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Karl Jaspers, l’Age Axial, et une Histoire Commune pour l’humanité

Karl Jaspers, 1883–1969

Karl Jaspers, 1883–1969

3,106 words

English original here

Du XIXe siècle jusqu’aux années 1960 et 1970, les livres de l’Histoire Mondiale reconnaissaient les divers accomplissements de toutes les civilisations dans le monde, mais la plupart des auteurs et des enseignants prenaient comme allant de soi le fait que les Européens méritaient plus d’attention en particulier au vu de leur influence incontestable sur le reste du monde après leur découverte des Amériques, le développement de la science moderne et la diffusion mondiale de la technologie moderne.

Mais cet enseignement d’orientation occidentale était de plus en plus rejeté par les historiens qui avaient le sentiment que tous les peuples de la terre méritaient une égale attention. Une difficulté majeure s’opposait à ce sentiment : comment une nouvelle histoire de tous les humains – c’est-à-dire « universelle » – pouvait-elle être construite à la lumière de la claire prééminence des Européens dans tant de domaines ?

Il devint bientôt apparent que la clé était de rejeter l’idée de progrès, qui était devenue presque synonyme des réussites de l’Occident. Le climat politique s’y prêtait justement, l’Occident était au centre de tout ce qui semblait erroné dans le monde et en opposition avec tout ce qui aspirait à être bon : la menace de destruction nucléaire, la guerre du Vietnam prolongée, la montée du panarabisme et des identités panafricaines, les « mouvements de libération » en Amérique Latine, les émeutes des droits civiques pour les Noirs, le mouvement féministe.

Plus que toute autre chose, le riche Occident était au centre d’un système capitaliste mondial, alors que le reste du monde semblait être systématiquement « sous-développé » au profit de la « progression » même de l’Occident. Des millions d’étudiants se voyaient enseigner que l’Occident capitaliste, selon les paroles de Karl Marx, avait progressé pour devenir maître du monde « ruisselant de la tête aux pieds, de chaque pore, de sang et de saleté ».

L’idée du progrès occidental fut finalement remplacée par l’idée d’« histoire mondiale connectée ». Les étudiants devraient maintenant apprendre que tous les humains sans distinction de différences culturelles et historiques étaient semblables en tant qu’Homo Sapiens, en tant que membres de la même planète, et en tant que créatures migratoires qui avaient fait l’histoire à l’unisson. Le but n’était absolument pas de dire que les Européens avaient été créativement impliqués dans la création des civilisations chinoise, mésopotamienne ou maya ; il était de dire qu’ils étaient moralement et économiquement responsables du « sous-développement » de civilisations qui avaient jadis été plus développées que les Barbares germaniques des Ages Obscurs – tout en soulignant simultanément que des non-Européens avaient été les plus grands initiateurs ou coparticipants de toutes les grandes époques de l’histoire de l’Europe.

Mais avant que cette grande fabrication soit imposée aux étudiants blancs sans méfiance, une idée préparatoire, bien que nullement identique, avait été exprimée par un Allemand nommé Karl Jaspers : l’idée selon laquelle les grandes civilisations du Vieux Monde avaient connu, plus ou moins à la même époque, un « processus spirituel » caractérisé par un commune série de recherches religieuses, psychologiques et philosophiques concernant la signification d’être « spécifiquement humain ». L’argument était que l’humanité, à ce moment de l’histoire, collectivement, en était venue à poser des questions universelles sur le sens de la vie, avec des réponses similaires.

Le but de l’Age Axial de Jaspers

Jaspers, un philosophe hautement respecté, affirma dans The Origin and Goal of History (1953) [éd. fr. : L’origine et le sens de l’Histoire, Plon 1954], publié pour la première fois en 1949 en allemand, quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, que la culture occidentale n’était pas la seule à être dotée d’idées taillées sur mesure pour l’humanité en général et pour le cours de l’histoire universelle ; d’autres grandes civilisations, avaient elles aussi épousé des attitudes concernant l’humanité en même temps que des préceptes moraux avec un contenu universel.

Jaspers pensait que cette aptitude avait été « empiriquement » rendue possible par l’apparition d’un changement « spirituel » fondamental entre 800 et 200 avant J.-C., qui donna « naissance à un cadre commun de compréhension-de-soi historique pour tous les peuples – pour l’Occident, pour l’Asie, et pour tous les hommes sur terre, sans souci d’articles de foi particuliers ». Pensant que ces changements spirituels étaient survenus simultanément à travers le monde, Jaspers appela cela la « Période Axiale ». Il est utile de citer précisément l’identification par Jaspers des principaux protagonistes de cette période :

« Les événements les plus extraordinaires sont concentrés dans cette période. Confucius et Lao-Tseu vivaient en Chine, toutes les écoles de la philosophie chinoise venaient à l’existence, incluant celles de Mo-ti, Tchouang-Tseu, Lié-Tseu et une foule d’autres ; l’Inde produisait les Upanishads et le Bouddha et, comme la Chine, parcourait la gamme entière des possibilités philosophiques, jusqu’au scepticisme, au matérialisme, au sophisme et au nihilisme ; en Iran Zarathoustra enseignait une vision du monde exaltante, comme un combat entre le bien et le mal ; en Palestine les prophètes faisaient leur apparition, depuis Elie, en passant par Isaïe et Jérémie, jusqu’à l’Isaïe du Deutéronome ; la Grèce voyait l’apparition d’Homère, des Philosophes – Parménide, Héraclite et Platon –, des tragédiens, de Thucydide et Archimède. Tout ce qui est impliqué par ces noms se développa durant ces quelques siècles, presque simultanément en Chine, en Inde et en Occident, sans qu’une seule de ces régions eût connaissance des autres. » [1]

Jaspers utilisait certaines phrases philosophiques amorphes pour exprimer ce qui était nouveau spirituellement dans cet Age Axial : « …l’homme devient conscient de l’Etre dans sa totalité … Il pose des questions radicales … En reconnaissant consciemment ses limites, il se fixe les buts les plus élevés. Il fait l’expérience de l’absolu face à son Moi » [2]. Mais dans certains cas il utilisait des phrases plus concrètes : « des idées, des coutumes et des conditions  jusqu’alors inconsciemment acceptées furent soumises à l’examen, contestées et liquidées » [3]. Fondamentalement, dans cet Age Axial, l’âge des mythes « prit fin ».

Les philosophes grecs, indiens et chinois étaient non-mythiques dans leurs aperçus décisifs, de même que les prophètes [de la Bible] dans leurs idées de Dieu [4].

Un certain nombre de figures religieuses, de philosophes et de prophètes en vinrent à faire davantage confiance à leurs propres jugements, visions et pouvoirs de raisonnement : le logos se dressait « contre le mythos » [5]. Les humains étaient maintenant prêts à compter sur leur rationalité pour comprendre le cosmos, pour établir un contraste plus net entre le monde intérieur de la conscience, de la réflexion, et le monde extérieur des normes et des croyances acceptées, entre sujet et objet, esprit et matière. Combinée à cet éveil spirituel vint l’idée d’un Dieu Unique transcendantal comme base d’une nouvelle éthique contre les démons imaginaires, et comme lieu pour penser ce qui était moralement juste pour tous.

Les Philosophes de l’« Age Axial »: Socrate, Confucius, Bouddha, et Zarathoustra

Les attitudes philosophiques de ces civilisations n’étaient pas vraiment identiques, mais elles présentaient des percées similaires en posant des questions universelles sur la « condition humaine » : quelle est la source ultime de toutes choses ? Quelle est notre relation avec l’univers ? Qu’est-ce que le Bien ? Que sont les êtres humains ? Antérieurement, les cultures étaient plus particularisées, tribales, polythéistes, et dépourvues de conscience de soi concernant les caractéristiques universelles de l’existence humaine. A partir de l’Axe Axial, « l’histoire mondiale reçoit la seule structure et la seule unité qui aient duré – du moins jusqu’à notre époque » [6].

Le but essentiel du livre de Jaspers était de faire accepter l’idée que les différentes religions et races du monde évoluaient jadis sur des « voies parallèles » de développement spirituel, et que nous devions miser sur cette source spirituelle « commune » pour éviter la calamité d’une autre Guerre Mondiale. Le fait que ces civilisations avaient atteint un point de développement spirituel commun, sans aucune influence directe entre elles, était probablement, selon lui, la « manifestation de quelque élément commun profond, la source primale de l’humanité » [7]. Nous humains avons beaucoup en commun, en dépit de nos différences.

La culpabilité allemande requiert une Histoire Commune

Cette idée d’un Age Axial, à laquelle Jaspers finit par être identifié, et qui a été acceptée par de nombreux historiens mondiaux, sociologues historiques, et philosophes établis, est aussi un besoin qu’il ressentait d’une manière personnelle (en tant qu’Allemand) après la Seconde Guerre mondiale. D’après Jaspers, après la fin de l’Age Axial vers 200 avant J.-C., les grandes civilisations avaient cessé de suivre « des mouvements parallèles proches l’un de l’autre » et avaient au contraire commencé à « diverger » et « étaient finalement devenues profondément étrangères les unes aux autres » [8]. L’expérience nazie était, d’après lui, un cas extrême de divergence.

Il faut noter à cet égard que Jaspers, dont la femme était juive, était l’auteur d’un livre très discuté, La question de la culpabilité allemande, où il étendait la culpabilité à l’Allemagne dans son ensemble, à chaque Allemand, même à ceux qui n’avaient pas été membres du parti nazi. Un passage de ce livre, cité franchement dans un documentaire de la BBC, The Nazis — A Warning from History [Les nazis : un avertissement de l’Histoire], dit :

« Ce qui est arrivé est un avertissement. L’oublier, c’est être coupable. Il faut s’en souvenir continuellement. Cela a pu arriver, et cela pourrait à nouveau arriver à n’importe quel moment. C’est seulement par la connaissance qu’on peut l’empêcher. »

L’intention derrière l’idée d’un Age Axial était d’induire chez les humains une conscience d’eux-mêmes en tant qu’êtres ayant une profonde unité spirituelle, cultivant un sens de la « solidarité humaine ». Mais ce n’était que le début de ce qui devait bientôt devenir un effort culturel global de la part des élites occidentales pour éliminer toute idée d’une singularité occidentale, en intégrant son histoire dans un récit historique « commun » de civilisations inter-agissantes et s’influençant les unes les autres. Ce fut aussi le début d’un effort pour instiller aux natifs européens la croyance qu’ils étaient des citoyens de nations propositionnelles, et puisque ces propositions pouvaient être faites en commun par tous les humains, ils étaient donc des citoyens du monde et les habitants du monde étaient des citoyens potentiels de leurs nations. La germanité, selon les mots de Jürgen Habermas, ne  serait « plus basée sur l’ethnicité, mais fondée sur la citoyenneté ». Habermas, un grand admirateur de Jaspers, serait l’une des innombrables personnes qui adopteraient cette idée civique/cosmopolite de la citoyenneté.

Hannah Arendt

 

Hannah Arendt, 1906–1975

Une intéressante figure s’inspirant de l’idée d’une expérience historique commune, dans les premiers jours après la Seconde Guerre mondiale, fut Hannah Arendt, une étudiante de Jaspers. Elle trouva un exemplaire de L’origine et le sens de l’Histoire alors qu’elle était en train de terminer son livre très acclamé, Les origines du totalitarisme. Il est très révélateur qu’Elisabeth Young-Bruehl, dans un court essai intitulé « L’identité juive d’Hannah Arendt », fasse remonter les racines du cosmopolitisme d’Arendt au rôle des Juifs de Palestine comme étant l’un des peuples de l’Age Axial. Avec Jaspers, Arendt en vint à partager

« le projet de réfléchir concernant le genre d’histoire qui était nécessaire pour faire face aux événements de la guerre et de l’Holocauste et pour envisager ce que le monde pourrait être après la guerre. Ils convinrent que l’histoire nécessaire ne devrait pas être nationale ou pour un but national, mais pour l’humanité. »

Arendt convenait avec Jaspers, écrit Young-Bruehl, que la manière pour les Occidentaux de surmonter « les effets néfastes de leurs propres préjugés et de leur progrès technologique, qui avaient rendu la guerre mondiale possible », était de s’ouvrir au monde et de penser d’une « manière cosmopolite au futur de l’humanité ». A la lumière de son identité juive, l’un des peuples axiaux victimes des préjugés allemands et européens, Arendt développa encore les arguments de Jaspers en invoquant le cosmopolitisme manifesté par les Juifs dans l’Age Axial comme un « antidote à la pensée juive tribaliste » aussi bien qu’à l’ethno-nationalisme européen. Young-Bruehl poursuit :

« C’est l’identité juive d’Arendt – pas seulement l’identité qu’elle affirmait en se défendant en tant que Juive lorsqu’elle était attaquée comme telle, mais plus profondément sa connexion avec la tradition prophétique de l’Age Axial – qui faisait d’elle la cosmopolite qu’elle était. »

Mais quel genre d’écriture historique la pensée cosmopolite requière-t-elle étant donné que les civilisations, d’après Jaspers, divergèrent dans leur développement culturel après l’Age Axial ? Pour Arendt cela était à coté de la question, elle n’était pas une historienne préoccupée de la documentation factuelle et des histoires divergentes des civilisations et des nations. Son but était de créer un nouvel état d’esprit parmi les Européens concernant la manière dont ils se voyaient eux-mêmes en relation avec le monde. Elle appelait donc les Européens à

  1. « élargir » leurs esprits et à inclure l’expérience et les vues des autres cultures dans leur pensée ;
  2. surmonter leurs préjugés eurocentriques et englober le monde entier dans leurs réflexions historiques ;
  3. développer un sens de la « condition humaine » et apprendre à parler de ce qui est « commun à toute l’humanité » ;
  4. apprendre comment ils sont culturellement formés par leurs conditions particulières aussi bien que par les conditions et les expériences partagées par tous les humains sur la planète.

La « qualité spéciale » de l’Occident — rejetée

Cet appel d’Arendt allait s’unir à des arguments similaires concernant l’« invention des nations », la « construction sociale des races », et l’idée que nous sommes tous essentiellement semblables en tant qu’Homo sapiens. Jaspers, du moins dans son livre L’origine et le sens de l’Histoire, n’allait pas aussi loin, et en fait rétractait les affirmations générales qu’il faisait dans l’introduction au sujet de l’Axe Axial comme étant une expérience spirituelle commune sur la planète, reconnaissant l’évidence :

« …ce ne fut pas un événement universel … Il y eut les grands peuples des anciennes  civilisations, qui vécurent avant et même au même moment que la percée [axiale], mais qui n’y participèrent aucunement. » [9]

Il notait ensuite que les peuples égyptien et babylonien « restèrent ce qu’ils avaient été avant … dépourvus de cette qualité de réflexion qui transforma l’humanité », même s’ils interagirent avec les cultures axiales [10]. En somme, Jaspers reconnaissait qu’après l’Age Axial les civilisations respectives suivirent des voies spirituelles très différentes, ce qui pose la question de la raison pour laquelle ils allaient cesser de présenter « des développements parallèles » en dépit d’une interaction croissante. Peut-être encore plus importante était sa reconnaissance qu’il y avait une « qualité spécifique » de l’Occident dans la manière dont il présentait « de nouveaux départs bien plus spectaculaires » [11], alors que

« …en Asie, d’un autre coté, une situation constante persiste ; elle modifie ses manifestations, elle sombre dans des catastrophes et se rétablit sur la seule et unique base qui est constamment la même. » [12]

Finalement Jaspers ne pouvait pas éviter la question historique ultime concernant la raison pour laquelle l’Occident avait suivi une voie aussi diamétralement différente :

« …si la science et la technologie furent créées en Occident, nous sommes face à la question : Pourquoi cela arriva-t-il en Occident et pas dans les deux autres grandes zones culturelles ? » [13]

La réponse qu’il donnait était essentiellement la même que la perspective lourdement eurocentrique de Hegel concernant la préoccupation unique des Européens quant à la liberté et la raison. Il limitait en fait la véracité de la thèse axiale par l’observation que seuls les anciens Grecs avaient fini par connaître la « liberté politique », par opposition au « despotisme universel » de l’Orient ; et que « contrairement à l’Orient, la rationalité grecque contient un fond de cohérence qui posa les fondements des mathématiques et de la logique formelle achevée » [14].

Voici d’autres qualités particulières mentionnées par Jaspers concernant l’Occident : « La tragédie est connue seulement de l’Occident ». Si d’autres cultures axiales parlèrent de l’humanité en général, en Occident cette ambition universelle concernant la place de l’homme dans le cosmos et la bonne vie ne « se figea pas en fixité dogmatique » [15]. « L’Occident donne à l’exception l’espace pour s’exprimer ». En Occident, « la nature humaine atteint une hauteur qui n’est certainement pas partagée par tous et à laquelle … peu de monde parvient à se hisser ». « …l’agitation perpétuelle de l’Occident, son insatisfaction continuelle, son incapacité à se contenter de la moindre sorte d’accomplissement » [16].

C’est le langage de l’Ame Faustienne de Spengler. Certaines personnes de la Nouvelle Droite n’aiment pas cette agitation perpétuelle de l’Occident et préféreraient voir l’Occident devenir une culture traditionnelle ordinaire et ennuyeuse. Mais cela ne peut pas être, car « contrairement à l’uniformité et à l’absence relative de tension de tous les empires orientaux »,

« …l’Occident se caractérise par la résolution qui pousse les choses aux extrêmes, les élucide jusqu’au dernier détail, les place devant le ‘ou bien, ou bien’ et fait ainsi apparaître les principes sous-jacents et établit des lignes de front dans les recoins les plus éloignés de l’esprit. » [17]

Aucune de ces qualifications essentielles ne compterait finalement. Les recherches que Jaspers commença allaient se développer bien au-delà de ses attentes, menant à l’abolition complète de l’enseignement des cours de Civilisation Occidentale et à l’imposition de l’Histoire Multiculturelle Mondiale. L’Age Axial que Jaspers avait limité à la période 800-200 avant J.-C. allait finir par être étendu à tout le cours de l’histoire humaine ! A. G. Frank et Kenneth Pomeranz annonceraient dans leurs best-sellers ReOrient (1998) et The Great Divergence (2000) que les trajectoires culturelles et économiques de l’Europe et de l’Asie furent « curieusement similaires » jusqu’à une divergence « accidentelle » soudaine survenue vers 1750/1830. Les humains sont tous semblables, ont toujours été en contact par les migrations, le mélange des races, le commerce, et les emprunts culturels. Nous avons toujours fait partie d’une seule grande famille. Les Européens qui parlent de leur singularité et qui se plaignent de l’immigration de masse et des incroyables cadeaux de la culture islamique à l’Occident sont des ignares qui doivent être remplacés.

Pourtant, il n’y eut jamais d’Age Axial : les présocratiques étaient spectaculairement différents dans leurs recherches, et bien plus universels dans leur raisonnement que les prophètes de l’Ancien Testament, les principales écoles du confucianisme, du taoïsme et du légalisme en Chine, et les religions hindoues de l’Inde. Autant que je sache, personne n’a expliqué cette combinaison apparemment paradoxale de singularité occidentale extrême et d’universalisme extrême. J’espère traiter de ce sujet dans un autre essai.

Notes

1. Karl Jaspers, The Origin and Goal of History, 1953: 2

2. Ibid. 2.

3. Ibid. 2.

4. Ibid. 3.

5. Ibid. 3.

6. Ibid. 8.

7. Ibid. 12.

8. Ibid. 12.

9. Ibid. 51.

10. Ibid. 52.

11. Ibid. 54.

12. Ibid. 53.

13. Ibid. 61-2.

14. Ibid. 63.

15. Ibid. 64.

16. Ibid. 64.

17. Ibid. 65.

 

 

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