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The Dark Knight

The-Dark-Knight-poster3,987 mots

English original here

Dans ma critique du Batman Begins de Christopher Nolan, j’ai affirmé que le film génère un conflit spectaculaire autour des enjeux les plus élevés qui soient : la destruction du monde moderne (symbolisé par Gotham City) par la “Ligue des Ombres” Traditionaliste contre sa préservation et son amélioration “progressive” par Batman.

J’ai aussi affirmé que la transformation de Batman en un Übermensch Nietzchéen était incomplète, puisqu’il acceptait toujours l’éthique régnante égalitaire-humaniste qui a dévalué son effort et ses réalisations surhumaines même, puisqu’ils les plaçaient au service des petites gens de Gotham.

Ce conflit latent entre une éthique aristocratique et égalitaire devient explicite dans la suite à couper le souffle The Dark Knight (2008), qui est certainement le plus grand film de superméchant jamais tourné. (Le plus grand film de superhéros doit être le film de Zack Snyder, Watchmen [2009].)

Alerte spoiler : Si vous n’avez pas encore vu le film, stoppez maintenant.

Philosopher avec de la Dynamite

La vrai star de The Dark Knight est Heath Ledger sous les traits du Joker. Le Joker est un philosophe Nietzschéen. Dans la scène d’ouverture, il emprunte l’aphorisme de Nietzsche, “Ce qui ne me tue pas, me rend plus fort,” en le bouleversant : “Je crois que ce qui ne te tue pas, te rends plus… étrange.” Suivant Nietzsche, qui philosophait avec un marteau, le Joker philosophe avec des couteaux aussi bien qu’avec “de la dynamite, de la poudre, et. . . . de l’essence!”

Oui, c’est un criminel. Un meurtrier de masse sans pitié et désinvolte, en fait. Mais il croit que “Gotham mérite une meilleure classe de criminel, et je vais leur en donner… Il ne s’agit pas d’argent. Il s’agit d’envoyer un message. Tout brûle.” En cela, le joker n’est pas différent d’un autre philosophe Nietzschéen, Unabomber, qui philosophait avec les bombes, parce qu’il voulait aussi envoyer un message.

Le message du Joker est la vacuité des valeurs régnantes. Son but est la transvaluation des valeurs (destruction des valeurs qui ont eu cours jusqu’ici parmi les hommes). Bien qu’il veuille initialement tuer Batman, il en vient à le voir comme un esprit de la même famille, un alter ego : un collègue surhomme, un collègue monstre de foire, qui est toujours tragiquement lié à une moralité humaniste. Considérez ce dialogue :

Batman: Alors pourquoi veux-tu me tuer ?
Le Joker: Je ne veux pas te tuer! Qu’est ce que je ferais sans toi? Retourner arnaquer des dealers banals ? Non, non, NON ! Non. Tu……..tu……. me complètes.
Batman: Tu es une ordure qui tue pour de l’argent.
Le Joker: Ne parle pas comme l’un d’entre eux. Tu ne l’es pas! Même si tu aimerais bien l’être. Pour eux, tu es juste une bête de foire, comme moi! Ils ont besoin de toi maintenant, mais quand ils n’auront plus besoin de toi, ils te jetteront dehors, comme un lépreux! Tu vois, leurs morales, leur code, c’est une vaste blague. Balancés au premier signe de danger. Ils ne sont seulement bon que selon ce que leur permet le monde. Je te montrerai. Quand les jeux sont faits, ces… ces gens civilisés, ils s’entre-dévoreront. Tu vois, je ne suis pas un monstre. Je suis juste au sommet de la courbe.

Il se peut que le Joker veuille libérer Batman, mais c’est un praticien du qui aime bien châtie bien. Sa thérapie implique de tuer des innocents au hasard, et de cibler ensuite quelqu’un que Batman aime.

La Mort, l’Authenticité, et la liberté

La base de la ressemblance que le Joker perçoit entre Batman et lui n’est pas simplement une question de vêtement excentrique. C’est leur relation à la mort. Le Joker est un peu un existentialiste quand il s’agit de la mort : “dans leurs derniers instants, les gens vous montrent qui ils sont réellement.” La plupart des gens craignent la mort plus que tout. Ainsi, ils la fuient en imaginant leur mort comme quelque part “là-bas,” dans le futur, les attendant. Mais si vous avez seulement une mort, et elle est quelque part dans le futur, alors maintenant, on est immortel. Et les êtres immortels peuvent se permettre de vivre bêtement et sans authenticité. Les gens ne deviennent réels que quand ils font face à la mort, et ils remettent cela habituellement à la toute dernière minute.

Le Joker réaliser qu’il y a quelque chose de plus effrayant que la mort, et qui est une vie sans liberté ou d’authenticité.

Le Joker réalise que le mortalité n’est pas quelque chose l’attendant là-bas dans le futur. C’est quelque chose qu’il transporte en lui tout le temps. Il n’a pas besoin d’un memento mori (locution latine signifiant souviens toi que tu mourras). Il sent son propre cœur battre.

Parce qu’il sait qu’il peut mourir à n’importe quel moment, il vit chaque instant.

Il est prêt à mourir à n’importe quel instant. Il accepte la proposition d’Harvey Dent de le tuer basé sur un lancer de pièce. Il indique qu’il est prêt à se faire sauter lui-même pour dissuader le gangster noir Gambol – et tout le monde le croit. Il défie Batman de le laisser tomber juste pour lui enseigner une leçon.

Dans son esprit, l’inclination du Joker à mourir à tout instant peut être son autorisation de tuer à tout instant.

Le joker peut faire face à sa mort, car il a appris à ne pas la craindre. Certes, il en est venu à l’aimer, puisque c’est la base de sa liberté intérieure. Quand Batman essaye de faire cracher des informations au Joker, il rigole simplement : “Tu n’as rien, rien pour me menacer. Rien à faire avec toute ta force.” Batman est démuni contre lui, car le Joker s’est préparé à mourir.

Le Joker sent, peut être avec méprise, que Batman pourrait atteindre une liberté semblable.

Qu’est ce qui pourrait retenir Batman. Pourrait ce être sa conviction de l’inviolabilité de la vie ? Dans Batman Begins, Bruce Wayne rompt avec la Ligue des Ombres car il refuse l’initiation finale : prendre la vie d’un autre homme. Plus tard dans le film, il refuse de tuer Ra’s al Ghul (bien qu’il le laisse hypocritement mourir). Dans The Dark Knight, Batman refuse de tuer le Joker. Si c’est le raccrochage fait par Batman, le Joker lui enseignera que l’on ne peut seulement vivre une vie plus-qu’humaine si l’on remplace l’amour de la simple vie par l’amour de la mort libératrice.

Les Leçons de la Transvaluation (destruction des valeurs qui ont eu cours jusqu’ici parmi les hommes)

Beaucoup des crimes du Joker peuvent être compris comme des expériences et des leçons morales.

1. Quand le Joker brise la queue de billard et la jette aux trois hommes de main survivants de Gambol, leurs disant qu’il fait des “auditions” et que seul un d’entre eux (ce qui veut dire le survivant) peut “rejoindre notre équipe,” il oppose leurs scrupules moraux à leurs instincts de survie. Celui avec le moins de scrupules ou la plus forte volonté de survie a l’avantage.

2. Le Joker remplit deux bateaux d’explosifs, l’un rempli de criminels et l’autre du bon petit peuple de Gotham. Il leur donne à chacun le bouton du détonateur de l’autre, et leur dit qu’a moins qu’un groupe choisisse de faire exploser l’autre avant minuit, il fera exploser les deux bateaux. Là encore, il oppose les scrupules moraux aux instincts de survie.

Les résultats sont décevants. Les honnêtes gens ne peuvent pas agir sans un vote, et quand ils votent pour faire exploser l’autre bateau, aucun d’entre eux n’a le cran d’aller jusqu’au bout. Ils préféreraient mourir que de prendre la vie des autres, et ce n’est clairement pas parce qu’ils ont surmonté leur peur de la mort, mais simplement par manque de pure vitalité animale, de volonté de puissance. Leur moralité les a rendu malade. Ils ne pensent pas qu’ils ont le droit de vivre au dépens des autres. Ou, encore pire, ils vivent tous au dépens des autres. Il s’agit dans ce Système entier de se manger l’un l’autre. Mais aucun d’entre eux n’assumera ce fait devant les autres.

Batman interprète ceci comme un signe que les gens “sont prêts à croire dans le bien,” c’est à dire, que le Joker avait tort d’affirmer que, “Quand les jeux seront faits, ces . . . ces gens civilisés, ils s’entre-dévoreront.” Le Joker espérait remettre les gens sur-socialisés en lien avec la vitalité animale, et il a échoué. D’un point de vue biologique, se dévorer l’un l’autre est sûrement plus sain que d’aller passivement à la mort en masse.

3. Le Joker rentre dans une frénésie de meurtre pour forcer Batman à enlever son masque et le pousser à se rendre. Ainsi, Batman doit choisir entre abandonner sa mission ou à continuer au dépens de vies individuelles. Si il choisit de continuer, il doit considérer les victimes du Joker comme des sacrifices nécessaires pour servir le bien commun, ce qui signifie que les humains n’ont pas des droits absolus, ce qui fait de leur un atout pour la société.

4. Le Joker force Batman à choisir entre sauver la vie de Rachel Dawes, la femme qu’il aime, ou Harvey Dent, un fonctionnaire idéaliste. Si le vrai but de Batman est de servir le bien commun, alors il devrait choisir Dent. Mais il choisit Dawes, parce qu’il l’aime. Mais la blague est sur lui. Le Joker lui a dit que Dawes était à la localisation de Dent, donc Batman a fini par sauver Dent de toute manière ? Quand Batman dit au Joker qu’il n’a “qu’une seule règle” (on imagine ne pas tuer) le Joker répond qu’il va devoir briser cette règle si il veut sauver l’un d’entre eux, car il peut en sauver qu’un seulement en laissant l’autre mourir.

5. Comme Batman se dirige vers le Joker sur sa Batcycle, le Joker le raille : “Frappe moi, frappe moi, vas-y, je veux que tu me frappes.” Le Joker est libre et prêt à mourir à ce moment même. Batman, cependant, ne peut pas se résoudre à le tuer. Il vire de bord et s’écrase. Le Joker est prêt à mourir pour enseigner à Batman à tuer simplement par colère animale, sans paroles hypocrites sur les droits ou un procès juste et autres boniments moralistes.

6. Plus tard dans le film, Batman sauve le Joker de la chute à mort. Il aurait pu le laisser mourir, comme il l’a fait pour Ra’s al Ghul. Le Joker dit : “Oh, toi. Tu ne pouvais pas me laisser tomber, n’est-ce pas ? C’est ce qui arrive quand une force inarrêtable rencontre un objet inamovible. Tu es vraiment incorruptible, n’est ce pas ?. . . Tu ne veux pas me tuer pas par un sens mal placé d’estime de soi. Et je ne veux pas te tuer, car tu es bien trop marrant. Je pense que toi et moi sommes destinés à faire cela pour toujours.” Là encore, on a le sentiment que le Joker aurait été heureux de mourir simplement pour faire vaciller en Batman hors de son “sentiment mal placé d’estime de soi.”

Au risque de paraître comme le Riddler :

Q: Comment appelle tu un homme qui est prêt à mourir pour faire une remarque philosophique intéressante ?

A: Un philosophe

Les morales matérialistes contre les morales aristocratiques

La société moderne matérialiste est basée sur deux principes de base : que rien n’est pire que la mort et rien n’est mieux que la richesse. La société aristocratique est basée sur les principes qui il y a des choses pires que la mort et meilleures que la richesse. Le déshonneur et l’esclavage sont pires que la mort. Et l’honneur et la liberté sont meilleurs que la richesse.

Nous avons déjà vu que le Joker craint la mort moins qu’une vie inauthentique et esclave. Dans une des scènes les plus mémorables du film, il montre sa vision de la richesse. La scène se passe dans un bateau. Une énorme montagne d’argent est empilée. Le Joker a simplement reconquit le trésor de l’argent de la mafia _ pour lequel il recevra la moitié. Ligoté au sommet de la pile se trouve Mr. Lau, le blanchisseur de l’argent qui a essayé de fuir avec elle.

L’un des gangsters demande au joker ce qu’il fera avec tout cet argent. Il répond : “Je suis un homme avec des goûts simples. J’aime la dynamite, et la poudre, et . . . l’essence.” Moment où ses hommes de main arrosent l’argent d’essence. Le Joker continue : “Et tu sais ce qu’ils ont en commun ? Ils ne sont pas cher.” Il allume ensuite le bûcher et s’adresse au gangster : “Tout se dont vous vous souciez, c’est l’argent. Gotham mérite un meilleure classe de criminel, et je vais le leur donner.”

La moralité aristocratique fait une vertu de transformer la richesse en quelque chose de spirituel : en de l’honneur, du prestige, ou des choses belles et utiles. Échanger la richesse pour des biens spirituels démontre une liberté de la nécessité matérielle. Mais la démonstration ultime de la liberté de quelqu’un des biens matériaux est leur simple destruction.

Les Indiens du Nord Ouest du Pacifique pratiquent une cérémonie appelée le “Potlatch.” Dans une Potlatch, les chefs de la tribu gagnent le prestige en abandonnant la richesse matérielle . Cependant, quand il y a une intense rivalité entre les individus, ils rivaliseraient pour l’honneur non en abandonnant la richesse mais en la détruisant.

Le Joker pratique le Potlatch. Peut-être la note ultime cependant, est quand il mentionne qu’il ne brûle seulement que sa part de l’argent.

L’homme avec le plan

jokerHarvey Dent le District Attornet de Gotham (joué par l’archétype nordique Aaron Eckhart) est un homme authentiquement noble. Il est aussi un homme avec un plan. Il ne laisse rien à la chance, bien qu’il prétende le faire. Il prend des décisions en faisant tourner une pièce, mais la pièce est pipée. Elle a deux faces.

Le Joker kidnappe Harvey Dent et Rachel Dawes et les installe en vue de les faire sauter. Il donne au Batman le choix d’en sauver un. Il se rua pour sauver Dawes, mais trouve Dent à la place. Dawes est tuée, et Dent est horriblement défiguré. La moitié de son visage est horriblement brûlée. La moitié de son visage est défigurée, et une face de sa pièce (qui était dans la possession de Rachel) est également noircie. Harvey Dent est devenu “Double Face.”

Le Joker, bien sûr, est aussi un homme avec un plan. Pour dire la vérité, il est un génie du crime, le comploteur ultime. (Certes, l’une des quelques fautes de ce film est que ses plans élaborés semblent venir sans temps de préparation.) Quand le Joker visite Dent à l’hôpital, cependant, il tient le discours suivant à l’accusation de Dent que la mort de Rachel était une partie du plan du Joker.

Est-ce que j’ai la tête d’un mec avec un plan ? Tu sais ce que je suis ? Je suis en chien chassant les voitures. Je ne saurais pas quoi faire avec, si j’en attrapais une. Tu sais, je . . . fais juste les choses.

La mafia a des plans, les flics ont des plans . . . Tu sais, ils ne sont que des comploteurs. Les comploteurs essayant de contrôler leurs petits mondes. Je ne suis pas un comploteur. J’essaie de montrer aux comploteurs combien pathétiques sont réellement leurs tentatives de contrôler les choses. . . . Ce sont les comploteurs qui t’ont mis là où tu est. Tu étais un comploteur, tu avais des plans, et regarde où cela t’as mené. J’ai simplement fait ce que je fais de mieux. J’ai pris votre petit plan et je l’ai retourné sur lui-même. Regarde ce que j’ai fait à cette ville avec quelques barils d’essence et quelques balles. Hmmm?

Tu sais . . . Tu sais ce que j’ai remarqué ? Personne ne panique quand les choses vont “selon le plan.” Même si le plan est terrifiant ! Si demain, je dis à la presse que, imaginons, qu’on va tirer sur une vieille bagnole de gang, ou qu’un chargement de soldats va se faire dynamiter, personne ne panique, parce que c’est “une partie du plan.” Mais quand je dit qu’un petit vieux de maire va mourir, et bien tout le monde perd ses esprits !

Introduit un peu d’anarchie. Bouleverse l’ordre établi, et tout devient chaos. Je suis un agent du chaos. Oh, tu sais le truc sur le chaos ? C’est juste !

Le plan immédiat du Joker est de mener en bateau Harvey Dent, de transformer le Chevalier Blanc de Gotham en un tueur fou. “La folie,” “c’est comme la gravité. Tout ce dont tu as besoin est d’une pichenette.” Ce discours est sa pichenette, et ce qu’il dit doit être interprété avec ce but à l’esprit. Par exemple, l’affirmation que le chaos est “juste,” est clairement à propos de l’utilisation de Dent de la pièce à deux face, car il refuse de laisser quelque chance au hasard. (Le chaos ici est l’équivalent de la chance.) La réplique de Dent est de proposer de décider de la vie ou de la mort du Joker sur un lancer de pièce. Le Joker est d’accord, et la pièce sort en la faveur du Joker ? Nous ne voyons pas ce qu’il se passe, mais le Joker émerge indemne et Harvey Dent est transformé en Double Face.

Le Plan B

Mais le discours du Joker n’est pas simplement un mensonge pour envoyer Dent du côté obscur. À la fin, le Joker n’est pas vraiment un homme avec un plan, et la preuve la plus éclatante est qu’il parie sa vie sur un lancer de pièce. Oui, Joker planifie toutes sortes de contingences, mais il sait que les meilleurs plans bien établis ne peuvent éliminer la contingence en tant que telle. Mais tout va bien, puisque le Joker adhère à la contingence comme il adhère à la mort : c’est un principe de liberté.

Le Joker est en révolte non seulement contre la morale de la modernité, mais aussi sa métaphysique, l’interprétation régnante de l’Être, c’est à dire que le monde est complètement transparent à la raison et susceptible à la planification et au contrôle. Heidegger appelait cette interprétation de l’Être le “Gestell,” un terme qui connote la classification et l’arrangement pour maximiser la disponibilité, comme un livre dans une bibliothèque bien ordonnée, chiffré et mis en rayon, afin d’être situé et récupéré à volonté. Pour l’homme moderne, “être” est être susceptible d’être classé, étiqueté, mis en rayon, et disponible sur ce modèle.

Heidegger considérait un tel monde comme un enfer inhumain, et le Joker est d’accord. Quand le Joker est arrêté, nous découvrons qu’ils pas d’ADN ou d’empreintes digitales ou de données dentaires sur le fichier. Il n’a pas de nom, pas d’adresse, pas d’identification d’aucunes sortes. Ses habits sont faits sur mesure, avec aucunes étiquettes. Comme le Commissaire Gordon le dit, il n’y a “rien dans ses poches, sauf des couteaux et du lin.” Oui, le système l’a attrapé, mais il ne sait rien sur lui. Quand il s’échappe, ils n’ont aucune idée de par ou chercher. Il est un livre sans code barre : déclassifié, non mis en rayon, indisponible . . . libre.

Pour Heidegger, le chemin vers la liberté est de méditer sur les origines du Gestell, qui affirme il sont énormément mystérieuses. Pourquoi les gens commencent à penser que tout peut être compris et contrôlé ? Est ce que l’idée a été mitonnée par quelques individus et qui l’ont ensuite propagé selon un plan ? Heidegger pense que non ? Le Gestell est une transformation du Zeitgeist qui ne peut pas être retracé à des pensées et des actions individuelles, mais à la place aux conditions et les dominent. Ses origines et son pouvoir restent ainsi impénétrables. Le Gestell est un “Ereignis,” un événement, une contingence.

Heidegger suggère qu’étymologiquement, “Ereignis” a aussi le sens de “prendre prise” et “de capture.” Certains traducteurs le rendent comme “appropriation” ou “enowning.” Je préfère le traduire comme “captivation” : L’interprétation moderne de l’Être passe, nous ne savons pas pourquoi. C’est simplement une contingence stupide. Elle a juste émergé. Maintenant elle nous captive. Nous ne pouvons pas la comprendre. Nous ne pouvons pas la contrôler. Comment nous libérons nous ?

Le sortilège est brisé dès que nous réalisons que l’idée du Gestell – l’idée que nous pouvons comprendre et contrôler tout – ne peut pas elle-même être comprise ou contrôlée. L’influence de l’idée que toutes choses peuvent être planifiées ou contrôlées. Le règne de l’idée que tout est nécessaire, que tout à une raison, est venu d’une pure et irrationnelle contingence.

Le Joker cherche à briser le pouvoir du Gestell pas simplement en méditant sur la contingence, mais en agissant à partir d’elle, c’est à dire, en étant une contingence irrationnelle, en étant un agent du chaos.

Il introduit le chaos dans la propre vie en agissant par caprice, en “faisant simplement des choses” qui n’ont aucun sens, comme “un chien courant derrière les voitures” : de parier sa vie sur un lancer de pièce, jouer au poulet avec Batman, etc. Quand Batman essaye de soutirer des informations du Jocker en le torturant, il lui dit que “La seule manière sensée de vivre en ce monde est de vivre sans règles.”

Alfred, le maître d’hôtel comprend la liberté du Joker : “Certains hommes ne recherchent rien de logiques, comme de l’argent. Ils ne peuvent pas être achetés, torturés, raisonnés, ou on ne peut pas négocier avec eux. Certains hommes souhaitent simplement voir le monde brûler.”

Le Joker introduit du chaos dans la société en brisant l’étreinte du système et de ses plans.

Il est capable d’être un agent du chaos à cause de sa relation avec la mort. Il ne la craint pas. Il la voit comme une possibilité permanente. Il est, donc, libre. Sa liberté l’élève au dessus du Gestell, lui permettant de regarder en bas . . . et de rire. Voilà pourquoi, on l’appelle le Joker.

En tout sérieux

J’aime la philosophie du Joker. Je pense qu’il a raison. “Mais attendez,” certains d’entre vous pourraient le dire, “le Joker est un monstre!” Heath Ledger affirmait que le Joker était ‘un psychopathe, tueur de masse, un clown schizophrène avec aucune empathie.’ Vous n’aimez certainement pas quelqu’un comme çà !”

Mais souvenez vous, nous parlons d’Hollywood ici. Dans une société “libre,” nous ne pouvons pas supprimer totalement les dangereuses vérités. Donc nous devons être immunisés contre elles. Voilà pourquoi Hollywood laisse de dangereuses vérités apparaître à l’écran, mais seulement dans les bouches des monstres : Derek Vinyard dans American History X, Bill le Boucher dans Gangs of New York, Ra’s al Ghul dans Batman Begins, le Joker dans The Dark Knight, etc.

Nous avons besoin d’apprendre à séparer le message du messager, et nous avons besoin de l’enseigner aux millions de gens qui ont vu ce film (le 7ème plus gros film de tous les temps) pour qu’ils le fassent eux-même. Une fois que l’on fait çà, le film cesse de renforcer le message du système et renforce le nôtre à la place. C’est ce que je fais de mieux, je prends leur propagande et je la leur retourne au visage.

Quelles leçons peut on tirer de The Dark Knight?

Batman Begins révèle une profonde compréhension de l’opposition fondamentale entre l’opinion cyclique traditionnelle de l’histoire et celle du progressisme moderne, envisageant un Traditionnalisme guerrier ( La Ligue des Ombres) comme l’ennemi ultime de Batman et des forces du progrès.

The Dark Knight révèle une profonde compréhension des antipodes moraux et métaphysiques du monde moderne : le concept Nietzschéen de la moralité du maître et la critique de la moralité de l’esclave égalitaire, couplés avec le concept Heideggerien du Gestell et du pouvoir de la pure contingence irrationnelle pour le briser.

Le Joker se sert de ces idées comme des armes, et il exploite le conflit moral latent de Batman entre le dépassement de soi Nietzschéen et sa dévotion aux droits de l’homme et à l’égalité.

En résumé, quelqu’un à Hollywood comprend qui est l’ennemi le plus radical et le plus fondamental du Système. Ils savent quelles idées peuvent détruire leur monde. Il est temps que nous les apprenions aussi.

Montrons à ses comploteurs combien pathétiques sont leurs tentatives de nous contrôler.

 

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