de l’économie grecque. Maintenant la voie pour les gigantesques centres commerciaux des entreprises multinationales était ouverte.

À partir de mi 2009, les premiers signes de l’actuelle crise économique étaient visibles, quand les gens ont commencé à perdre leurs emplois et ne pouvaient plus en trouver de nouveau, les prix augmentaient, et dans le même temps les magasins et les petites entreprises se mettaient en banqueroute, les uns après les autres. Dans le même temps, des zones entières d’Athènes, la capitale grecque, et d’autres grandes villes de Grèce ont été envahies et occupées par des hordes d’immigrants illégaux d’Asie et d’Afrique. Les Grecs et la plupart des immigrants d’Europe de l’Est habitaient des zones ethniquement semblables, puisqu’ils ont été incapables de coexister avec les nouveaux venus. Ces zones impasses se sont transformées en des poches de Tiers Monde sans loi, la Grèce, qui au début des années 1990 était un pays avec une homogénéité extraordinaire de 98% de population grecque, est maintenant en train d’être rapidement colonisée par des musulmans asiatiques et des Africains. Le crime et surtout le crime de première catégorie qui était presque non existant avant les années 1990, est devenu exponentiel à des niveaux sans précédents. Sentant l’effondrement financier et l’agitation sociale, K. A. Karamanlis préféra ne pas terminer son second mandat et déclara des élections. Il était bien sûr conscient qu’il les perdrait – et prit même activement des mesures pour s’aliéner les électeurs en promettant plus d’impôts et une politique économique plus stricte au cas où il serait réélu. Dans la nuit du 4 octobre 2009, un heureux et clairement soulagé K. A. Karamanlis fut écrasé aux élections.

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Source: Ab Aeterno, no. 3, June 2010

 

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