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L’Esprit Combatif Européen

2,309 words

Traduction de l’anglais : Pia Chantre; English original here

Précisions de l’auteur :

Il s’agit ici du texte de mon discours à la première Conférence du Réveil (The Awakening Conference), qui s’est tenue à Helsinki (en Finlande) le 8 avril 2018. Le sujet qui m’avait été donné de présenter était l’Esprit combatif européen. Comme à mon habitude, j’ai un peu improvisé à partir du texte que j’avais préparé. J’aimerais remercier ici les organisateurs de la Conférence du Réveil, les 200 et quelques personnes qui étaient présents à ce rassemblement et les lecteurs de Counter-Currents, car c’est grâce à leurs dons que ce voyage a été rendu possible.

« Chante, Ô déesse, du Pèlèiade Achille la colère désastreuse, qui de maux infinis accabla les Achéens, et précipita chez Adès tant de fortes âmes de héros, livrés eux-mêmes en pâture aux chiens et à tous les oiseaux carnassiers ». Par ces mots débute l’Iliade d’Homère, le premier livre de l’Occident. Achille était le plus puissant guerrier des Achéens, mais son esprit combatif s’est cependant changé en colère destructrice lorsqu’il a été déshonoré par Agamemnon.

Des bourgeois maigrichons, buveurs de soja, enroulés dans d’énormes écharpes, un petit sac à main à leurs bras ballants, arborent des pancartes estampillées « Refugiés Welcome ». Les pancartes de ces cucks hipsters, qui affichent de façon frénétique leur soumission au Coran, au mondialisme et au multiculturalisme, annoncent-elles la fin de l’Occident ?

Pas si nous pouvons l’empêcher.

On m’a chargé aujourd’hui de parler de l’Esprit combatif européen. La crise actuelle de l’Occident est une crise à la fois du nationalisme et de la masculinité. Il est intéressant de noter que même la Gauche mondialiste qualifie de toxique à la fois la masculinité et le nationalisme. Mais quel est donc le lien entre masculinité et nationalisme ? Le nationalisme, c’est l’amour de son peuple, de sa tribu. Le nationalisme, c’est la partialité particulière que l’on a à l’égard de son propre peuple, au détriment des étrangers. Le nationalisme, c’est la volonté de prendre le parti des nôtres dans un combat. Et à qui donc incombe la charge de combattre pour sa tribu ?

C’est aux hommes.

Le fait que le rôle de guerrier soit typiquement masculin n’est pas une simple construction sociale. Il prend racine dans la biologie même. Les hommes sont biologiquement plus enclins à se battre. Nous sommes plus agressifs. Nous avons un esprit combatif, en lien direct avec les hormones de la testostérone. Les hommes sont également physiquement plus aptes au combat. Et d’un point de vue reproductif, les hommes ont une plus grande capacité d’expansion en termes de survie de la tribu. (Un homme pourra avoir plus d’enfants qu’une femme, donc une société pourra se permettre de perdre plus d’hommes que de femmes lors d’une guerre). Dès lors, il est parfaitement logique que les mondialistes, qui souhaitent effacer les distinctions entre les nations et les tribus et créer un monde unifié et uniformisé aient déclaré la guerre à la masculinité en la stigmatisant et en faisant la promotion du féminisme, de l’androgynie et de la confusion des rôles et de l’identité particulière des sexes.

Ces dernières années, des études alarmantes ont fait état d’une perte de fertilité chez les hommes blancs et chez les asiatiques qui vivent dans les sociétés industrielles avancées. Ce déclin est constatable dans la décroissance à la fois de leur taux de testostérone et du nombre de leurs spermatozoïdes. Pour expliquer cette tendance, on a avancé les hypothèses de régimes alimentaires ou de causes environnementales, mais tous les poisons ne sont pas forcément chimiques. L’esprit et le corps interagissent de façon complexe et de multiples manières. Il n’est dès lors pas surprenant que cette guerre psychologique acharnée contre la masculinité exige aussi des hommes qu’ils payent un tribut d’ordre physique.

La guerre idéologique contre la masculinité est beaucoup plus ancienne qu’on ne pourrait le penser. Elle a commencé avec le monde moderne. Et en comprendre les racines profondes nous éclairera dans la recherche d’une solution.

Comme c’est le cas de la plupart des récits centralisateurs qui émaillent l’histoire des idées, celui-ci débute avec Platon. Dans La République, Socrate divise l’âme humaine en trois parties. Il y a la raison – la faculté de penser – associée à la tête. Il y a le désir – qui est en quête de ce qui est nécessaire à la vie, et sert les instincts de préservation de soi. Le désir est associé au ventre et au bas-ventre.

Les concepts de raison et de désir nous sont familiers à tous. Mais combien d’entre nous ont entendu parler de la troisième partie de l’âme humaine selon Platon ? Elle s’appelle le thumos, que l’on traduit en général par « esprit ». Mais il ne s’agit pas là de l’esprit dans un sens immatériel comme une sorte de fantôme. Au contraire, on parle de quelque chose de plutôt physique, tangible. Il s’agit ici d’esprit d’équipe ou d’esprit combatif. Platon l’a localisé dans la poitrine, dans le coeur, là où l’on ressent la colère, à l’endroit où l’on ressent aussi la fierté.

Pour Platon, le thumos est un amour fervent pour ses semblables : pour son propre honneur, sa propre famille, sa propre tribu. Le thumos est toujours partial, particulier, tribal. Pour Platon et Aristote – et plus tard pour Carl Schmitt – le thumos est le fondement même de la politique, qui comprend toujours une part de partialité, de parti pris, une distinction entre nous et eux : les autres. Les femmes possèdent aussi unthumos, mais le thumos concerne principalement la masculinité, parce que c’est l’homme qui, en première ligne, se bat pour l’honneur, la famille et la tribu.

Si Platon estimait qu’il y avait trois parties dans l’âme humaine, il distingue aussi trois types fondamentaux d’hommes, en fonction de la partie de leur âme qui agit le plus en eux : la raison, l’esprit ou le désir. Bien sûr, il arrive que les différentes parties de l’âme soient en conflit. Par exemple, votre désir pourra vous inciter à boire trop, mais votre raison vous dira « non ». Votre désir de vous préserver pourra vous inciter à refuser un combat, mais votre sentiment de fierté vous dira non. Votre sentiment de fierté pourra vous inciter à chercher la confrontation, mais votre raison mettra son veto s’il lui semble alors stratégiquement plus raisonnable de se replier. La partie de l’âme qui tend à gagner dans ce genre de conflits intérieurs est celle qui est dominante chez vous et qui détermine votre caractère fondamental.

Le grand philosophe idéaliste allemand Hegel estimait que le thumos était la force motrice de l’histoire. Pour Hegel, l’histoire est née d’un duel à mort pour l’honneur. Ceux qui font passer leur honneur avant même la vie sont dirigés par l’esprit. Ceux qui seraient prêts à supporter le déshonneur pour conserver leur vie sont dirigés par le désir. Et l’homme qui considère que la mort vaut mieux que le déshonneur est libre. Alors que l’homme qui préfère le déshonneur à la mort a une nature d’esclave.

Pour Hegel, l’histoire a commencé lorsque les êtres humains ont placé la vie et le désir sous l’autorité des parties supérieures de l’âme : la raison, l’imagination, l’esprit. Le désir est un instinct de préservation de soi. Le thumos est un instinct de dépassement de soi, qui peut même aller jusqu’au sacrifice. Le désir est en quête de ce qui est strictement nécessaire à la vie. La raison et le thumos ouvrent sur le monde du non-nécessaire, du superflu : ce qui est un luxe, le beau et inutile, ce qui compose le domaine culturel. Bien entendu, la culture n’est « inutile » que du point de vue du désir. Mais elle sert de plus nobles causes : la culture est le moyen par lequel les parties de l’âme les plus spécifiquement humaines – l’esprit et la raison, s’expriment et se comprennent l’une l’autre.

L’histoire humaine est faite de l’ensemble des efforts entrepris pour atteindre la vérité et la gloire. Elle ne peut pas être comprise d’un point de vue purement matérialiste. Et cependant, la plupart d’entre nous n’a jamais entendu parler du thumos. Mais force est de constater que nous ne savons plus vraiment ce que l’honneur et le patriotisme veulent dire. Nous ne sommes plus à l’aise avec l’idée d’amour de nos semblables – la préférence pour notre famille, notre tribu, notre nation, notre race. L’idée d’abnégation, de sacrifice de soi peut même nous apparaitre comme une forme de fanatisme proche de la folie. Nous ne sommes plus le même peuple que celui qui se battait en duel pour l’honneur et qui a élevé des monuments à la gloire de ses héros. Mais que nous est-il donc arrivé ?

Pour répondre à cette question, nous devons comprendre l’origine du libéralisme moderne. Platon enseignait que la cité était l’incarnation de l’âme, mais en grand. De la même manière qu’un individu peut être dirigé par sa raison, son esprit ou son désir, une société est elle-aussi régie par des hommes qui suivent en premier lieu soit leur raison, soit leur esprit, soit leur désir. On trouve les fondements ultimes de toute constitution politique dans la composition morale de son peuple. Dès lors, pour se protéger, un régime politique doit marquer de son empreinte le caractère même de ses citoyens, et lorsque le caractère d’une population change, c’est qu’un changement de régime n’est pas loin.

Avant l’apparition du libéralisme, c’était une alliance du Trône et de l’Autel qui dirigeait l’Europe. Pour les aristocrates, l’honneur était le bien suprême. Et malgré le fait qu à proprement parler, le christianisme ne soit pas une vision rationnelle du monde, c’était un système de pensée qui soumettait le désir et le thumos à ses impératifs. Les fondateurs du libéralisme avaient alors compris que pour renverser l’ordre établi de la société en place, c’était l’ordre même de l’âme des hommes qu’il fallait renverser : c’est à dire faire tomber l’autorité de la raison et du thumos et la remplacer par l’autorité du désir.

La raison, qui avait auparavant le pouvoir de faire les lois et de créer les valeurs, a vu son statut rétrogradé à celui de simple faculté technique et instrumentale de satisfaction du désir. Comme Thomas Hobbes l’a dit, depuis lors, la raison est aux passions ce que sont « les éclaireurs et les espions » à un général d’armée. Ou, comme David Hume l’a dit, « la raison est, et elle ne peut qu’être, l’esclave des passions ».

Le thumos a été relégué par Hobbes au rang de « fierté et vaine gloire ». La finalité du libéralisme, selon John Locke, était de protéger « l’industrieux, le laborieux et le raisonnable » (ceux qui font usage de leur raison pour satisfaire leurs désirs) de l’interférence des « querelleurs et des chicaneurs » (ceux qui prennent les idées et l’honneur au sérieux).

De cette réorientation des priorités de l’âme humaine est né l’homme bourgeois moderne, pour qui la quête de richesse matérielle, de sécurité personnelle et de longévité éclipsent toute question de principe et de patriotisme. En 2016, nous avons connu aux Etats-Unis une élection présidentielle très disputée, au cours de laquelle la question centrale était de savoir si la préservation de notre identité nationale avait plus d’importance que l’accès à des biens et à des services bon marché. Les gentils ont remporté la victoire sur le fil du rasoir, mais il est évident que nombre d’Américains, même pour sauver leur nation, ne seront jamais prêts à sacrifier quelques dollars, et encore moins de faire le sacrifice de leur propre vie.

D’un point de vue aristocratique, le bourgeois a une nature d’esclave. Il supportera tous les déshonneurs possibles tant qu’il pourra conserver sa pension de retraite et un taux de crédit au plus bas. Il préfèrera tomber raide mort sur un terrain de golf plutôt que mourir au champ d’honneur.

Ceux qui nous dirigent actuellement comptent là-dessus. Et notre remplacement ethnique en dépend.

Quelle est la place de la masculinité dans la société bourgeoise moderne ? Elle ne peut être totalement supprimée. En effet, les oligarques ont parfois besoin de faire appel à elle pour que nous allions faire les guerres qu’ils déclarent. Donc, la masculinité doit en fait être contrôlée. Nos sociétés modernes canalisent notre instinct de combat pour l’honneur en encourageant la compétitivité dans le milieu professionnel, lors d’évènements sportifs ou dans notre quête de symboles de prestige social.

Mais dans l’ensemble, la masculinité doit être purement et simplement éliminée. On ne nous apprend pas le sens du mot honneur, ni la place qu’il devrait avoir dans une civilisation. La quête de l’honneur est alors réduite à une pathologie mentale comme le sont devenu l’ »ego » ou le « narcissisme ». Les garçons plein d’esprit sont désormais diagnostiqués comme souffrant d’un TDAH (Trouble Déficit de l’Attention Hyperactivité) et mis sous médicaments. Comme C. S. Lewis l’a observé, les bourgeois modernes sont des « hommes sans coeur », ou, pour l’exprimer dans un langage plus fleuri : des hommes sans couilles. Il y a depuis, en nous, un endroit vide là où l’on trouvait auparavant l’honneur et la masculinité.

Alors, comment réveiller l’esprit combatif européen ?

La première étape est de prendre conscience de ce qui nous a été volé. La psychologie platonicienne détient beaucoup plus de vérité et de puissance explicative que toutes les théories de Freud ou de Jung. Dès que nous nous serons réapproprié le concept de thumos et le langage de l’honneur, nous comprendrons que nous pouvons être plus que de simples producteurs-consommateurs intelligents mais à la nature d’esclave dans une société de conditionnement mental. Il nous est aussi possible d’être des guerriers et des idéalistes, des hommes prêts à se battre et à mourir pour des questions d’honneur, de principe et de patriotisme. Pour être libre, vous devez connaitre les options qui s’offrent à vous. Dorénavant, vous savez que vous avez un choix. La Finlande, le pays du Black Metal, ne manque pas de thumos, c’est certain, et si vous avez fait l’effort de venir dans cette salle aujourd’hui, je n’ai aucun doute sur le type d’homme vous allez choisir d’être.

Source: http://grandfacho.com/a-court-terme/

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