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Naissance d’une nation:
Le « Northwest Quartet » de H. A. Covington

[1]5,928 words

English original here [2]

H. A. Covington
The Hill of the Ravens [3]
Lincoln, Nebr.: 1stBooks Library, 2003

H. A. Covington
A Distant Thunder [4]
Bloomington, Ind.: Authorhouse, 2004

H. A. Covington
A Mighty Fortress [5]
Bloomington, Ind.: Authorhouse, 2005

H. A. Covington
The Brigade [6]
Philadelphia: Xlibris, 2008

Chaque fois qu’un ami ajoute une autre arme à son arsenal, il dit : « Je prie Dieu de ne jamais avoir à l’utiliser ». Mais il continue à en acheter, parce que ça pourrait devenir utile. Je dis la même chose chaque fois que je trouve un roman d’Harold Covington. Mais je continue à les lire. Ils pourraient devenir utiles un jour.

Les quatre romans présentés ici, collectivement appelés le « Northwest Quartet » [= le Quarté du Nord-Ouest], racontent l’histoire de la création d’un Etat nationaliste blanc souverain, la République Américaine du Nord-Ouest [Northwest American Republic, NAR], sur le territoire des Etats-Unis, pendant la seconde ou la troisième décennie du XXIe siècle – c’est-à-dire demain, historiquement parlant. La NAR inclut les actuels Etats US de Washington, de l’Oregon et de l’Idaho, plus des parties de la Californie du Nord, du Montana, et du Wyoming. Ces Etats se séparent des Etats-Unis après une guerre de guérilla acharnée de cinq années menée par l’Armée des Volontaires du Nord-Ouest [Northwest Volunteer Army, NVA]. La NVA est un parti politique armé. Son idéologie doit beaucoup au national-socialisme allemand, mais ses tactiques sont inspirées de celles de l’Armée Républicaine Irlandaise (IRA) et de la mafia, ainsi que d’organisations musulmanes comme le Hamas en Palestine, le Hezbollah au Liban, et des insurgés qui ont mis les Etats-Unis en échec en Irak et en Afghanistan.

Ces romans sont des histoires de guerre, et franchement cela me dégoûte. Je sais que la guerre fait partie intégrante de l’histoire humaine ; qu’elle décide du destin des nations, des races, et du monde ; qu’elle forme une grande partie des données de l’histoire du monde et de la toile de fond de la littérature mondiale ; que l’on ne peut pas écrire sur les hommes sans écrire finalement sur la guerre. Je sais que la guerre est une occasion de manifester les extrêmes de la grandeur et de la dépravation humaines. Je sais qu’on peut aussi tirer une inspiration personnelle et des informations utiles à partir des histoires de guerre. Mais je ne trouve pas particulièrement réjouissantes les représentations de la haine et de la violence. Et plus l’auteur est talentueux, plus ces représentations deviennent séduisantes, entraînant une sorte de pornographie sadique de la violence.

Covington est un très bon auteur, et ces nouvelles sont très distrayantes. Cependant elles ne sont pas de la pornographie guerrière. Covington montre combien la guerre est horrible. Elle ressemble plutôt à une partie de camping qui dure trop longtemps : ennui, manque de sommeil, épuisement nerveux, saleté, et un terrible manque de confort et de commodité. Mais de temps en temps elle est égaillée par des moments de joie intense et de pure terreur. L’auteur pense simplement que l’alternative à la guerre est encore pire, car la paix avec le système actuel signifie l’oppression, la dégradation, et l’extinction finale de notre race. En plus de cela, ces nouvelles ne sont pas destinées à être de simples distractions. Elles sont destinées à être des prophéties auto-réalisatrices. L’auteur souhaite inspirer la création d’une véritable République Américaine du Nord-Ouest, et ses nouvelles sont remplies d’une grande quantité de sains conseils pratiques sur la manière de la réaliser.

De plus, ce ne sont pas simplement des histoires de guerre ordinaires. Elles appartiennent à un nouveau genre : la fiction révolutionnaire nationaliste blanche, un genre qui fut peut-être bien créé par William Pierce avec Les Carnets de Turner, écrit sous le nom de plume d’Andrew MacDonald. Les fans des Carnets de Turner trouveront le Northwest Quartet à leur goût. De plus, la vision de Covington d’un changement politique est beaucoup plus pratique et détaillée que celle de Pierce, et bien que Pierce était un auteur élégant, précis et souvent puissant, il n’était pas un romancier-né, alors que Covington en est un.

Covington se qualifie lui-même d’« écrivaillon », mais c’est de la fausse modestie. C’est un romancier hautement talentueux, capable de créer des personnages tridimensionnels très vivants. Il est particulièrement habile pour créer des personnages à partir de la classe ouvrière et du contexte sudiste. Covington trame aussi des complots complexes et prenants qui se développent jusqu’à des paroxysmes émotionnels profondément émouvants. Ces romans sont à faire pleurer. Mais attendez-vous à rire beaucoup aussi, car Covington est aussi un satiriste mordant doué d’un féroce sens de l’humour. Il est, de plus, un styliste remarquablement versatile – Victor Hugo dans une page, Quentin Tarantino dans une autre. Dans A Distant Thunder, A Mighty Fortress, et The Brigade, les histoires de jeunes terroristes culottés et rigolards rappellent Buffy contre les vampires de Joss Whedon, avec sa fusion virtuose d’horreur apocalyptique, de conflit dramatique intense, et de frivolité juvénile. C’est une réussite remarquable, à mon avis.

Mais le Northwest Quartet n’est pas simplement une réussite littéraire, car ces romans sont très riches idéologiquement, et ils font de Harold Covington le penseur national-socialiste américain le plus important depuis George Lincoln Rockwell. Covington met en évidence ce qui ne va pas en Amérique et dans l’actuel mouvement racialiste, propose une solution politique, et expose une grande quantité de saines réflexions organisationnelles, stratégiques et tactiques sur la manière de la réaliser. Et en exposant ces idées dans des nouvelles, plutôt que dans des essais ou des traités, Covington s’assure qu’elles atteindront une large audience populaire à un niveau émotionnel et motivationnel plus profond.

Une présentation du Quartet

The Hill of the Ravens [La colline des corbeaux] (330 pages) fut la première nouvelle à être publiée, mais dans la chronologie interne du Quartet elle est la dernière. Elle se situe quelque part après le milieu du XXIe siècle, plusieurs décennies après l’établissement de la NAR – assez proche de la guerre d’indépendance pour beaucoup des vétérans encore vivants à ce moment, mais suffisamment loin dans l’histoire de la NAR pour que le régime ait pris forme et que la première génération élevée sous son autorité ait mûri. A la différence du reste du Quartet, The Hill of the Ravens n’est pas une simple histoire de guerre, mais un roman policier où la guerre d’indépendance du Nord-Ouest est constamment en toile de fond. Comme le roman est placé dans le futur, il y a aussi des détails de science-fiction.

A Distant Thunder [Un tonnerre lointain] (364 pages) fut la seconde nouvelle à être publiée. En termes de chronologie interne, le cadre se situe un peu plus tard que The Hill of the Ravens. Une histoire orale de Shane Ryan, un très vieux vétéran de l’Armée des Volontaires du Nord-Ouest, est enregistrée pour la postérité. Les souvenirs de Shane, cependant, se concentrent sur la période précédant immédiatement la guerre d’Indépendance et la guerre elle-même. Le cadre est l’Etat de Washington sur la côte Ouest, au sud de Seattle. A Distant Thunder débute laborieusement, parce que l’expression littéraire d’une histoire orale permet à Covington de se lancer dans un flot de réflexions philosophiques, qui deviennent vite fatigantes. Mais si vous avez la patience de lire les 50 et quelques premières pages, vous serez récompensés, car dès que ce livre vous a accroché c’est une lecture magnifique.

A Mighty Fortress [Une puissante forteresse] (364 pages) est la troisième nouvelle dans l’ordre de publication. En termes de chronologie interne, elle se situe vers la fin de la guerre d’indépendance. Elle se déroule dans la région de Seattle, et une grande partie du livre est consacrée à la Conférence de Longview où les Etats-Unis et l’Armée des Volontaires du Nord-Ouest négocient une fin à la guerre.

La dernière nouvelle du Quartet, The Brigade [La Brigade] (735 pages), est la plus belle réussite littéraire de Covington. Le complot est captivant, l’écriture est superbe, et les paroxysmes sont formidablement puissants. Elle se déroule dans l’Oregon de l’Ouest, dans Portland et aux alentours. L’histoire donne un survol de toute la guerre d’indépendance.

A Mighty Fortress est la première nouvelle du Quartet que j’ai lue, et j’ai eu de la chance, parce que je pense que c’est bien par elle qu’il faut commencer. Sur le plan littéraire, c’est l’une des mieux écrites et les plus émouvantes. En ces termes, elle ne le cède qu’à The Brigade, qui est ma préférée. Mais The Brigade fait 735 pages, contre 364 pages pour A Mighty Fortress, et beaucoup de lecteurs potentiels seront intimidés par le nombre de pages. Donc commencez par A Mighty Fortress, laissez-vous accrocher, puis lisez The Brigade, suivie par A Distant Thunder, et pour finir The Hill of the Ravens.

Conditions de la Sécession

Les Nationalistes Blancs sont d’accord sur la nécessité d’une Patrie blanche en Amérique du Nord. La question est de savoir comment l’obtenir. Pourquoi la sécession d’une république nationaliste blanche, sortant des Etats-Unis, est-elle un meilleur objectif que des Etats-Unis complètement nationalistes blancs ? Pourquoi devrions-nous nous contenter d’une partie plutôt que de l’ensemble ? La sécession est préférable parce que nous ne sommes simplement pas assez nombreux, et que nos adversaires sont trop nombreux, pour que nous puissions sauver le pays entier. Nous ne pouvons pas espérer vaincre tout le gouvernement US et 100 millions de non-Blancs. Il est plus réaliste d’espérer qu’une région du pays à prédominance blanche pourrait faire sécession. La sécession ne nécessiterait pas la destruction du gouvernement US, mais seulement l’abandon par celui-ci d’une certaine partie de son territoire (cela est déjà arrivé avec la Zone du Canal de Panama, et pourrait arriver à nouveau). La sécession d’une région à prédominance blanche, de plus, n’entraînerait pas le cauchemar moral et logistique d’une expulsion de millions de non-Blancs.

La stratégie de la NVA est de rendre une grande région des Etats-Unis ingouvernable. La NVA attaque aussi le régime dans ses centres de pouvoir : New York, Washington DC, et  Hollywood. A un certain moment, le régime décide de liquider l’affaire et de se retirer. Comme Covington nous le rappelle fréquemment, dans de telles campagnes ce sont les comptables qui capitulent, et non les généraux. De telles guerres sont des entreprises difficiles, mais elles sont bien plus faciles que des révolutions à part entière. Un régime combattra plus durement pour son existence même plutôt que pour une partie de territoire, spécialement un territoire éloigné des centres de pouvoir.

Le choix du Nord-Ouest Pacifique par Covington est logique parce que c’est l’une des parties les plus blanches du pays. Le Nord-Ouest est relativement éloigné des centres de pouvoir de New York et Washington DC. Il n’est pas encerclé par le reste des Etats-Unis, mais a un long rivage sur le Pacifique et des frontières avec le Canada et (dans le scénario de Covington) avec Aztlan [= futur Etat sécessionniste « latino-mexicain », NDT]. La région est aussi assez grande et assez riche en ressources pour aspirer à une autosuffisance économique relative, une nécessité pour un Etat qui ferait probablement face aux mêmes sortes de sanctions politiques et économiques que subirent la Rhodésie et l’Afrique du Sud avant de tomber sous la domination noire.

Bien sûr un mouvement aussi faible et timide que le nationalisme blanc d’aujourd’hui ne recevra jamais un centimètre carré de la part du gouvernement US. Le mouvement devra donc changer lui aussi. La première condition indispensable pour créer une République Américaine du Nord-Ouest est la concentration de Blancs racialement conscients dans le Nord-Ouest Pacifique. Cela rendra possible une seconde condition, à savoir la création d’une  communauté et d’un mouvement racialistes blancs réels et véritable, plutôt qu’un simple mouvement virtuel. Comme Covington aime à le dire, aucune révolution ne sera faite par des gens qui ne sont pas à distance de voiture les uns des autres.

Covington pense qu’une telle communauté racialement consciente doit être organisée sur le modèle communiste, comme un Parti révolutionnaire pour l’indépendance du Nord-Ouest. Le  Parti a trois fonctions : éducation (propagande), recrutement, et préparation. Initialement, le Parti opérera d’en-haut, menant des opérations de propagande et de recrutement ouvertes aussi bien que clandestines. Covington méprise les organisations nationalistes blanches qui permettent à quelqu’un d’adhérer simplement en envoyant un chèque. La révolution n’aura pas de boîte postale. Elle n’acceptera pas les cartes de crédit. Elle ne sera pas déductible d’impôts. Comme Covington aime à le dire : « Vous ne rejoignez pas le Parti. C’est le Parti qui vous contacte ». Il identifie les membres potentiels, puis enquête soigneusement et les met à l’épreuve. Cela permet d’éviter les informateurs et les dingues. Toutes les recrues seront évaluées en tant que soldats politiques potentiels. Car, dès le moment où le Parti émerge aux yeux du public, il se prépare aux jours où il sera interdit. Puis il se transformera en une armée de guérilla clandestine. Et tout en étant clandestin, il se préparera à ré-émerger comme le gouvernement et l’armée d’une nouvelle société.

En outre, aucune patrie blanche n’émergera tant qu’il n’y aura pas certaines transformations morales : les Blancs dans leur ensemble doivent retrouver leur courage, et les gens du Mouvement doivent devenir beaucoup plus sérieux. Dans ses nouvelles, Covington parle de 50.000 Blancs racialement conscients migrant vers le Nord-Ouest Pacifique dans les années précédant la guerre d’indépendance. Mais pourquoi les migrants commencent à venir, pourquoi les Blancs retrouvent leur courage, et pourquoi le Mouvement devient plus sérieux, cela est décrit comme un mystère complet. Cela sera moins mystérieux quand ces nouvelles seront lues par un grand nombre de gens.

Mais même si le mouvement nationaliste blanc devenait spectaculairement plus grand, mieux organisé, plus sérieux, il ne pourrait toujours pas affronter les Etats-Unis dans toute leur puissance. Il faut donc que le régime subisse une crise, ou une convergence de crises, avant qu’une partie des USA puisse espérer faire sécession. La République irlandaise n’aurait probablement pas obtenu son indépendance si l’Empire britannique n’avait pas été affaibli par la Première Guerre mondiale. L’Inde n’aurait pas obtenu son indépendance si l’Empire n’avait pas été saigné à blanc par la Seconde Guerre mondiale.

Heureusement, nous savons que le système US se dirige à toute vapeur vers des catastrophes dans un grand nombre de domaines différents. Le système politique est captif d’intérêts minoritaires et étrangers et ne peut pas rechercher le bien commun. Notre aventurisme étranger « Israël d’abord » et nos lourdes dépenses d’aides sociales sont économiquement intenables. Le multiculturalisme et l’immigration non-blanche conduisent à une dégradation et à une dépossession toujours plus grandes pour les Blancs, ce qui ne peut mener qu’à des conflits ethniques accrus. La discrimination positive et la corruption ont rempli le gouvernement [= l’administration, NDT] d’employés incompétents qui sont au mieux des parasites et qui souvent grèvent activement la productivité et sèment le chaos social. L’éducation et la culture populaire continuent leur descente. Le système est dépendant d’une sophistication technologique toujours plus grande pour exploiter des ressources naturelles en diminution, et les tendances démographiques sont profondément dysgéniques. Les crétins se reproduisent plus vite que les génies, et le système politique encourage et satisfait les crétins, avec leurs préférences pour le court terme et leur ignorance des causes de l’ordre et de la richesse. De plus, comme Sam Dickson l’a remarqué, le système n’a apparemment pas de freins. Par exemple, même avant l’introduction de la Sécurité Sociale, on savait qu’elle était intenable, mais rien n’a été fait pour résoudre le problème, seulement pour retarder la catastrophe finale par quelques cycles électoraux. Bien sûr le système pourrait survivre à une crise. Mais finalement plusieurs crises convergeront, et les Etats-Unis ne pourront pas survivre intacts.

Dans une petite crise, la première impulsion est de tenter de tout conserver. Dans une crise sévère, ou une convergence de crises, on est obligé de choisir d’abandonner certains atouts pour sauver le reste. L’espoir de Covington est de créer un mouvement nationaliste blanc qui soit suffisamment fort pour se tailler un morceau dans les Etats-Unis quand ce moment arrivera. Dans le scénario de Covington, les dirigeants des USA sont davantage préoccupés de l’intégrité territoriale d’Israël que de celle des Etats-Unis. C’est une prémisse raisonnable, puisque même aujourd’hui les Etats-Unis ne peuvent pas réunir l’effort et les fonds pour sécuriser leur frontière avec le Mexique, mais il peut réunir immensément plus d’argent et d’enthousiasme pour mener des guerres en Irak et en Afghanistan au nom d’Israël (dans le scénario de Covington, les USA sont embourbés à combattre et à occuper pratiquement tous les pays musulmans du Moyen-Orient sur l’ordre d’Israël, mais même cela ne suffit pas à empêcher la disparition finale d’Israël sous la marée démographique montante du monde musulman). Ainsi, si le régime est forcé de choisir entre soutenir Israël et conserver le Nord-Ouest Pacifique, il permettra au Nord-Ouest de faire sécession.

Dans le scénario de Covington, un autre facteur conduisant à la sécession du Nord-Ouest Pacifique est la décision du régime d’accepter la reconquête mexicaine de facto de la Californie et du Sud-Ouest et de permettre la création d’Aztlan. En règle générale, il semble prudent pour les sécessionnistes blancs de soutenir le principe de sécession pour tous les peuples, y compris les Mexicains et les Hawaïens. Nos gouvernants ne se sont bien sûr jamais trop souciés des principes abstraits et des règles générales. Mais ils sont clairement dévoués à la destruction de la race blanche. La sécession d’Aztlan va dans ce sens. Mais pas la sécession du Nord-Ouest Pacifique. De plus, la sécession d’Aztlan pourrait bien accroître la capacité du régime à s’accrocher au Nord-Ouest Pacifique en lui permettant de réattribuer des troupes et des ressources au Nord-Ouest.

D’autres facteurs qui conspirent à préparer les conditions de la sécession incluent : (1) une population toujours croissante de Blancs dépossédés qui n’ont plus rien à perdre à prendre les armes contre le régime ; (2) un grand nombre de vétérans blancs bien entraînés et fortement aigris par les guerres impériales du régime ; (3) un gouvernement fédéral suffisamment corrompu et incompétent bourré d’idéologues fanatiques, de tire-au-flanc abrutis, et de drones de la discrimination positive, et (4) un long processus de propagande ouverte et clandestine du Parti, afin d’accroître le mécontentement populaire et les tensions à l’intérieur du système.

Dès que ces conditions existeront, il faudra seulement un événement galvanisant, une étincelle pour déclencher la conflagration. Dans le scénario de Covington, c’est le Soulèvement de Cœur d’Alène, qui est modelé sur la Rébellion de Pâques 1916 en Irlande. Les fouineurs professionnels de « Il faut un Village », l’équivalent fédéral du Département des Services Familiaux, décident de retirer leurs enfants à une famille de néo-païens apolitiques, les Singers, et de les donner à adopter à des parents plus convenables, qui ne leur liront pas des mythes nordiques haineux et racistes à l’heure du coucher. Lorsqu’ils résistent, ils sont massacrés par les forces fédérales, exactement comme à Waco et à Ruby Ridge. Mais cette fois-ci, des Blancs ordinaires – les voisins des Singers – prennent spontanément les armes contre les fédéraux.

Bien que le Parti n’ait joué aucun rôle direct dans la résistance initiale, il était prêt à saisir l’occasion. Des activistes du Parti – des hommes et des femmes – sautent sur leurs fusils et se précipitent à Cœur d’Alène. Ils se déclarent comme l’Armée des Volontaires du Nord-Ouest, hissent un drapeau tricolore, et annoncent la naissance de la République du Nord-Ouest. Des troupes fédérales sont envoyées d’urgence, et après seize jours de combat et beaucoup de sang versé, le drapeau tricolore est mis à bas. Mais la rébellion n’est pas éteinte et se développe finalement en une guerre de libération nationale.

Conditions du succès

Le Northwest Quartet contient une grande quantité d’idées pratiques qui méritent une sérieuse attention.

(1) Des structures organisationnelles souples, flexibles et résistantes. En dépit de l’influence du national-socialisme allemand sur la pensée de Covington, la NVA n’est pas une organisation centralisée dirigée selon le Führerprinzip. Covington est avant tout un pragmatique, et une telle organisation serait trop vulnérable à une destruction par décapitation. Par conséquent, un modèle organisationnel souple et résistant est adopté, se basant sur celui de l’IRA et de Cosa Nostra. L’unité de base de la NVA est une cellule de trois membres capable d’opérer d’une manière semi-autonome. Les membres d’une cellule n’ont qu’une connaissance limitée des autres cellules et de la hiérarchie de commandement, de sorte que si une cellule est infiltrée ou si un membre d’une cellule est capturé, le dommage potentiel est limité. Les cellules sont formées en brigades, chacune de celles-ci ayant un commandant et un officier politique qui sert de liaison avec le Commandement de l’Armée. La NVA a aussi des « Colonnes Volantes » : des unités de partisans indépendantes et mobiles de 60 à 100 combattants opérant dans les zones non-urbaines. Il n’y a pas d’uniformes, de serments sacrés, de rituels avec des torches, et ce genre de choses, seulement une atmosphère de pragmatisme impitoyable et de grand sérieux dans la recherche de la victoire.

(2) L’importance suprême du caractère. On ne peut pas bâtir un mouvement révolutionnaire efficace avec des gens défectueux. Ainsi le bon caractère est le trait le plus important que la NVA cherche chez un membre. Le caractère est plus important que l’idéologie, le savoir-faire, l’origine sociale, les ressources financières, etc., parce que sans bon caractère, aucun de ces autres avantages ne peut vraiment être mobilisé pour la cause. Covington ne parle pas seulement des vertus classiques de courage, de maîtrise de soi, et de sagesse, mais aussi de traits comme la maturité et la capacité à travailler avec les autres dans le monde réel, plutôt que simplement dans le cybermonde du mouvement d’aujourd’hui. Covington est un admirateur de Xénophon, qui enseigne que l’armée ayant le plus fort caractère a l’avantage, les autres choses étant égales.

(3) La Révolution doit être sobre. Avec la question du caractère vient l’une des meilleures propositions de Covington, l’Ordre Général n° 10 : pour la durée de la lutte, les forces de la NVA ne doivent consommer ni alcool ni drogues. Il y a trois bonnes raisons à cela. D’abord, la boisson et les drogues réduisent l’efficacité et faussent le jugement, ce qui peut conduire au désastre. Ensuite, sans parler des conséquences, l’ordre d’abandonner la boisson et les drogues fait comprendre d’une façon très concrète que cette lutte est une affaire sérieuse. En demandant des sacrifices à ses membres, la NVA exige un plus grand respect et un plus grand dévouement. Enfin, elle rejette les gens qui ne sont pas sérieux, ceux qui préfèrent la satisfaction personnelle à la survie raciale.

(4) Neutralité religieuse. Covington est inflexible sur le fait que le mouvement nationaliste blanc doit être neutre concernant les questions religieuses. L’objectif du nationalisme blanc est de créer une patrie blanche. C’est un objectif politique concret que des gens ayant des croyances largement divergentes peuvent rechercher pour de nombreuses raisons différentes. Il est plus important de travailler ensemble pour le même but, qu’avoir les mêmes raisons de le rechercher. La religion en particulier n’est pas un sujet qui puisse être discuté rationnellement, donc rien de bon ne peut venir de discussions à son sujet. Par conséquent, le sujet devra être évité. De plus, le mouvement doit prendre un soin particulier à ne pas être, ou sembler être, opposé à la religion de la majorité des Blancs : le christianisme.

(5) Combattre intelligemment et avec peu de moyens. Il est possible pour une petite force de guérilla de vaincre une force bien plus grande en combattant plus intelligemment. La NVA ne recrute pas des drogués à l’adrénaline impulsifs ou des bersekers avec des désirs de mort. Elle ne demande pas aux gens de se porter volontaires pour des missions suicides et des derniers carrés. Elle ne demande pas aux soldats de mourir pour une patrie blanche – bien qu’ils connaissent tous les risques. Au contraire, elle demande aux soldats de faire en sorte que ce soient leurs ennemis qui meurent pour une patrie blanche, tout en préservant leurs propres vies précieuses pour continuer à combattre. La NVA recherche chaque occasion d’obtenir de grands bénéfices à faible coût ou sans coût. Téléphoner pour provoquer une fausse alerte à la bombe ne coûte rien à la NVA, mais cela coûte beaucoup à l’ennemi en argent et en personnel. La société technologique moderne est tellement complexe et interdépendante qu’un petit acte de sabotage peut avoir des conséquences énormes et coûteuses. C’est pourquoi Covington nous rappelle fréquemment que dans une telle guerre, ce ne sont pas les généraux qui capitulent, mais les comptables.

(6) Choisir ses cibles avec soin. Le but de la NVA est une patrie blanche. Elle ne peut pas réussir cela en s’aliénant la masse populaire blanche. Par conséquent, la NVA choisit ses cibles avec soin et cherche à rendre le travail du régime plus difficile tout en minimisant les dommages pour les civils blancs. Ses cibles principales sont les fonctionnaires et les collaborateurs actifs du régime. Il cherche aussi à chasser les non-Blancs en tarissant leurs sources d’emplois et leurs réseaux de soutien social. La NVA cherche aussi à éviter de causer la mort ou des blessures aux enfants de toutes ethnies, parce que cela provoque de la sympathie envers les non-Blancs et fait ressembler la NVA à des monstres. Pour les mêmes raisons, la NVA évite aussi de cibler les avions de ligne civils et les figures et bâtiments religieux, aussi détestables soient-ils.

(7) Donner des bénéfices concrets aux Blancs. La NVA ne fait pas que combattre le système. Elle cherche aussi à donner des bénéfices tangibles aux masses populaires blanches. En poussant les non-Blancs au départ, la NVA produit des occasions d’emplois et d’élévation des salaires pour les Blancs, des taux de crime plus faibles, et une communauté visiblement plus homogène. En ciblant le système de perception d’impôts du régime, la NVA s’assure que les travailleurs blancs auront davantage de salaire net. Le but est de persuader les masses blanches des bénéfices du nationalisme blanc en les leur attribuant réellement durant la guerre elle-même. C’est l’une des manières dont la NVA se positionne de sorte à émerger à la fin de la lutte comme le gouvernement d’une nouvelle nation.

(8) Détruire la crédibilité du Système. Pendant que la NVA travaille à accroître sa crédibilité vis-à-vis des masses populaires, elle travaille aussi à détruire la crédibilité du  Système en attaquant ses bâtiments, son personnel, et ses alliés. Si le système ne peut plus se protéger, les gens en concluront qu’il ne peut plus les protéger non plus. A nouveau, la NVA est sélective, se concentrant sur le gouvernement fédéral et sur celui de l’Etat plutôt que sur les gouvernements locaux. Partout où c’est possible, la NVA recherche un modus vivendi avec le personnel policier et judiciaire local. Si la police locale détourne la tête quand la NVA est aux alentours, la NVA la laissera s’occuper de la protection des citoyens.

La République réalisée

The Hill of the Ravens est une visite guidée de la République Américaine du Nord-Ouest, plusieurs décennies après sa naissance. Au début du roman, le personnage principal, le colonel Donald Redmond du Bureau de la Sécurité d’Etat, est appelé dans le bureau du Président de la République, son beau-père John Corbett Morgan. Il se voit confier une mission secrète et hautement sensible : rouvrir l’enquête sur la trahison et le massacre de la Colonne Volante Olympique, durant la guerre d’indépendance. Tom Murdock, le commandant de la Colonne Volante Olympique, et son amie Melanie Young sont parmi les plus grands héros de la République. Gertrude Greiner, qui les trahit en les dénonçant au gouvernement US, est l’une des plus grandes scélérates. Ainsi, quand Trudy Greiner refait surface après des décennies de clandestinité à Aztlan et annonce qu’elle a l’intention de revenir dans la République pour se disculper, elle menace de créer une déchirure béante dans la mythologie de la jeune nation.

De plus, si elle parvient à se disculper, cela jettera forcément l’ombre de la suspicion sur les huit autres survivants de la Colonne Volante Olympique. Durant l’après-guerre, plusieurs de ces survivants comptèrent parmi les citoyens les plus distingués de la République : l’amiral David Leach, chef d’Etat-major de la Marine de Guerre ; le major-général SS William Vitale ; Frank Palmieri, le ministre des Transports de la NAR ; le Dr. Joseph Cord, le plus brillant scientifique de la République (clairement un portrait de William Pierce, un homme que Covington méprise) ; et Dragutin Saltovic, un pianiste classique de renommée internationale. Si l’un de ces hommes était un traître, cela serait bien pire pour la République que la simple disculpation de Trudy Greiner.

L’enquête de Redmond fournit un cadre idéal pour une visite guidée de la République Américaine du Nord-Ouest – montrant le système politique, l’armée, l’économie, l’éducation, la science, la culture et la religion – ce qui est le but pédagogique de Covington (ma seule critique envers ce roman est qu’il ressemble un peu trop à une visite guidée). La NAR est une société de 40 millions de Blancs racialement conscients, venus de tout le globe. Elle a une frontière avec le Canada au nord, avec les Etats-Unis à l’est, et avec Aztlan au sud.

Parce qu’elle est un pays relativement petit entourée de voisins chaotiques et hostiles, la NAR est caractérisée par un haut niveau d’entraînement et de préparation militaires et de fortes dépenses pour la défense et la Recherche et Développement, incluant un programme spatial. La NAR a aussi un Bureau de Prévention de la Guerre, une organisation dédiée à l’assassinat des ennemis étrangers de la NAR qui tentent de fomenter des guerres contre elle. Si Saddam Hussein avait été la moitié du scélérat qui a été décrit par ses ennemis, il aurait pu sauver d’innombrables vies irakiennes – y compris la sienne – avec une telle organisation.

Le gouvernement de la NAR fournit aussi l’éducation et les soins de santé et garantit le plein emploi. Un ministre de la culture assure que les gloires de la haute culture européenne sont à la fois préservées et accessibles à tous. Dans l’une des nombreuses allusions amusantes de Covington, le ministre exerce aussi de subtiles pressions sur l’habillement et a apparemment réussi à faire revenir la mode à l’époque edwardienne ou victorienne – espérons qu’ils s’arrêteront avant de manquer de perruques poudrées, de braguettes et de bonnets à poil –, donnant au roman un ton archéofuturiste (un avantage du fascisme est qu’il donne aux mâles plus d’occasions de se costumer). La NAR est aussi une société « verte », qui donne la priorité aux transports publics, aux technologies non-polluantes, à la préservation de la nature, et utilise même les technologies de Jurassic Park pour faire revivre les espèces disparues (une  autre allusion à l’archéofuturisme).

Bien que le gouvernement de la NAR soit fort et centralisé – autoritaire, en fait –, ce n’est pas une dictature. La NAR est un régime mixte avec des branches législative et exécutive – des centres de pouvoir multiples qui se surveillent et s’équilibrent les uns les autres en accord avec la constitution de la République. Le gouvernement possède aussi une dimension populaire. Il y a le suffrage universel. Puisque les femmes ont pris les armes pour combattre pour la République, elles ont aussi le droit de vote. Mais il existe différents niveaux de citoyenneté, et les niveaux plus élevés apportent plus de votes, assurant le règne de la qualité sur la simple quantité. Bien que la NAR ait été fondée comme un Etat avec un parti unique, différentes « tendances » ont émergé dans le Parti, le transformant en fait en un système multipartite. Tout cela semble décidément étrange pour un mouvement inspiré par le national-socialisme allemand. Mais Covington affirme que la NVA ne peut réussir qu’en rejetant le Führerprinzip et en adoptant une structure cellulaire décentralisée et informe, et le régime pluraliste qu’il décrit ressemble à un développement naturel de cette stratégie organisationnelle.

La NAR, comme le mouvement racialiste aujourd’hui, est aussi divisée entre plusieurs camps religieux, les principaux étant le christianisme, l’Identité Chrétienne, le néo-paganisme, et les incroyants complets, des groupes qui sont toujours au bord du conflit. A cause de cela, la NAR assure la liberté de religion et la séparation de la religion et de l’Etat. Gérer la situation religieuse requiert un équilibre délicat parmi les dirigeants. L’une des idées les plus intéressantes et les plus amusantes et ironiques de Covington est que dans une telle situation, le national-socialisme servirait de force de modération.

Les gens d’inclination libertaire se réjouiront d’apprendre que le gouvernement de la NAR, bien que fort et influent, est aussi petit. Il y a deux raisons principales à cela. D’abord, quand on les laisse se débrouiller tout seuls, les Blancs créent la liberté ordonnée aussi sûrement que les Noirs créent le chaos, et donc il n’y a pas besoin d’un contrôle étatique sur de vastes secteurs de la vie. Ensuite, c’est lorsqu’il s’oppose au sens de la nature, et spécialement lorsqu’il tente de rendre égaux des individus et des races inégaux, que le gouvernement doit être envahissant. Quand nous abandonnons les mensonges de l’égalité et du multiracialisme et que nous laissons la nature suivre son cours, le gouvernement n’a pas besoin d’être trop volumineux. Les impôts sont faibles et l’argent est sain. Il y a tellement de liberté privée et de liberté de mouvement que la police secrète (une très petite agence, dirigée principalement contre des ennemis externes) a même du mal à localiser les individus (essayez de vous dissimuler aux yeux du gouvernement, dans le « pays de la liberté » d’aujourd’hui). Il y a la liberté religieuse et le droit de porter une arme. Covington déteste manifestement les juristes et envisage un système judiciaire minimum que tout citoyen puisse comprendre.

Bien plus important, cependant, est le fait que la République Américaine du Nord-Ouest assure la liberté positive du sain développement biologique et culturel. La NAR est une société dans laquelle les hommes sont libres d’être des hommes ; les femmes libres d’être des femmes ; et les enfants libres de grandir dans un environnement sain et beau, libéré du chaos et de la violence, de la drogue et de la dégénérescence, de la mauvaise nourriture et de la culture décadente de l’Amérique. C’est une société où les Blancs sont libres d’agir en accord avec leur sens inné de l’honnêteté ; de créer en accord avec leur sens inné de la beauté ; d’appliquer leur génie à découvrir les secrets de la nature et à résoudre les problèmes de la vie ; de donner libre cours à leur esprit de quête et d’aventure.

Le pire aspect de la vision de Covington est sa fantaisie de vengeance du « jour de la corde », qui tient plus de la superstition et de l’autosatisfaction de l’Ancien Testament que de la raison aryenne. Cela ne peut que dégoûter des lecteurs potentiellement sympathisants et rendre plus facile le travail de nos ennemis. Ici la NAR n’est plus une utopie. Mais même avec ses imperfections, Covington nous a donné une vision – peut-être même un mythe transformateur du monde – qui mérite d’être pris au sérieux.

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Je recommande fortement le Northwest Quartet. En plus d’être distrayantes et informatives, ces nouvelles présentent un autre avantage important. Le Nationalisme Blanc est presque entièrement un mouvement virtuel d’individus géographiquement dispersés et reliés par l’internet et les publications écrites. Il y a très peu de communauté réelle et d’activisme dans le monde réel. De ce fait, le mouvement a un ton dominant d’autosatisfaction et de frivolité. Que l’on accepte finalement ou pas la vision de Covington, personne ne peut lire ces livres sans en sortir avec une attitude beaucoup plus sérieuse sur le Nationalisme Blanc et avec la conviction que nous avons besoin de communautés réelles, d’activité réelle, de dévouement et d’abnégation réels. Le meilleur compliment que je puisse peut-être faire à ces livres, c’est qu’ils sont tellement subversifs qu’un jour ou l’autre le gouvernement devra les interdire. Donc commandez vos exemplaires aujourd’hui.