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Du refus du libertarianisme

1,348 words

English original hereStatue-of-Liberty-Buried-Under-Desert-Sand-110724

Note de l’auteur:

Le texte qui suit est une allocution que j’ai donnée au London Forum le 3 Octobre 2015. Je souhaite remercier Jez Turner, l’équipe du London Forum ainsi que leur fidèle publique qui ont rendu possible cette rencontre. 

Le libertarianisme est la forme politique de l’individualisme ; individualisme qui lui est, une position aussi bien morale que métaphysique.

L’individualisme métaphysique pose la thèse que seuls les hommes en tant qu’individus existent. Les groupes n’en sont que l’addition, et n’ont pas de réalité propre ou de signification indépendante des individus qui les composent.

L’individualisme métaphysique est lié à l’universalisme, idée selon laquelle il n’existe qu’une seule race, la race humaine, qui n’est rien d’autre que l’addition des individus.

L’universalisme implique qu’il n’y ait pas de distinction significative entre l’endogroupe et l’exogroupe, entre eux et nous.

L’universalisme a deux conséquences importantes.

Premièrement, depuis que la politique, comme la définie Carl Schmitt, provient de la distinction entre le « nous » et le «  eux », l’universalisme suppose que la politique soit un phénomène simplement temporaire, basé sur l’illusion finissante de distinctions significatives entre les endogroupes et les exogroupes. Lorsque ces distinctions disparaitront, la politique disparaitra avec elles.

Deuxièmement, le nationalisme, le patriotisme et toutes formes de partialité entre son endogroupe par rapport à un exogroupe est moralement illégitime, donné qu’il, en réalité, n’existe pas de « nous » et d’ « eux » mais simplement un « vous et moi » Ceci nous amène à la dimension éthique de l’individualisme. Qu’est ce qui fait que « vous et moi » nous nous entendions ? Si les groupes sont simplement des additions d’individus, il ne peut y avoir de valeurs communes, mais uniquement des valeurs individuelles. Le but des institutions sociales, est donc d’aider les individus à poursuivre leurs propres objectifs.

Le grand facilitateur de cette poursuite individuelle c’est le capitalisme. Si vous et moi avons quelque chose à offrir, nous pourrions négocier, si nous n’avons rien à offrir, nous passerons notre chemin. Le Marché ne nécessite qu’un état minimal de « veilleur de nuit » pour nous protéger de la fraude, de la rupture de contrat, de la pression et de leurs corollaires.

L’individualisme éthique nécessite que nous traitions les personnes en tant qu’individus et non comme membres de groupes moralement insignifiants nous ayant été remis par l’histoire ou par la nature. Nous devons être aveugles face aux races, aux classes, aux sexes, face à la religion, face à la nationalité. Nous devons être aveugles face à toutes ces choses qui nous divisent. Les seules choses que nous devons voir sont les mérites individuels.

Le jeu de l’individualisme est très avantageux pour tous les joueurs. L’individualisme libère la créativité dans la science, la technologie et les affaires. Mais paradoxalement la plus grande force de l’individualisme c’est la forme de coopération qu’il favorise. Chaque individualiste se comporte comme un membre d’une société potentiellement globale. Ceci signifie que la coopération sociale peut augmenter jusqu’à une limite elle-même globale, rendant possible la transformation en masse du monde que nous appelons la modernité.

Les sociétés collectivistes,  sont quant à elles entravées par les scissions endogroupes/exogroupes. Si les gens agissent comme membres de groupes, la confiance et la coopération sont confinées aux endogroupes, ce qui resserre sévèrement l’échelle des institutions sociales et corrompt leur fonctionnement en favorisant les endogroupes et en discriminant les exogroupes.

Dans un contexte équitable, le jeu individualiste peut supplanter le jeu collectif, ce qui explique pourquoi les sociétés européennes ont virtuellement conquis le monde entier avec des technologies et des formes de coopérations sociales supérieures.

Mais la compétition pour une domination globale est rarement équitable. Des lors que les sociétés individualistes occidentales ont conquis et absorbé les sociétés collectivistes, ce n’était plus qu’une question de temps avant que les tribus les plus intelligentes apprennent à tricher.

Comment trompe-t-on un individualiste ? En prétendant être un individualiste tout en agissant comme membre d’un groupe. Vous exigez des individualistes qu’ils vous traitent équitablement dans chaque transaction, mais dès que cela est possible, vous favorisez les membres de votre groupe et ils vous favoriseront à leur tour.

Imaginons un jeu de carte dans lequel votre adversaire peut jouer un joker mais vous n’y avez pas droit. Peu importe donc votre possible avantage sur lui ou votre nombre de jetons au début de la partie car les règles lui donnent un avantage systémique, et vous perdrez aussi longtemps que vous jouerez.

Sauf que les individualistes sont longs à comprendre l’arnaque car ils sont aveugles face aux groupes.

Il est intéressant de constater que le plus important fondateur de l’individualisme moderne, aveugle face à la race et à la nation était Ayn Rand, née Alissa Rosenbaum et dont la direction de son mouvement Objectiviste était majoritairement juive, et incluait un nombre significatif de cousins germains et de couples mariés. Evidemment, ce n’était pas la méritocratie individualiste en action, pourtant les disciples de Rand restaient aveugles face à ces faits au nom du grand principe moral.

Il n’y aura jamais de société libertarienne, mais l’idéologie libertarienne continue d’exercer une fonction dans un système existant. Et bien que le libertarianisme soit superficiellement opposé au marxisme de l’Ecole de Francfort, les deux sont des mouvements intellectuels juifs qui exercent la même fonction : Ils décomposent la résistance des sociétés individualistes européennes face aux groupes fourbes et tribaux – ceux que John Robb appelle les « tribus parasites » – avant tout juifs. Les libertariens prêchent l’individualisme là où l’Ecole de Francfort stigmatise l’ethnocentrisme blanc et prône « l’inclusion » envers les groupes « marginalisés ». Le résultat est cependant le même. Les deux doctrines promeuvent l’ascension des Juifs et le pouvoir collectif tout en empêchant le reste de la société de voir ce qui se passe.

Quelle sorte de gens prêche l’aveuglement comme une vertu ?  Les gens qui préparent un mauvais coup.

En fin de compte, je dirais que l’individualisme est le produit de l’évolution culturelle et biologique de l’Homme européen. L’individualisme va de pair avec un faible ethnocentrisme, ouverture aux étrangers, l’idée universaliste qui énonce qu’il n’existe qu’un seul groupe, l’humanité, à laquelle nous appartenons. La mentalité européenne a été parfaitement résumée dans cette maxime de Will Rogers : «  Un étranger est juste un  ami que je n’ai pas encore rencontré. »  Je doute sincèrement qu’il existe une phrase équivalente en hébreu ou en arabe. En d’autres  termes, il n’y’a pas fondamentalement d’ « eux et nous » ; Il n’y a que le savoir et l’ignorance, les amis que l’on connait et ceux que l’on ne connait pas encore.

Cette ouverture est fortement avantageuse car elle nous permet d’accroitre le nombre de personnes avec lesquelles la confiance et la coopération sont possibles ; mais cette ouverture peut-être risquée, bien sûr parce qu’elle risque de ne pas être réciproque.  Ainsi, prendre le risque de la sociabilité – en tendant la main de l’amitié – est un trait profondément ancré dans notre sens de la haute considération morale. Si cependant nous sommes face à des gens qui ne partagent pas notre ouverture, mais la considèrent au contraire comme une faiblesse à exploiter, alors cette vertu ne nous n’est plus avantageuse et si nos élites persistent à faire preuve d’une si grande ouverture face à des ennemis de la sorte, alors elles doivent être relevées de leurs pouvoirs et de leurs responsabilités.

L’individualisme aveugle ses disciples face aux tricheurs qui jouent en groupe. Ainsi donc la seule façon de sauvegarder l’individualisme est de prendre conscience de l’existence des groupes, mais cela ressemble à du collectivisme. Une fois devenus conscients de l’existence de tribus parasites, nous nous devons de les exclure, mais ceci ressemble à de l’étatisme. Si l’individualisme est en dernière instance une philosophie européenne, alors l’individualisme exige que nous préservions les sociétés européennes et excluions les non-européens, ce qui ressemble à du racialisme.

Ceci est la réfutation du libertarianisme ; c’est une forme d’auto-réfutation. Afin de sauvegarder l’individualisme, nous devons rejeter l’universalisme, réintroduire la distinction entre eux et nous et commencer à jouer collectif. L’individualisme ne fonctionne seulement s’il est une part d’un collectif de personnes partageant un objectif commun et qui doivent exclure les groupes qui ne jouent pas suivant les règles. C’est ainsi que certains débutent comme des individualistes libertariens et deviennent racistes, antisémites et finissent comme fascistes.

 

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