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De donneur de savoir à donneur de lois :
l’histoire de Woden

2,788 words

Dans la mythologie nordique telle qu’elle nous a été transmise dans les travaux de Snorri Sturluson et les vers sur lesquels il basait ses récits, le dieu suprême de la religion scandinave préchrétienne était Odhinn – chef des dieux, père du clan des Aesir. C’est le dieu de la magie, de la connaissance, de la mort, favori particulier des rois et des guerriers dont il incarne les caractéristiques idéales : ingéniosité, habileté et ruse. Il voyage parmi les hommes en portant son chapeau à larges bords et un grand manteau pour cacher son œil manquant, sacrifié dans le Puits de Mimir en échange de secrets supplémentaires.

Cette image islandaise date du XIIIe siècle. Dans quelle mesure cette version du dieu suprême correspond-elle aux indications laissées sur lui antérieurement et à d’autres endroits ? Quelle est vraiment l’origine d’Odhinn ?

Les premières références aux croyances populaires germaniques – se trouvant dans l’ouvrage quasi-ethnographique de P. Cornelius Tacitus, Germania – ne nomment pas les dieux et les autres êtres faisant l’objet d’un culte parmi les peuples germaniques de son époque, le premier siècle après J.C. Mais l’auteur romain interprète les déités germaniques natives comme des homologues des dieux romains. On suppose généralement que lorsqu’il dit des Germains qu’ils adorent Mercure, cela désigne probablement la figure pré-odinique dont le nom reconstruit est *Wodhenaz. De nombreuses études ont été consacrées à ce qu’ils croyaient concernant cette figure, ce que leurs mythes disaient d’elle et comment elle interagissait avec les hommes.

Il semble raisonnable de supposer que ce pré-Odhinn prenait part à une version précoce du mythe de création. Cette supposition est basée sur les indications de la tradition nordique. Dans le cycle des récits nordiques, Odhinn est partout, il est le principal moteur dans beaucoup de récits et le chef des dieux. Il est rarement décrit dans le rôle passif d’un monarque distant parmi sa cour. Du fait de son implication dans la plupart des récits qui nous sont parvenus, on pourrait dire qu’il ne participait pas originellement à la création et qu’il fut introduit par convention, ou qu’il remplaça même l’une des figures plus obscures du cycle mythique. Pourtant un facteur pèse fortement en sa faveur : dans le mythe il est dit qu’Odhinn agit avec ses frères Vili et Vé. Les noms des trois frères sont en islandais médiéval, bien sûr, mais en projetant ces noms en arrière jusqu’à l’époque de Tacite, en défaisant tous les changements phonétiques qui sont intervenus, nous trouvons que dans le mythe d’origine ils étaient appelés *Wodhenaz, *Wiliz et *Weihaz – tous allitérés sur « w- ». C’est le genre de détail qu’un conteur ultérieur pourrait probablement élaborer – pour harmoniser les trois en changeant les noms des deux autres frères en des noms plus transparents commençant aussi par une voyelle. Le fait que la tradition s’est maintenue (et que les conteurs de l’Age Viking n’auraient probablement pas inventé un détail aussi incongru) plaide en faveur d’une certaine antiquité de ce facteur. La place d’Odhinn dans le mythe de création semble remonter au moins à l’époque où son nom commençait encore par « W- » ; cela peut être daté du VIIIe siècle environ pour le Danemark, mais il est beaucoup plus difficile d’être aussi précis pour les régions du nord-ouest (Norvège) d’où sortirent les dialectes islandais originels. Il est néanmoins raisonnable de dire qu’en termes généraux l’association des trois noms divins doit remonter au-delà du VIIIe siècle.

Dans les dialectes allemands le nom apparaît sous la forme de Votan, Uotan et en anglais comme Woden. S’il n’y a pas un vaste ensemble de récits attachés à lui dans la tradition continentale allemande ou dans la tradition anglaise survivantes, il y a suffisamment de fragments pour démontrer que son nom était davantage qu’une curiosité obscure datant d’une époque oubliée. L’ancien allemand (vieux-haut-allemand), par exemple, en adoptant la semaine de sept jours d’après le calendrier romain, refusa de désigner le quatrième jour par le nom de ce dieu, et adopta à la place le terme inoffensif « milieu de semaine » (Mittwoch en allemand moderne) plutôt que de continuer l’association avec Uotan. En Angleterre, où le processus de conversion religieuse fut plus accommodant pour les sensibilités natives, le jour conserva le nom de Wodnesdaeg, « Wednesday » en anglais moderne. Quant aux traditions de fêtes rituelles et d’écriture runique, qui furent adoptées par la première Eglise anglaise, les vieilles coutumes furent continuées sous une nouvelle apparence.

Que signifie Wodhenaz ? La forme du mot *wodhenaz est intéressante en elle-même. Elle peut être grosso modo traduite par « maître de l’excitation », venant du mot *wodhaz qui possède une série de sens liés à l’inspiration, l’incantation, l’initiation aux mystères sacrés. En vieil-anglais il y a deux formes associées. Le premier mot associé wodh signifie « chant » et « musique », mais un wodhbora (porteur de wodh) est un « prophète » ou « devin ». L’implication est que wodh est associé au chant et à l’activité mentale inspirée, au voyage extatique, vers les royaumes du guerrier du rêve et du chaman. L’autre mot associé est l’adjectif wod qui signifie « en colère, enragé » ou mieux, « insensible ». Le verbe dérivé wedan signifie « se mettre en colère, perdre le contrôle de ses sens, devenir fou » et ici encore il y a un élément de l’état hautement excité ou agité qui semble correspondre à la figure du chaman. Durant son voyage spirituel il pouvait d’abord devenir ivre ou convulsé, puis tomber dans un état de torpeur pendant que son âme voyageait au loin. *Wodhenaz est alors le maître et le donateur de ces conditions mentales, le dieu qui entre dans l’esprit du chaman et qui en prend le contrôle spirituellement et physiquement.

Le terme *wodhenaz indique alors celui qui est imprégné de sa qualité, qui personnifie et représente ces pratiques. Beaucoup de sociétés ont un dieu ou des dieux dont la zone d’intérêt se trouve dans le monde du voyage spirituel ; on ne sait pas clairement si c’est cela que Mercure représentait pour les Romains, mais il y a cependant des points de contact entre ce dieu et le*wodhenaz germanique. L’un est le lien du dieu avec la connaissance sacrée et avec l’écriture ; un autre est l’adoption de son culte par l’armée. Dans le cas de Mercure cela fut surtout évident en Gaule où les autorités militaires gallo-romaines encouragèrent le culte du dieu.

Dans une récente étude sur l’apparition de la bande guerrière germanique et son culte, Enright suggère que tous les attributs d’Odhinn – incluant son œil unique, son chapeau, sa lance, son arrière-plan militaire, ses associations surnaturelles, ses compagnes prophétesses – sont directement attribuables au culte encouragé par le gouverneur batave Julius Civilis dans une tentative d’unir les tribus germaniques rhénanes en une force militaire cohésive pour chasser les autorités impériales romaines. Son modèle, suggère Enright, était le culte du Mercure gaulois adopté par les bandes guerrières celtiques de la fin de la culture de La Tène, laquelle fut à l’origine de l’introduction de nouvelles modes en armures et en armes pour le Bas-Rhin. Travaillant à partir de la liste des surnoms odiniques trouvés dans les récits nordiques, il sélectionne des termes spécifiques comme Grimr, « masqué », et les associe à des aspects de la vie et de la campagne de Civilis. Civilis lui-même évoqua délibérément l’affection, proche du respect religieux, que les Celtes de la région du Rhin avaient pour une figure locale antérieure, Sertorius, qui était borgne et qui était un chef militaire habile. Le livre d’Enright est un examen fascinant de la bande guerrière et de son commandement, mais sa conclusion semble aller au-delà des indications disponibles.

Les indications anglaises pour Woden ne sont pas nombreuses. Il y a une poignée de références dans la littérature vieille-anglaise, presque toutes dans des généalogies de lignées royales où le nom apparaît comme celui d’un « glorieux ancêtre », aux cotés de nombreux autres noms venant d’un passé lointain. Un manuscrit médical contient un charme où le dieu est mentionné dans son combat contre le serpent (le pouvoir apotropaïque du dieu, invoqué contre les pouvoirs de la maladie et du malheur). Un vers gnomique fait allusion à lui : woden worhte weos, « Woden a fait des idoles », pour le mettre en opposition avec le Christ qui faisait des merveilles.

Les indications iconographiques sont peut-être plus abondantes, bien que l’identification soit moins certaine : les plaques de métal portant des images venant du casque et d’autres trésors de Sutton Hoo, la boucle de Gilton et de nombreuses autres découvertes de la période païenne présentent de petites figures qui pourraient plausiblement être identifiées avec le dieu. Aucun d’entre elles ne semble être borgne, ce qui peut être significatif en soi. L’idée selon laquelle Odin aurait toujours été borgne a été contestée (Stone, 2001). Si c’est un trait incontestable des récits islandais, où il est dit que son œil a été donné à Mimir en échange de connaissance, cela n’est pas si évident dans d’autres sources. Les références de Saxo dans sa Gesta Danorum ne sont pas très utiles car il représente Othinus comme un roi humain qui, par sa grande habileté et sa grande sagesse, fut vénéré d’une manière posthume comme un dieu par son peuple. Il est décrit dans des termes généralement favorables, est beau et aucune mention n’est faite d’un œil manquant. Il faut souligner que Snorri est ambigu aussi : il fait la distinction entre un sorcier borgne Odin qui est sinistre et qui aime la guerre, et un beau et royal Odin qui est le chef des dieux. Il se peut que Odin n’ait pas toujours été une figure borgne, ni dans toutes les circonstances, après tout.

Les premières références picturales qui pourraient être interprétées dans le sens d’un œil unique sont les bractéates du Danemark, de la Scandinavie du Sud et de l’Angleterre. Ces petits pendentifs en forme de disque, en or ou en électrum, étaient produits dans des buts inconnus durant les Ve et VIe siècles ; beaucoup ont été retrouvés dans des contextes apparemment votifs. Ils présentent souvent un art animal de Style I, mais une proportion importante représente de petites scènes de signification apparemment cultuelle ou religieuse.

Un grand groupe avec de nombreuses variantes montre une tête humaine de profil au-dessus d’un quadrupède, qui est souvent dépeint avec une patte traînante. Cela a été considéré comme une ancienne référence au mythe évoqué dans le Premier Charme de Merseburg, où Uodan chante des charmes pour guérir les tendons déchirés de son cheval. Des versions de ce récit furent collectées par des folkloristes en Angleterre au XIXe siècle, et sur cette base on a supposé qu’il était jadis un mythe très commun invoqué durant les procédures médicales (Pollington, 2000). Cependant, il y a plusieurs faiblesses dans l’identification de cette figure avec Woden. D’abord, la tête montrée de profil a souvent un œil proéminent, mais il n’y a pas moyen de déterminer si l’artiste voulait représenter le sujet comme borgne. Il n’y a pas de figures connues avec un « vide » à l’endroit où l’œil devrait être, et un artiste désirant souligner l’absence d’un œil aurait dû montrer le visage de face. Ensuite, l’animal montré au-dessous de la tête est souvent de type chevalin, mais dans de nombreux cas il a un petit appareil en forme de « U » entre les oreilles et un pendentif triangulaire au-dessous du menton ; cela suggère un bouc (avec des cornes et une barbe) plutôt qu’un cheval. Il n’y a pas d’association connue entre Odin et le bouc, mais il y a un récit nordique dans lequel le dieu Thorr guérit la patte de son bouc après qu’il ait été accidentellement estropié par le fils d’un fermier. Les têtes en bractéate ne sont pas fortement liées avec ce que nous savons de Thorr, il faut le dire : elles ne sont pas barbues et il n’y a pas d’allusion au marteau, Mjöllnir, qui est le symbole et l’arme du dieu. Cependant, l’iconographie des bractéates présente souvent le svastika ou la croix crochue qui a été vue comme une représentation symbolique du marteau du dieu.

L’œil proéminent des figures de bractéate ne fait donc pas forcément allusion à Odin, mais pourrait-il faire allusion à Thorr ? Il y a deux références qui font allusion aux yeux de Thorr. L’une est un texte runique : gliaugir uiu r[u]n[o]r, « [Moi aux] yeux brillants [je] consacre [les] runes », sur la bractéate de Dannenburg. Une autre est l’histoire de l’escapade et du travestissement de Thorr racontée dans le poème de la Thrymskvidha, où le dieu voyage sous un déguisement pour reprendre son marteau au géant Thrym, qui désire marier Freyja. Thorr s’habille avec une robe et un voile de mariage, et quand le géant soulève le voile pour avoir un baiser de sa promise, il est consterné par le regard féroce et brillant émanant de sa future épouse. Ce motif des « yeux brillants » n’est pas accidentel : certaines des marteaux-amulettes trouvées dans des contextes scandinaves représentent une paire d’yeux proéminents sur le manche, suggérant que son regard féroce était un trait fort du culte du dieu.

Les premières représentations d’un dieu borgne dans des contextes scandinaves datent de la fin de la période Viking, à partir du XIe siècle et après. Même ici, il y a matière à débat : par exemple, la tête gravée du XIIIe siècle sur l’église de Hegge en Norvège décrit une figure avec un seul œil et une langue pendante. L’« œil » droit est présent sous forme d’une fente plutôt que comme une orbite vide, ce qui pourrait tout aussi bien représenter un visage avec un œil fermé.

Conclusion

L’ascension d’Odin à sa position de chef du panthéon nordique dans la collection médiévale d’histoires et de poèmes de Snorri peut avoir été un événement relativement récent, datant probablement de l’époque Viking. Cependant, les indications du manuscrit anglais livrent une histoire différente. Ici, Woden se trouve à la tête de toutes les généalogies royales, sauf une (la seule exception est la maison royale est-saxonne, qui faisait remonter sa lignée à Seaxneat, une figure connue dans les documents vieux-saxons sous le nom de Saxnot et supposée être le dieu tribal du peuple saxon). Ces généalogies anglaises semblent être une tradition authentique datant du VIIe siècle, bien qu’elles pourraient être plus anciennes. Leur forme est largement fixée au VIIIe siècle et les développements après cette date consistent surtout à faire remonter Woden à quelque ancêtre biblique ; en d’autres mots, la partie entre les figures historiques connues et Woden était « fixée » et le seul espace libre pour ajouter des noms était à l’origine, avant Woden, dans le passé mythique.

Il semble donc probable qu’il y avait un lien entre Woden et la royauté elle-même. Kershaw et Enright en parlent tous deux. La figure originelle *Wodhenaz était un donneur de savoir, un tuteur, un guide chamanique, un mentor pour les jeunes hommes de la tribu qui subissaient une période soutenue d’initiation en vivant à la dure dans les bois, dans un groupe connu sous le nom de *koryos. Quelque part entre le IIe et le Ier siècle avant J.C., cette institution se transforma et, d’un rite d’intégration sociale, devint une institution purement ou principalement militaire ; de même, son chef passa du statut de « fontaine de sagesse » à celui de « chef des guerriers », et la déité principale conserva son rôle de dieu de la magie mais ajouta de nouveaux talents importants dans l’attribution des victoires militaires. Le *koryos originel, « groupement social de jeunes hommes attendant l’initiation », devint le *xarjaz germanique, « groupe de jeunes guerriers ». Durant la période romaine, la royauté germanique s’inspira de ce modèle, et le dieu de la bande guerrière devint le dieu des souverains et de l’élite sociale.

La montée de Woden en statut reflète alors l’importance accrue des bandes de jeunes guerriers et de leurs chefs, qui parvinrent à transformer la carte politique de l’Europe entre le Ier et le VIIIe siècles, transformant les anciens territoires impériaux, dominés par les Romains, en groupements plus autosuffisants et plus autocentrés. Si des dirigeants politiques cherchèrent souvent à étendre et à accroître le territoire se trouvant sous leur domination, une tendance inverse s’y opposait : la conservation d’unité territoriales gérables et d’institutions politiques utiles et appropriées. L’histoire de l’Europe depuis la chute du pouvoir romain démontre clairement que c’est une quadrature du cercle qui ne peut jamais être réalisée.

Références

Enright, Michael J. The Lady with the Mead Cup (Dublin: Four Courts Press, 1996).

Gordon, E.V. Introduction to Old Norse (Oxford: Oxford Univ. Press, 1962).

Kershaw, Kris. The One-Eyed God (Washington, D.C.: Journal of Indo-European Studies, 2000).

Pollington, Stephen. Leechcraft: Early English Charms, Plantlore and Healing (Hockwold-cum-Wilton: Anglo-Saxon Books, 2000).

Stone, Alby. “Odin’s Lost Eye”, in 3rd Stone (issue 41, 2001).

 

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