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La réfutation du libertarisme

1,376 words

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Note de l’auteur :

Le texte suivant est le discours que j’ai prononcé au London Forum le 3 octobre 2015. Je souhaite remercier Jez Turner, l’équipe du London Forum, et leur fidèle public pour avoir rendu ce discours possible.

Le libertarisme est la politique de l’individualisme. L’individualisme est une position à la fois  métaphysique et morale.

L’individualisme métaphysique est la thèse selon laquelle seuls les hommes particuliers existent. Les groupes sont seulement des collections d’individus, sans réalité ou sens indépendants.

L’individualisme métaphysique est relié à l’universalisme, qui est l’idée selon laquelle il n’existe qu’une seule race, la race humaine, qui est seulement une collection d’individus.  L’universalisme implique qu’il n’y a pas de distinction significative entre membres du groupe  [endogroupe] et étrangers au groupe [exogroupe], entre nous et eux.

L’universalisme a deux implications importantes.

Premièrement, puisque la politique telle que Carl Schmitt la définit surgit de la distinction entre nous et eux, l’universalisme implique que la politique est simplement un phénomène temporaire, basé sur l’illusion déclinante de distinctions significatives entre membres du groupe et étrangers au groupe. Quand ces distinctions disparaîtront, la politique disparaîtra aussi.

Deuxièmement, le nationalisme, le patriotisme et toute autre forme de partialité en faveur de son propre groupe et contre un autre groupe sont moralement illégitimes, puisqu’en réalité il n’y pas de nous et eux, seulement moi et vous. Cela nous conduit à la dimension éthique de l’individualisme. Comment allons-nous nous entendre, vous et moi ? Si les groupes ne sont que des collections d’individus, il n’y a pas de valeurs de groupe, seulement des valeurs individuelles. Le but des institutions sociales, par conséquent, est de faciliter la poursuite de leurs propres buts par les individus.

Le grand facilitateur de la poursuite de leurs buts par les individus est le capitalisme. Si vous et moi avons quelque chose à nous offrir mutuellement, nous pourrions échanger. Si nous n’avons rien à nous offrir l’un à l’autre, nous passons simplement notre chemin. La place du marché requiert seulement un Etat « veilleur de nuit » minimal pour nous protéger contre la force, la fraude, la rupture de contrat, et ce genre de choses.

L’individualisme éthique requiert que nous traitions les individus comme des individus, pas comme des membres de divers groupes moralement sans importance livrés à nous par l’histoire ou la nature. Nous devons être « aveugles » à la race. Nous devons être « aveugles » à la classe. Nous devons être « aveugles » au sexe. Nous devons être « aveugles » à la religion. Nous devons être « aveugles » à la nationalité. Nous devons être « aveugles » à toutes les choses qui nous divisent. La seule chose que nous devons voir, c’est le mérite individuel.

Le jeu de l’individualisme est hautement avantageux pour tous les joueurs. L’individualisme déchaîne la créativité dans la science, la technologie et le commerce. Mais paradoxalement, la plus grande force de l’individualisme est la forme de coopération qu’il favorise. Chaque individualiste se comporte comme un membre d’une société potentiellement mondiale. Cela signifie que la coopération sociale peut aussi s’étendre jusqu’à la limite mondiale, rendant possible la transformation massive du monde que nous appelons modernité.

Les sociétés collectivistes, par contre, sont gênées par des scissions entre membres du groupe et étrangers au groupe. Si les gens se comportent comme des membres de groupes, la confiance et la coopération sont limitées aux membres du groupe, ce qui limite sévèrement l’échelle des institutions sociales et corrompt leur fonctionnement par du favoritisme envers les membres du groupe et de la discrimination envers les étrangers au groupe.

Dans les concours honnêtes, le jeu individualiste peut l’emporter sur le jeu collectiviste, et c’est pourquoi les sociétés européennes individualistes conquirent presque le monde entier avec des technologies et des formes de coopération sociale supérieures.

Mais la compétition pour la domination mondiale est rarement honnête. Donc quand les sociétés individualistes occidentales conquirent et absorbèrent les sociétés collectivistes, c’était seulement une question de temps avant que les tribus plus intelligentes apprennent à tricher.

Comment arnaque-t-on un individualiste ? En prétendant être un individualiste tout en travaillant comme membre d’un groupe. Vous exigez que les individualistes vous accordent un traitement loyal dans chaque transaction. Mais dès que possible, vous donnez la préférence aux membres de votre propre tribu, et ils vous donnent la préférence.

Imaginez que vous jouiez une partie de cartes où votre adversaire peut jouer un joker, mais pas vous. Ce joker, c’est son appartenance tribale. Peu importe quel avantage vous avez sur lui en termes de jetons au départ, parce que les règles lui donnent un avantage systématique, et tant que vous jouez le jeu, vous perdrez. Mais les individualistes sont lents à comprendre l’arnaque, parce qu’ils sont aveugles aux groupes.

Chose intéressante, le plus important fondateur de l’individualisme moderne, aveugle à la race et à la nation, était Ayn Rand, née Alissa Rosenbaum, et les dirigeants de son mouvement objectiviste étaient justement en grande majorité des Juifs, incluant un certain nombre de cousins proches et de couples mariés. Manifestement, ce n’était pas de la méritocratie individualiste en action. Pourtant, les partisans de Rand étaient aveugles à ce fait, pour cause de principe de haute morale.

Il n’y aura jamais de société libertaire. Mais l’idéologie libertaire accomplit cependant une fonction dans le système existant. Et bien que le libertarisme soit superficiellement opposé au marxisme de l’Ecole de Francfort, tous deux sont des mouvements intellectuels juifs qui accomplissent la même fonction : ils brisent la résistance des sociétés individualistes européennes de haute confiance, en faveur de groupes tribaux pratiquant la duplicité – ce que John Robb appelle « tribus parasites » – principalement juifs. Les libertaires pratiquent l’individualisme, alors que l’Ecole de Francfort stigmatise l’ethnocentrisme blanc et exalte l’« inclusivité » envers les groupes « marginalisés ». Mais le résultat est le même. Les deux doctrines promeuvent la mobilité ascendante et le pouvoir collectif juifs, tout en aveuglant le reste de la société sur ce qui est en train de se passer.

Quelle sorte de gens prêche l’aveuglement comme une vertu ? Les gens qui n’ont pas de bonnes intentions.

En fin de compte, dirais-je, l’individualisme est un produit de l’évolution biologique et culturelle de l’homme européen. L’individualisme va main dans la main avec un faible ethnocentrisme, c’est-à-dire l’ouverture aux étrangers, l’idée universaliste que finalement il n’existe qu’un seul groupe, l’humanité, à laquelle nous appartenons tous. La mentalité européenne fut superbement résumée dans une phrase de Will Rogers : « Un étranger est simplement un ami que vous n’avez pas rencontré ». Je doute beaucoup qu’une phrase équivalente puisse être trouvée en hébreu ou en arabe. En d’autres mots, il n’y a fondamentalement pas de nous et eux. Il y a seulement la connaissance et l’ignorance, les amis que nous connaissons et les amis que nous ne connaissons pas.

Cette ouverture est hautement avantageuse parce qu’elle nous permet d’accroître le nombre de gens avec qui la confiance et la coopération sont possibles. Mais l’ouverture aux étrangers est aussi risquée, bien sûr, parce qu’ils pourraient ne pas rendre la pareille. Ainsi prendre le risque de la sociabilité – tendant la main de l’amitié – est profondément enraciné dans notre sens de haute tenue morale. Mais quand nous rencontrons des gens qui ne nous rendent pas la pareille concernant notre ouverture, mais qui au contraire la considèrent comme une faiblesse à exploiter, alors nos vertus ne sont plus avantageuses, et si nos élites persistent dans une noble ouverture envers de tels ennemis, elles doivent être relevées de leurs pouvoirs et de leurs responsabilités.

L’individualisme rend ses partisans aveugles aux arnaques collectivistes. Donc la seule manière de sauver l’individualisme est de devenir conscient des groupes. Mais cela sonne comme du collectivisme. Dès que nous devenons conscients des tribus parasites, nous devons les exclure. Mais cela sonne comme de l’étatisme. Si l’individualisme est en fin de compte un ethos européen, alors l’individualisme requiert que nous préservions les sociétés européennes et que nous excluions les non-Européens, ce qui sonne comme du nationalisme racial.

C’est la réfutation du libertarisme. C’est une forme d’auto-réfutation. Pour sauver l’individualisme, nous devons répudier l’universalisme, réintroduire la distinction entre nous et eux, et commencer à agir collectivement. L’individualisme fonctionne seulement comme une partie d’un collectif de gens de même mentalité qui doit exclure les collectifs qui ne jouent pas selon les mêmes règles. C’est ainsi que certaines personnes commencent par être des individualistes libertaires et deviennent finalement des racistes, des antisémites et des fascistes.

 

 

 

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