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Sur les arts et metiers spirituels :
Pratiquer les anciens savoirs-faires et l’ancienne sagess de l’Europe

Dante Gabriel Rossetti's "Beata Beatrix," 1863.

2,833 words

“L’objectif de tous les arts est la beauté. Et la beauté n’est rien d’autre que la joie intense et enivrante qui est produite pour nous par les sons, les mots, les formes et les couleurs.” — August Endell (1871–1925)

Note introductive

Cet essai n’est pas une évaluation historique d’un mouvement connu sous le nom d’« Arts et Métiers », qui perdit son élan au début du XXe siècle en partie en résultat des catastrophes jumelles de la Grande Guerre (1914–1918) et de la Grande Dépression après 1929. Le mouvement des « Arts et Métiers » de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, cependant, avait une dimension spirituelle aussi bien que sociale, dont le message demeure pertinent de nos jours. Les Arts et Métiers Spirituels dont je parle ici sont un processus continu qui vient en droite ligne des racines de notre culture. Parce qu’ils sont éternels, ils sont immédiats, nécessitant une implication directe avec le présent. Tout en reconnaissant que l’admiration et le respect sont dus aux grands maîtres, connus et inconnus, des temps passés, et en prenant comme inspiration ce qu’ils nous ont laissé, nous, comme eux, devons travailler dans notre propre örlog, qui est la condition actuelle. Si nous comprenons les principes vrais et si nous les appliquons à notre travail, alors, comme nos ancêtres, nous pouvons être en harmonie avec le monde et son essence sous-jacente. Les Arts et Métiers européens ont une solide base spirituelle. C’est à nous de savoir ce que nous devons faire, et de le faire.

Anciens savoirs-faires et ancienne sagesse : Principes Vrais

La rubrique « Anciens savoirs-faires et ancienne sagesse » fut forgée à Cambridge en 1969 par John Nicholson. Elle décrit une culture qui reconnaît, célèbre et utilise la connaissance, les traditions, les aptitudes et la compréhension spirituelle concernant la manière de faire les choses. Pratiquer ces Anciens savoirs-faires et ancienne sagesse requiert une compréhension de sa place personnelle dans la continuité de la culture au cours de milliers d’années. Cela nécessite d’être présent dans sa propre tradition, basée sur le lieu et la compréhension accumulée d’innombrables générations d’ancêtres. Les anciens savoirs-faires et l’ancienne sagesse sont éternels parce que les vrais principes fondamentaux de l’existence ne changent pas. Les choses qui sont faites en accord avec ces principes essentiels sont en elles-mêmes éternelles aussi.

Une compréhension de ces vrais principes est une loi fondamentale de la Tradition Européenne. On peut la trouver dans les écrits de Plotin (IIIe siècle de l’ère chrétienne), plus particulièrement dans ses Ennéades, où il explique que les arts ne sont pas une imitation de la Nature, mais des expressions intermédiaires humaines de la source spirituelle dont la Nature est seulement la manifestation extérieure. « Si quelqu’un dénigre les arts, pour la raison qu’ils ne font qu’imiter la Nature », écrit Plotin, « il y a une triple réponse. Premièrement, nous devons remarquer que la Nature est elle-même une imitation de quelque chose d’autre. Deuxièmement, nous ne pouvons pas imaginer que les arts imitent simplement la chose vue : ils remontent aux principes de forme à partir de quoi la Nature est générée. Troisièmement, dans beaucoup de leurs créations, ils vont plus loin que l’imitation : parce qu’ils possèdent la beauté, ils fournissent tout ce qui est manquant dans l’objet perçu ».

Cette compréhension des vrais principes a guidé les arts et métiers de l’Europe durant leurs périodes les plus créatives. Elle a été présente dans les arts formels et raffinés de patronage aristocratique et commercial ainsi que dans les arts manuels quotidiens de la classe ouvrière. A travers le temps, la plupart [des artisans] ont travaillé dans leur profession, produisant des arts et métiers qui satisfaisaient les besoins et les aspirations de leur lieu et de leur temps. Peu ont laissé des écrits exprimant les principes internes qui peuvent être vus dans leurs travaux survivants. A partir du XIXe siècle, cependant, certaines vues notables furent fournies par les grands maîtres. Le maître sculpteur français Auguste Rodin observa : « Un art qui a de la vie ne restaure pas les œuvres du passé : il les continue ». Le maître architecte catalan Antoni Gaudi (1852–1926) remarqua qu’au XXe siècle « L’originalité consiste en un retour à l’origine ».

L’art enseigné d’après le système européen traditionnel des corporations, où les anciens savoirs-faires et l’ancienne sagesse sont transmis directement du maître à l’apprenti, n’est pas séparé de la dimension spirituelle de la vie. Dans les temps anciens, une œuvre d’art était faite en songeant aux dieux qui symbolisent les principes intérieurs et les usages du travail manuel, et l’Harmonie Divine qui est leur expression. Plus tard, sous le christianisme, elle était faite en l’honneur du Créateur unique et de Son harmonie divine. Et plus tard encore, dans une époque plus pluraliste, des principes spirituels théosophiques et abstraits ont été exprimés de manière similaire. Ce qui est resté important à travers le temps, c’est le système de valeurs, et non les dogmes qui étaient professés extérieurement. Quelle que soit la déité ou l’ethos dominant qu’on garde à l’esprit, les principes intérieurs restent les mêmes.

La question de la forme

L’essence intérieure de tout ce que nous faisons attentivement est nécessairement exprimée  dans la forme. Comme pour toutes choses, celle-ci n’est pas fixée, car toutes les formes changent avec le temps. Mais si l’essence reste la même, alors la forme l’exprimera même quand une comparaison entre deux formes les fera apparaître comme disparates. C’est le principe de l’évolution d’une forme à une autre à travers le temps, qui fut reconnu de manières différentes par J. W. von Goethe et Charles Darwin. La base des formes, nous dit Plotin, est la source : « cette source ne peut pas être les beaux objets eux-mêmes : s’il en était ainsi, alors elle serait aussi une simple partie. Elle ne peut pas être une forme, ni un pouvoir, ni la somme des formes et des pouvoirs qui ont connu la genèse qui les a placés ici ; elle doit se tenir au-dessus de tous les pouvoirs, tous les modèles. L’origine de tout cela doit être sans forme ; sans forme non comme une absence de forme mais comme la source même de la forme… cette forme sans forme est belle ».

L’Ordre émerge du Chaos comme une fonction du Chaos lui-même ; non comme l’imposition de l’ordre depuis l’extérieur. Un autre principe important fut noté par le philosophe de la nature et poète anglais Samuel Taylor Coleridge (1772–1834). C’est lui qui décrivit la différence fondamentale entre la « forme organique » et la « forme mécanique ». La forme organique est créée par le savoir-faire humain à partir de la nature intérieure des matériaux. La forme mécanique, par contre, est imposée de l’extérieur, quelle que soit la nature intérieure du matériel. La forme organique est la voie de la Nature ; la forme mécanique est celle de l’absence d’esprit. L’ethos dominant des Arts et Métiers Spirituels fait naturellement naître la forme organique. L’architecte anglais des « Arts et Métiers » M. H. Baillie Scott (1865-1945) nota que l’art du bâtiment est miné par ce qu’il appelait « l’idéal mécanique » de régularité et de lustre qui dévalue le rôle joué par les artisans dans la construction. Le travail d’un artisan est littéralement personnel. Les tentatives conscientes d’effacer la marque de la main de l’artiste constituent une dépersonnalisation littérale de l’art.

Il y a des manières de faire les choses qui peuvent avoir une base spirituelle, et d’autres manières qui n’en ont pas. Pratiquer les arts et métiers spirituels n’est pas seulement une question de compréhension de la manière dont la forme organique peut être créée. C’est aussi une question de fidélité à nos vraies personnalités ainsi qu’aux matériaux que nous utilisons. Plotin à nouveau : « Nous possédons la beauté quand nous sommes fidèle à notre propre être : la laideur appartient à un autre ordre ». Quand nous sommes contraints de faire ce qui va contre nos vraies personnalités, soit en étant obligés de faire un travail pour lequel nous ne sommes pas adaptés par tempérament ou par spiritualité, soit en devant produire des choses néfastes, brutales ou insensées, nous avons été poussés de force dans la forme mécanique d’un autre ordre.

Le grand maître manx Archibald Knox (1864–1933), dont les œuvres spirituelles inspirées expriment un esprit transcendant, parlait de la manière dont la Nature Personnelle distinctement individuelle est la combinaison de la Nature Extérieure et de notre propre Nature. De même que Hans Pölzig observa plus tard que la forme émerge du Gouffre Mystique, Knox faisait naître l’individualité dans les recoins de l’inconnu. C’est de ce domaine archétypal – le domaine cosmique extérieur, et son reflet microcosmique dans le domaine humain intérieur – que sont issues toutes les formes individuelles. En termes traditionnels, ils parlaient du principe de correspondance incarné dans la maxime d’Hermès Trismégiste : « Tout ce qui est en bas est comme tout ce qui est en haut ».

Quand les Arts et Métiers sont conduits d’après la Spiritualité Traditionnelle Européenne, les matières premières sont rassemblées soigneusement, et avec des rites et des cérémonies qui reflètent les besoins des humains tout comme du divin. Leur préparation et leur fabrication, elles aussi, sont conduites dans une atmosphère de conscience spirituelle. Cela les imprègne de certaines qualités et vertus qui ont une vraie signification pour ceux qui emploient leur art à créer des œuvres qui sont des reflets de l’Harmonie Divine. En tant qu’incarnations de l’Harmonie Divine, ce sont des objets dotés d’une âme. Parlant de tels objets, animés par l’harmonie, le maître spirituel italien du XVIe siècle, Giulio Camillo Delminio cite les antiques paroles attribuées à Hermès Trismégiste : « En Egypte il y avait des sculpteurs si habiles que lorsqu’ils avaient donné à une statue des proportions parfaites, elle semblait être animée d’un esprit angélique : car une telle perfection ne pourrait pas exister sans une âme ». Donner une âme aux objets n’est possible que si les artisans sont conscients de la dimension spirituelle de leur travail. Tout faire dans un état d’esprit spirituel est la clé des Arts et Métiers Spirituels. Le grand illustrateur russe Ivan Bilibin, « Ivan à la main de fer » (1876–1942), enseignait à ses étudiants la méditation avant de commencer un travail, dans la tradition des peintres d’icônes orthodoxes. En faisant cela, il imprégnait son travail d’esprit. Quand l’acteur et l’acte sont en parfaite harmonie spirituelle, alors l’objet produit incarnera cela tant qu’il existera.

Dans les temps anciens, cela était toujours fait par l’architecture sacrée, comme pour la construction des églises. Mais appliquer cela seulement à ce que nous pensons être saint ou divin dégrade inévitablement le reste de l’existence en le faisant tomber dans le profane ou le non-sacré. Si nous appliquons les principes vrais seulement à ce qui est ouvertement spirituel, alors le reste du monde est abandonné au pourrissement. Et quand le monde « profane » pourrit, alors il ne faut pas longtemps avant que la pourriture se répande partout, et plus rien n’est sacré. Ensuite, même ce qui est extérieurement saint est fait sans respect ni conscience spirituelle. Une telle perte de conscience est déjà largement accomplie dans une culture dont l’attention a été distraite par le matérialisme simpliste. Le monde doté d’une âme n’apparaît pas par hasard mais seulement par l’application appropriée des principes vrais. « Bien qu’on prétende qu’une maison doit être commode et bien adaptée à ses fonctions matérielles », écrivit M. H. Baillie Scott, « ce n’est qu’une chose médiocre si elle n’exprime pas quelque chose des aspirations de l’esprit de ses bâtisseurs, et si elle ne possède pas, en quelque sorte, une âme à elle ». Parvenir à faire naître cette âme est la réussite suprême dans les Arts et Métiers Spirituels.

La création et la coproduction nécessitent une implication à de nombreux niveaux, affrontant hardiment la complexité et la destructivité déroutantes du monde humain, sans tomber sans la naïveté ou le dogmatisme. Oublier que les humains sont impliqués dans le processus créatif de transformer l’idée en réalité physique, comme nous dit Baillie Scott, est aggravé par la pratique de ne pas reconnaître les mérites de ceux qui ont apporté une contribution essentielle à l’œuvre.

Praticabilité spirituelle

Pour comprendre la dimension spirituelle des Arts et Métiers, nous devons apprendre à voir le monde du point de vue expérimental individuel. Notre approche du monde requiert un sens de l’émerveillement qui agisse sans sentiments d’impuissance, d’arrogance, de rejet, ou de projection sentimentale. Elle requiert d’apprécier et de cultiver l’esprit visionnaire intérieur, en évitant toujours le littéralisme et en restant dans la réalité. En 1905, le maître allemand August Endell écrivit : « Il y a tant de choses qui nous sont immédiatement accessibles, et pourtant si peu d’entre nous les voient et les apprécient ; un monde splendide et magnifique, directement devant nos yeux, si exquis, si rempli de couleur et si riche que nous n’avons absolument aucun besoin d’inventer des mondes imaginaires. Aujourd’hui ; le présent ; la réalité : ce sont les plus fantastiques et incroyables de tous ; les merveilles fabriquées dans la littérature sont complètement dérisoires en comparaison. C’est seulement notre stupidité qui nous empêche d’utiliser ce trésor. Nous n’avons pas besoin d’un autre monde au-dessus des nuages ou dans le passé ; les plus grandes merveilles se trouvent ici dans notre monde, dans notre propre époque : il est vrai qu’elles sont invisibles pour l’œil qui est faible, mais claires et tangibles pour l’œil qui voit ».

Les alternatives brutales

Dans certains cas, il y a des manières alternatives d’accomplir la même tâche ou de réaliser la même construction. Mais bien qu’elles puissent sembler différentes l’une de l’autre, si elles marchent également bien alors elles sont toutes des manifestations des principes vrais. Des manières différentes de faire la même chose peuvent exister en résultat de l’örlog de la situation, et incarnent ainsi une signification culturelle. Ainsi, par exemple, les balayeurs de Londres, de Stuttgart et de Rome utilisent tous des types différents de balais pour accomplir la même tâche. Le type de balai utilisé pour balayer une rue est seulement un exemple des innombrables manières de faire les choses qui, cumulativement, définissent le caractère de chaque lieu. Quand, par manque de réflexion, par un souhait de « modernité » ou d’« amélioration », une chose ancienne et individuelle est altérée inutilement, ce qui la  remplace est fréquemment un produit de l’environnement industriel mondialisé. Même si elle marche « aussi bien », ce qui vient à sa place est quelque chose qui n’a pas de relation, historique ou spirituelle, avec le lieu où elle est utilisée. L’individualité, le sentiment historique de la signification et de l’appartenance à un lieu, à une culture, est balayé immédiatement. Les principes vrais incluent aussi le sens de ce qui est approprié.

Les choses traditionnelles, poussées jusqu’à la perfection dans un but particulier et dans un lieu particulier par des générations d’utilisateurs, incarnent l’âme de ce lieu. Elles ont des noms locaux dans la langue locale qui sont porteurs d’une signification précise. Ces noms dénotent l’application locale de principes vrais qui sont sans noms, car ils opèrent sans nom ni description dans le monde en-dehors du royaume des humains. Quant aux langues locales dont ils viennent, elles incarnent plus qu’un simple moyen de description. Lorsqu’elles sont détruites, « l’hiver tombe sur la mémoire légendaire d’un peuple ». Même la connaissance de la possibilité qu’une telle chose peut exister disparaît. Une catastrophe culturelle a eu lieu, inaperçue dans le crépuscule rapide de la conscience.

Les Arts et Métiers Spirituels ne sont rien s’ils ne sont pas unifiés. Chaque partie, chaque activité nécessaire, émane de la source spirituelle. C’est cela qui décide et définit la direction et le « style » de toute l’œuvre. Faire autrement, c’est dissiper ses énergies. Pratiquer les Arts et Métiers Spirituels ne requiert pas de révélation mystique, mais de l’application. Cela vient de l’expérience directe du monde naturel, tempérée par la connaissance du « comment faire » et de la capacité à faire cela en résultat de la pratique et de l’expérience. Le mystère intérieur de l’art sans nom est celui de la vie elle-même.

Sources et lectures recommandées :

Bowe, Nicola Gordon: The Life and Work of Harry Clarke. Dublin, 1989.

Bryce, Derek: Symbolism of the Celtic Cross. Felinfach, 1989.

Carpenter, Edward: The Art of Creation: Essays on the Self and its Powers. London, 1904.

James, William: The Varieties of Religious Experience. London, 1902.

Kandinsky, Wassily: Über das geistige in der Kunst. Munich, 1911.

Lauweriks, J. L. M.: De ladder von het zijn. Amsterdam, 1904.

Lethaby, William R.: Architecture, Mysticism and Myth. London, 1891.

Macleod, Fiona: The Winged Destiny: Studies in the Spiritual History of the Gael. London, 1910.

Martin, Stephen A.: Archibald Knox. London, 2001.

McAllister, Isabel: Alfred Gilbert. London, 1929.

Olbrich, Joseph Maria: Ideen von Olbrich. Wien, 1900.

Schoenmaekers, M. H. J.: Het Nieuwe Wereldbeeld. Bussum, 1915.

Scott, M. H. Baillie: Houses and Gardens. London, 1906.

Thomas, Patrick: A Candle in the Darkness: Celtic Spirituality from Wales. Llandysul, 1993.

Source: TYR: Myth — Culture –Tradition, no. 1, ed. Joshua Buckley, Collin Cleary, and Michael Moynihan (Atlanta: Ultra, 202), pp. 119–26.

 

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